Les États-Unis font porter le chapeau à Téhéran

Crash en IranMike Pompeo a affirmé vendredi que le Boeing 737 a «probablement» été abattu accidentellement par l’Iran.

Veillée à Toronto, qui accueille une importante diaspora iranienne, en mémoire des victimes du crash, ce jeudi 10 janvier.

Veillée à Toronto, qui accueille une importante diaspora iranienne, en mémoire des victimes du crash, ce jeudi 10 janvier. Image: AP

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Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a avancé vendredi à Washington la piste du missile sol-air iranien pour expliquer le crash du vol 752 d’Ukraine International Airlines mercredi à Téhéran. «Nous croyons que l’avion a probablement été abattu par un missile iranien», a déclaré le chef de la diplomatie américaine au cours d’une conférence de presse pour annoncer de nouvelles sanctions de l’administration Trump contre l’Iran. «Nous allons laisser l’enquête se dérouler avant de tirer des conclusions. Il est important que nous allions au fond des choses.»

En pleine crise avec Téhéran, la Maison-Blanche a imposé de nouvelles sanctions visant plusieurs secteurs de l’économie iranienne: le textile, l’industrie minière, la construction et la manufacture. Cette décision a été prise par Donald Trump pour punir l’Iran de ses frappes contre des installations militaires américaines en Iran mercredi. Cette attaque répondait elle-même à l’assassinat par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani le 3 janvier à Bagdad. «Nous frappons au cœur de l’infrastructure du régime», a justifié Mike Pompeo.

«Des milliards» gelés

L’annonce des nouvelles sanctions n’est pas directement liée aux soupçons émis par la Maison-Blanche sur l’origine du crash du Boeing 737 à Téhéran. Mike Pompeo a souligné que les États-Unis allaient geler «des milliards» de dollars de revenus pour l’Iran pour «empêcher le régime d’avoir les moyens de mettre en pratique sa politique étrangère destructive».

Dans la foulée de la conférence de presse, le secrétaire d’État américain s’est entretenu avec le chef de la diplomatie canadienne, François-Philippe Champagne. Le Canada a perdu 63 de ses ressortissants dans la tragédie aérienne de mercredi et a réclamé des «réponses» par le biais de son premier ministre, Justin Trudeau. «Nous avons des renseignements provenant à la fois de nos alliés et de nos propres services», avait déclaré le chef de gouvernement canadien lors d’une conférence de presse jeudi. «Ces renseignements indiquent que l’avion aurait été abattu par un missile surface-air iranien. Cela pourrait avoir été accidentel.»

Des familles décimées

Alors que l’Iran nie toute implication dans le crash, le Canada a commencé à commémorer ses morts. Parmi les 63 victimes canadiennes, il y avait 16 enfants. Kurdia Molani, la plus jeune, avait 1 an. Des familles ont été décimées. Arnica Nazi, 8 ans, et son frère Arsan, 11 ans, rentraient de vacances en Iran avec leur mère Mahdieh Ghassemi, une architecte de 38 ans vivant à Toronto. La moitié des victimes canadiennes habitaient dans cette ville, qui accueille la deuxième plus grosse communauté d’immigrés iraniens en Amérique du Nord après Los Angeles.

Dans ce contexte, le crash pourrait raviver des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Au cours de la conférence de presse de Justin Trudeau jeudi, les journalistes ont demandé plusieurs fois au premier ministre canadien s’il pensait que l’administration Trump était partiellement responsable du crash pour avoir déclenché les hostilités en abattant le général Soleimani. Justin Trudeau a une relation compliquée avec Donald Trump et s’est efforcé d’esquiver les questions.

Deux victimes de Suisse

Le crash a aussi fait deux victimes en Suisse, comme l’a révélé dans un premier temps le quotidien «Blick». Le nom d’Amir A., un doctorant à l’École polytechnique fédérale de Zurich, apparaît sur la liste des victimes du crash en compagnie de celui de sa femme. Certains des proches du jeune homme ont laissé des messages de condoléances sur sa page Facebook. L’un des collègues d’Amir à l’EPFZ le décrit comme ayant été une personne «travailleuse», «humble» et «honnête»: «Je n’aurais jamais imaginé ne pas le revoir après ces vacances.» Un autre ami ajoute que le scientifique vivant dans la banlieue zurichoise était quelqu’un de «doux» et «gentil».

Créé: 10.01.2020, 22h11

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