La Chine rafle la mise en Amérique latine

EchangesEn visite en Amérique du Sud cette semaine, le premier ministre chinois a annoncé des investissements records.

le premier ministre chinois Li Keqiang, et son épouse.

le premier ministre chinois Li Keqiang, et son épouse. Image: Keystone

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Le président chinois Xi Jinping avait promis en début d’année 250 milliards de dollars d’investissement en infrastructures pour les dix prochaines années aux 33 pays de la Communauté d’Etats latino-américains et caraïbes (Celac). Cette semaine et pour le seul Brésil, le premier ministre Li Keqiang a promis 53 milliards de dollars de contrats et autres investissements à plus long terme. Parmi eux, un projet de train de marchandises, reliant l’Atlantique brésilien au Pacifique péruvien, qui permettrait de réduire les coûts d’exportation des matières premières. Et en particulier du soja brésilien qui représente presque la moitié du commerce brésilien avec la Chine ou pour le cuivre péruvien, autre acquisition des Chinois sur le continent.

Si ce projet voit le jour, car il faudra sans aucun doute vaincre la résistance des communautés indiennes – tant en Amazonie brésilienne que dans les Andes péruviennes –, il se fera avec la technologie chinoise qui a déjà vendu à Rio de Janeiro les wagons et locomotives de son prochain métro.

La Chine investit sur ce continent tout en exportant ses entreprises et son savoir-faire. Cette stratégie tente de répondre à la baisse de son taux de croissance. Ainsi, ses investissements dans le pétrole vénézuélien (42 milliards de dollars pour deux projets d’exploration) sont le fruit d’une collaboration entre Petróleos de Venezuela (PDVSA) et la China National Petroleum Corporation (CNPC). Au Pérou, c’est l’entreprise d’Etat chinoise Minmetals qui a racheté au groupe suisse Glencore Xstrata ce qui sera bientôt une des plus importantes mines de cuivre au monde. De même en Argentine, la Chine a proposé de financer, construire et opérer deux projets de barrages.

Ces dernières années, les principaux projets d’infrastructures de transport sont financés par la Chine. Le plus important, c’est le canal du Nicaragua, construit par l’entreprise Hongkong Nicaragua Canal Development (HKNCD). Il va créer avec le port Mariel à Cuba une nouvelle plate-forme de transport entre l’Asie et l’Occident. La Chine a en effet tout intérêt à améliorer les infrastructures de transports sur le continent latino-américain.

Entre 2000 et 2014, les échanges commerciaux entre l’Amérique latine et la Chine ont été multipliés par 20. L’Amérique du Sud exporte surtout ses matières premières (agricoles, énergétiques) à une Chine qui vend ses produits industriels. Les investissements annoncés par Pékin ne vont pas changer la donne. Mais pour Stephan Mothe, économiste à l’agence Euromonitor International, «la Chine a le gros avantage de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures, ni de demander des contreparties à ses crédits. Ce qui n’est pas le cas des États-Unis, ni de la Banque mondiale ou encore du FMI.» Une stratégie efficace qui lui a permis d’ouvrir toutes les portes. (TDG)

Créé: 22.05.2015, 19h13

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