Trump menace d’envoyer les clandestins chez ses opposants

États-UnisLe président se dit prêt à transférer les sans-papiers dans les villes sanctuaires dirigées par l’opposition démocrate.

Image: Reuters

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Donald Trump a passé son dimanche dans son club de golf de Virginie. À 45 kilomètres de là, la nouvelle polémique déclenchée vendredi par le président des États-Unis a continué d’embraser Washington.

Dans un tweet publié avant le week-end, Donald Trump avait admis avoir un projet pour placer les sans-papiers dans les villes sanctuaires américaines dirigées par l’opposition démocrate. Celles-ci refusent de coopérer avec les autorités fédérales américaines et ne dénoncent pas les immigrés illégaux qu’elles abritent. «Étant donné que les démocrates ne veulent pas changer nos lois très dangereuses sur l’immigration, nous réfléchissons sérieusement, comme cela a été rapporté, à placer les immigrés illégaux seulement dans les villes sanctuaires», a affirmé le président des États-Unis.

Californie en ligne de mire

Cette première salve a rapidement été suivie d’une rafale de tweets vendredi et samedi dans lesquels il a notamment martelé que le projet de la Maison-Blanche devrait «rendre très heureuse» l’opposition, qualifiée de «gauche radicale». Il a concentré son offensive sur la Californie, un État qui s’est transformé en bastion de la résistance à l’administration Trump. «Les États-Unis ont le droit absolu de transférer les immigrés illégaux dans des villes sanctuaires, a-t-il écrit. Nous exigeons que l’on s’occupe d’eux au plus haut niveau, spécialement en Californie, un État connu pour sa mauvaise gestion et ses impôts élevés.»

Après avoir affirmé dans un premier temps, vendredi, que le projet de transfert des sans-papiers dans les villes sanctuaires, révélé par le «Washington Post», avait été «rejeté», la Maison-Blanche a changé de position dimanche. Sarah Huckabee Sanders, la porte-parole de Donald Trump, a déclaré que ce plan était «une option sur la table», mais qu’elle ne représentait pas le «premier choix» de l’administration Trump. «Nous ne voulons pas faire porter tout le poids (ndlr: de l’immigration illégale) à une ou deux villes frontalières», a-t-elle martelé sur la chaîne ABC. «Les démocrates ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils soutenaient les frontières ouvertes et les villes sanctuaires. Répartissons donc ce fardeau dans certains endroits si c’est ce qu’ils veulent et qu’ils refusent de nous aider à résoudre ce problème.»

«Politique de la peur»

San Francisco, la ville que représente au Congrès la cheffe de l’opposition démocrate, Nancy Pelosi, fait partie des localités ciblées par l’administration Trump. London Breed, la maire de San Francisco, a condamné la politique «de la peur» de Donald Trump et a assuré la volonté de sa Municipalité de continuer à protéger ses concitoyens. Libby Schaaf, la maire de la ville d’Oakland, également visée par le président américain, a certifié samedi que tous les immigrés étaient bienvenus dans sa ville. Quant à Nancy Pelosi, elle a affirmé vendredi que ce projet de l’administration Trump n’était pas «digne de la présidence des États-Unis».

Fermer la frontière

Cette nouvelle polémique sur l’immigration illégale intervient en pleine période de transition au Département américain de la sécurité intérieure, qui gère ce dossier. Kirstjen Nielsen, son ancienne cheffe, a été poussée vers la sortie dimanche dernier par Donald Trump. Elle s’était notamment opposée à la volonté de ce dernier de faire boucler la frontière des États-Unis avec le Mexique. Claire Grady, la numéro deux du département, et Ron Vitello, le chef par intérim des gardes-frontière américains, ont aussi démissionné la semaine dernière.

Le «New York Times» a révélé ce week-end que Donald Trump avait tenté de convaincre le 5 avril Kevin McAleenan, l’homme qui a remplacé Kirstjen Nielsen à la tête du Département de la sécurité intérieure, de boucler la frontière des États-Unis avec le Mexique. Cette conversation s’est déroulée le lendemain de l’ultimatum d’une année que Donald Trump avait fixé au Mexique pour se plier à ses exigences et éviter une fermeture de la frontière.

Kevin McAleenan avait géré en 2018 le programme de l’administration Trump pour séparer les enfants migrants de leurs parents. La Maison-Blanche réfléchit à lancer une nouvelle version de cette initiative qui avait été gelée en raison de la polémique qu’elle avait provoquée.

(TDG)

Créé: 15.04.2019, 07h17

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