Les démocrates font un pas résolu vers la destitution de Donald Trump

États-UnisUne résolution établissant la nouvelle phase de l’enquête pouvant aboutir à la destitution de Donald Trump a été approuvée jeudi par la Chambre des représentants grâce aux seules voix des élus démocrates.

Ci-dessus, Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis.

Ci-dessus, Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis. Image: AP

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La Chambre des représentants a effectué jeudi un pas important vers une possible destitution de Donald Trump. Les parlementaires américains ont accepté par une majorité de 232 voix contre 196 une résolution lançant la seconde phase de la procédure de destitution du président des États-Unis. Ce texte légitime l’enquête en cours dont le but est de déterminer si Donald Trump a demandé une faveur à un dignitaire étranger dans le but de salir l’ancien vice-président Joe Biden, l’un de ses adversaires pour la course à la Maison-Blanche en 2020.

La résolution délimite le cadre de la procédure et autorise la publication des témoignages recueillis jusqu’ici à huis clos. Il rend aussi possible des auditions publiques de témoins, potentiellement dévastatrices pour le président des États-Unis.

La résolution a été acceptée avec les seules voix de la majorité démocrate à la Chambre des représentants. Dans une allocution solennelle, Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, a cité Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des États-Unis, avant de présenter les enjeux de l’enquête visant le président du pays. «Il est question de vérité», a-t-elle affirmé. «Il en va de notre démocratie.»

Depuis que la Chambre des représentants a ouvert une enquête après avoir été avertie par un lanceur d’alerte, les parlementaires ont déjà auditionné de nombreux témoins à huis clos sur la teneur d’une conversation téléphonique entre Donald Trump et le président ukrainien le 25 juillet dernier. Au cours de cet appel, Donald Trump avait demandé «une faveur» à son homologue au moment où celui-ci mentionnait une aide militaire de près de 400 millions de dollars. Celle-ci avait été accordée par le Congrès à Kiev, mais gelée par la Maison-Blanche. Donald Trump voulait notamment que l’Ukraine enquête sur le fils de l’ancien vice-président Joe Biden.

Mick Mulvaney, le chef de cabinet par intérim de la Maison-Blanche, a avoué lors d’une conférence de presse l’existence d’un marchandage de la part du président des États-Unis avant de se rétracter. Un résumé de la conversation téléphonique rendu public par la Maison-Blanche ainsi que le témoignage de membres de l’administration Trump, dont un colonel héros de la guerre en Irak, ont confirmé ces dernières semaines les velléités du président d'obtenir de le la part de l’Ukraine des informations compromettantes sur l’un de ses adversaires politiques en échange du déblocage de l’aide militaire américaine.

Malgré l’accumulation de témoignages accablant le président des États-Unis, les élus républicains lui sont restés fidèles jeudi. Aucun parlementaire de la minorité conservatrice n’a voté en faveur d’une résolution que les élus républicains avaient pourtant réclamée ces dernières semaines. Quelques minutes avant le vote, Tom Cole, le représentant républicain de l’Oklahoma, a regretté une «triste journée» et a dénoncé une résolution légitimant, selon lui, un procédé qui n’est «pas juste» et «pas transparent». Kevin McCarthy, le leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, a pour sa part accusé l’opposition au président des États-Unis «d’abuser de son pouvoir pour discréditer la démocratie».

Cet argument a été rejeté en bloc par l’opposition démocrate. «L’histoire nous teste», a répondu le représentant Jim McGovern, l’auteur de la résolution. «Et d’après ce que j’ai pu entendre de la part du camp d’en face, je crains que certains d’entre nous soient en train de rater ce test.» L’élu démocrate du Massachusetts a conclu ses remarques en martelant, en référence à Donald Trump, que personne n’était «au-dessus des lois» aux États-Unis.

La Maison-Blanche a réagi quelques minutes après le vote de la Chambre des représentants. «Le président n’a rien fait de mal et les démocrates le savent», a assuré Stephanie Grisham, la porte-parole de Donald Trump. «L’obsession sans limite de Nancy Pelosi et des démocrates pour cette procédure de destitution illégitime ne touche pas Donald Trump. Elle fait du tort aux Américains.»

Créé: 31.10.2019, 21h13

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