Donald Trump continue sa campagne, malgré les tragédies

Etats-UnisLe président ne joue guère la carte de l’apaisement après Pittsburgh et une semaine marquée par un crime raciste et des colis piégés.

Donald Trump était à Indianapolis samedi, à la convention des Future Farmers of America, où il a plaisanté sur ses cheveux.

Donald Trump était à Indianapolis samedi, à la convention des Future Farmers of America, où il a plaisanté sur ses cheveux. Image: EPA

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Donald Trump ne s’est pas arrêté samedi. Alors qu’un homme venait de faire 11 victimes dans une synagogue de Pittsburgh, le président des Etats-Unis a plaisanté sur ses cheveux décoiffés qui l’ont quasiment poussé à mettre entre parenthèses sa campagne samedi. «Quelqu’un m’a dit, vos cheveux ont l’air différent aujourd’hui», a lancé Donald Trump à un parterre d’agriculteurs à Indianapolis. «J’ai répondu que j’étais sous l’aile d’Air Force One pour donner une conférence de presse malheureuse (ndlr: sur la fusillade de Pittsburgh). Le vent soufflait, la pluie… et j’étais trempé. (…) J’ai dit: peut-être que je devrais annuler ma prestation car j’ai un problème avec ma coupe de cheveux».

Quelques minutes plus tôt, Donald Trump avait pourtant condamné sur un ton solennel la fusillade de Pittsburgh et appelé à l’union nationale. Mais depuis plusieurs jours, il ne masque guère son désintérêt pour le rôle de rassembleur que joue traditionnellement le président des Etats-Unis en période de tragédie. Au terme d’une semaine marquée par un crime raciste contre deux Noirs dans le Kentucky, une vague de colis piégés visant les personnalités de l’opposition démocrate et une fusillade dans une synagogue, le président des Etats-Unis a préféré poursuivre ce weekend sa campagne pour les élections législatives des Midterms le 6 novembre. «Nous voulons gagner et nous allons gagner», a-t-il affirmé lors d’un point de presse dans l’Illinois, samedi. «Nous nous battons pour gagner (.)… Et vous ne pouvez pas laisser ces gens changer ça».

Donald Trump ne cache pas non plus son agacement face aux événements qui font dérailler sa stratégie pour tenter de sauver la majorité républicaine au Congrès. Vendredi, peu avant l’arrestation en Floride de Cesar Sayoc, son supporter suspecté d’avoir envoyé plus d’une douzaine de colis piégés à des personnalités démocrates, il s’est plaint sur Twitter du «truc avec la «bombe»» qui freine «grandement» les républicains. Vendredi toujours, à un journaliste qui lui demandait s’il allait modérer ses propos, Donald Trump a répondu: «Je pourrais vraiment augmenter le volume».

Samedi enfin, le président américain a de nouveau regretté l’impact des actions perpétrées par des Américains radicalisés sur sa campagne pour les Midterms: «Vous voulez sortir, vous êtes motivé, tout se passe bien pour vous et quelque chose de ce genre se produit», a-t-il déclaré à propos de la fusillade de Pittsburgh. «Ou quelque chose se passe hier (ndlr: vendredi) avec les colis piégés. C’est tellement terrible».

Au sein de l’opposition, certains dénoncent l’attitude de Donald Trump. Tom Malinowski, un démocrate qui se présente au Congrès dans le New Jersey, a souligné ce weekend que les attaques anti-sémites ont augmenté de 60% aux Etats-Unis en 2017. «Cela ne s’est pas produit parce que le nombre d’anti-sémites a soudainement augmenté de 60% dans notre pays», a-t-il affirmé peu après la fusillade de Pittsburgh. «Ces gens dérangés ont toujours été parmi nous. Ce qui a changé c’est le climat politique. Nos leaders au plus niveau donnent une légitimité à une rhétorique qui était confinée à l’époque aux extrêmes paranoïaques de notre société».

«Le climat dans lequel sont tolérés ceux qui expriment leur mépris et leur haine pour certains groupes a inévitablement conduit à l’événement tragique» de Pittsburgh, réagit pour sa part Shira Scheindlin, une ancienne juge fédérale. «Cela doit s’arrêter».

Les autorités ont publié dimanche l’identité des 11 victimes de Robert Bowers, l’homme de 46 ans qui a été arrêté samedi sur les lieux de la fusillade de la synagogue à Pittsburgh. L’une d’entre elles avait 97 ans. «Je veux simplement tuer des Juifs», a affirmé Robert Bowers aux policiers qui l’ont interpelé, selon le texte de la plainte qui a été déposée contre lui.

Trois jours auparavant, deux Noirs ont été tués dans un supermarché de Jeffersontown, dans le Kentucky, par Gregory Bush, un Blanc de 51 ans, arrêté sur les lieux et accusé d’être l’auteur de ce crime raciste. Après avoir ouvert le feu sur ses deux victimes, Gregory Bush s’est retrouvé sous la menace d’une arme brandie par un témoin. Voici ce qu’il a dit, selon le récit du fils de ce témoin fait à une radio du Kentucky: «Ne me tire pas de dessus et je ne te tirerai pas dessus. Les Blancs ne tuent pas les autres Blancs».

Créé: 28.10.2018, 21h11

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