Trump hanté par le harcèlement sexuel

Etats-UnisTrois femmes relancent leurs accusations contre le président. Mais peuvent-elles vraiment le faire trébucher?

Rachel Crooks, Jessica Leeds et Samantha Holvey accusent le président Trump de comportement sexuel inapproprié.

Rachel Crooks, Jessica Leeds et Samantha Holvey accusent le président Trump de comportement sexuel inapproprié. Image: Reuters

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Samantha Holvey, Jessica Leeds et Rachel Crooks. Les noms de ces trois femmes qui accusent Donald Trump de harcèlement sexuel depuis l’année dernière, résonnent à nouveau dans les couloirs de la Maison-Blanche. Lundi, elles ont donné une conférence de presse à New York, au cours de laquelle elles ont réitéré leurs accusations et demandé l’ouverture d’une enquête contre le président des États-Unis.

«Lorsque j’étais une petite fille, je regardais les concours de Miss USA et je rêvais de devenir l’une de ces femmes belles, confiantes en elles et pleines de succès», a déclaré lundi Samantha Holvey, une ancienne Miss Caroline du Nord, en faisant allusion aux concours de beauté organisés par Donald Trump. «Dans ces rêves, il n’y avait pas un homme nous faisant nous aligner et nous inspectant comme des morceaux de viande. (…) Dans ces rêves, cet homme ne devenait certainement pas président des États-Unis. Aujourd’hui, je rêve qu’il doive répondre de ses actes.»

Samantha Holvey est l’une des seize femmes qui ont accusé Donald Trump d’avoir eu un comportement déplacé à leur égard. Mais alors que de nombreux hommes puissants sont tombés aux États-Unis depuis qu’a éclaté l’affaire Weinstein en octobre de cette année, les victimes présumées de Donald Trump ont l’impression de ne pas avoir été entendues. «Je suis sortie de l’ombre et personne ne s’en est préoccupé», a regretté Samantha Holvey lors d’une interview accordée lundi à la chaîne NBC.

La Maison-Blanche a dénoncé de «fausses accusations» dans un communiqué. Sarah Huckabee Sanders, la porte-parole de la Maison-Blanche, a par ailleurs rappelé que la victoire de Donald Trump lors de la présidentielle de l’année dernière devait clore le sujet: «Les gens de ce pays ont soutenu le président Trump et nous estimons que ces accusations ont eu une réponse à travers ce processus», a-t-elle assuré lors de son point presse quotidien au cours duquel un journaliste lui a demandé si elle avait fait l’objet de harcèlement sexuel.

La nouvelle prise de position de Samantha Holvey, Jessica Leeds et Rachel Crooks, a incité cinq élus démocrates au Congrès à demander la démission du président. Seule femme de ce groupe de parlementaires, la Sénatrice de New York Kirsten Gillibrand a fait l’objet ce mardi matin d’une attaque pleine de sous-entendus de la part d’un président, visiblement agacé par le retour de cette affaire. Donald Trump a suggéré sur Twitter que Kirsten Gillibrand était «prête à tout» pour obtenir des fonds pour sa campagne. Kirsten Gillibrand a répondu à Donald Trump qu’il ne pourrait pas la «faire taire ni les millions de femmes sorties de l’ombre pour dénoncer l’inaptitude et la honte» qu’il a amené, selon elle, à la Maison-Blanche.

Tricia Bruce, une professeure de sociologie au Maryville College, estime que le danger pour Donald Trump n’est pas peut-être pas immédiat, mais que les hommes au pouvoir, suspectés de comportement déplacé, auront du souci à se faire tôt ou tard. «Dans certains cas comme celui de Donald Trump, les électeurs du parti républicain sont comme les catholiques lorsque le scandale des abus sexuels des prêtres à éclaté», explique-t-elle. «Ces affaires remontent tellement haut que les croire équivaut à remettre en question les institutions elles-mêmes. Alors certains préfèrent pour l’instant ne pas croire les accusations.»

La professeure souligne aussi la différence entre les entreprises et le pouvoir public. «On a vu beaucoup de renvois pour des cas de harcèlement dans le secteur privé ces derniers mois, car les entreprises ont des mécanismes pour traiter de ce genre d’affaire. La seule manière qu’ont les citoyens d’exprimer leur désapprobation des hommes politiques est de voter contre eux lors du prochain scrutin.»

La nouvelle prise de position de Samantha Holvey, Jessica Leeds et Rachel Crooks, a incité 5 élus démocrates au Congrès à demander la démission du président. Seule femme de ce groupe de parlementaires, la Sénatrice de New York Kirsten Gillibrand, a fait l’objet mardi matin d’une attaque pleine de sous-entendus de la part d’un président visiblement agacé par le retour de cette affaire. Donald Trump a suggéré sur Twitter que Kirsten Gillibrand était «prête à tout» pour obtenir des fonds pour sa campagne. Kirsten Gillibrand a répondu à Donald Trump qu’il ne pourrait pas la “faire taire ni les millions de femmes sorties de l’ombre pour dénoncer l’inaptitude et la honte” qu’il amené, selon elle, à la Maison-Blanche.

Tricia Bruce, une professeure de sociologie au Maryville College, estime que le danger pour Donald Trump n’est pas peut-être “pas immédiat”, mais que les hommes au pouvoir, suspectés de comportement déplacé, ont du soucis à se faire “tôt ou tard”. “Dans certains cas comme celui de Donald Trump ou de Roy Moore, les électeurs du parti républicain sont comme les catholiques lorsque le scandale des abus sexuels des prêtres à éclaté”, explique-t-elle. «Ces affaires remontent tellement haut que les croire équivaut à remettre en question les institutions elles-mêmes. Alors certains préfèrent pour l’instant ne pas croire les accusations».

La professeure souligne aussi la différence entre les entreprises et le pouvoir public. «On a vu beaucoup de renvois pour des cas de harcèlement dans le secteur privé ces derniers mois, car les entreprises ont des mécanismes pour traiter de ce genre d’affaire», conclut-elle. «La seule manière qu’ont les citoyens d’exprimer leur désapprobation des hommes politiques est de voter lors du prochain scrutin».

(TDG)

Créé: 12.12.2017, 22h07

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