Une «amitié merveilleuse» à l’épreuve de l’atome iranien

États-Unis-FranceJouant la proximité, Trump et Macron ont appelé mardi à un nouvel accord sur l’Iran après que l’Américain a qualifié l’actuel de «dément».

Emmanuel Macron, le regard perçant, se tourne vers un Donald Trump dubitatif, mardi lors de leur conférence de presse commune à La Maison-Blanche.

Emmanuel Macron, le regard perçant, se tourne vers un Donald Trump dubitatif, mardi lors de leur conférence de presse commune à La Maison-Blanche. Image: KEVIN LAMARQUE/REUTERS/Reuters

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Donald Trump et Emmanuel Macron ont affiché mardi leur «amitié merveilleuse» à l’occasion de la visite d’État du président de la République à Washington. Le président des États-Unis a exprimé son affection pour son homologue français lorsqu’il a brossé une pellicule sur le costume de celui-ci: «Nous avons une relation très spéciale», a déclaré Donald Trump lors de leur rencontre dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche. «Je vais d’ailleurs chasser cette petite pellicule. Nous devons faire en sorte qu’il soit parfait. Il est parfait.»

Emmanuel Macron a ri et a remercié son hôte pour son accueil. Le président de la République a aussi écouté Donald Trump torpiller l’accord nucléaire que les États-Unis, les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne ont signé avec l’Iran en 2015. «Cet accord fut un désastre», a tonné Donald Trump, qui menace de le dénoncer si les Européens ne le durcissent pas d’ici au 12 mai. «Il n’aurait jamais dû être conclu.»

En conférence de presse, Emmanuel Macron a plaidé en faveur d’un «nouvel accord» sur l’Iran qui pourrait être conclu et qui serait bâti sur trois piliers: la prévention de toute activité nucléaire iranienne non seulement d’ici à 2025, comme cela est stipulé dans l’accord actuel avec Téhéran, mais aussi après 2025; l’arrêt des activités balistiques de l’Iran; et la création de conditions visant à assurer la stabilité au Moyen-Orient et en Syrie notamment.

Divergences

Dimanche, à la veille de sa visite à Washington, Emmanuel Macron avait affirmé sur Fox News ne pas avoir de «plan B pour le nucléaire iranien». Le président de la République a défendu mardi sa position sur un nouvel accord, assurant qu’elle était «cohérente» avec les propos tenus 48 heures plus tôt. «Nous ne restons pas dans un espace vide», a-t-il assuré après avoir reconnu des divergences avec Donald Trump sur l’utilité du traité actuel. «On ne déchire pas un accord pour aller vers nulle part. On construit un nouvel accord plus large.»

Pendant la campagne électorale de 2016, Donald Trump avait promis de «déchirer» le texte. Mardi, le président américain a «blâmé» le Congrès et «beaucoup de monde» pour ce traité. Fidèle à ses habitudes, il a laissé planer le suspense sur ses intentions vis-à-vis de l’accord actuel le 12 mai prochain, avant de se tourner vers Emmanuel Macron et de lui glisser: «Même si vous, Monsieur le président, en avez une bonne idée.»

De Téhéran à Kim Jong-un

L’Iran a indiqué mardi qu’il pourrait se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire entré en vigueur en 1970 et dénoncer l’accord signé en 2015. Donald Trump a aussitôt mis en garde Téhéran contre une reprise de son programme nucléaire: «Si l’Iran nous menace, il paiera un prix que peu de pays ont payé.» Le président américain a aussi évoqué les ambitions nucléaires de la Corée du Nord. Il a une nouvelle fois confirmé qu’il rencontrerait Kim Jong-un et n’a pas été avare de compliments vis-à-vis du dictateur nord-coréen, qu’il a qualifié de «très ouvert» et «très honorable».

De son côté, Emmanuel Macron a cité Verlaine – ou Serge Gainsbourg – en mettant en garde contre les «vents mauvais» qui se lèvent contre le «nouveau multilatéralisme fort, défenseur du pluralisme et de la démocratie». Il a multiplié les embrassades et les poignées de mains avec Donald Trump. Il a aussi souligné la présence de la France aux côtés des États-Unis et du Royaume-Uni lors de la récente opération militaire contre le régime de Bachar el-Assad en Syrie.

«La visite d’Emmanuel Macron à Washington offre deux choses à Donald Trump», conclut Célia Belin, une chercheuse à la Brookings Institution, à Washington. «Elle donne une légitimité internationale à ce président américain qui a globalement été snobé par ses alliés internationaux classiques. Elle véhicule aussi le message que les bons alliés de l’Amérique sont forts militairement et investissent dans leur défense.»

Créé: 24.04.2018, 22h19

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