Le président hondurien sortant déclaré vainqueur

Election présidentielleJuan Orlando Hernández a été déclaré dimanche vainqueur d'un scrutin contesté, un résultat rejeté par l'opposition.

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Le chef de l'Etat sortant du Honduras, le conservateur Juan Orlando Hernández, a été déclaré officiellement dimanche vainqueur de l'élection présidentielle controversée du 26 novembre, a annoncé l'autorité électorale. L'opposition a immédiatement contesté le résultat.

Juan Orlando Hernández, 49 ans, a vaincu son adversaire de centre-gauche, la vedette de télévision Salvador Nasralla, 64 ans, avec un écart de 1,53 point de pourcentage. Ce furent des élections «d'une transparence jamais vue au Honduras», a assuré le président du tribunal suprême électoral (TSE). «Nous souhaitons que le calme règne (...) que nous nous embrassions de nouveau comme des frères».

Dans une vidéo diffusée sur Facebook, Salvador Nasralla a dénoncé des fraudes «avant, pendant et après» le scrutin et qualifié l'annonce du tribunal électoral d'«initiative désespérée».

Nouvelles violences redoutées

L'ancien chef de l'Etat Manuel Zelaya, à la tête de l'alliance de gauche opposée à Juan Orlando Hernández, a également rejeté le résultat. «Le peuple reconnaît comme président Salvador Nasralla».

Il a appelé ses partisans à redescendre dans la rue dès lundi, faisant craindre de nouvelles violences dans ce pays miné par les gangs criminels. Depuis près d'un mois, les partisans du candidat de gauche Salvador Nasralla manifestent pour dénoncer une «fraude» supposée lors de ce scrutin.

Un rapport d'Amnesty International publié au Mexique affirme qu'au moins 14 personnes sont mortes dans ces manifestations. Les autorités honduriennes ont confirmé seulement trois décès, tandis que Manuel Zelaya avance, lui, le chiffre de 20 morts.

M. Zelaya a également appelé l'armée et la police à «se mettre à la disposition» de Salvador Nasralla en tant que président élu. Au début décembre, des centaines de policiers avaient manifesté leur refus de faire appliquer l'état d'urgence et de réprimer les manifestations de l'opposition.

Soutien partiel de l'OEA

Quelques heures avant l'annonce officielle du TSE, M. Nasralla s'est rendu aux Etats-Unis pour y rencontrer le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, et être reçu au Département d'Etat.

S'il n'a pas obtenu l'adoubement qu'il espérait, il a tout de même reçu un soutien partiel de l'OEA, qui a estimé qu'il y avait trop de zones d'ombre dans cette élection pour qu'elle soit valable, et a appelé à un nouveau scrutin.

«Les conditions (dans lesquelles s'est déroulé le scrutin) ne permettent pas d'affirmer que l'un ou l'autre des candidats est vainqueur, (...) contrairement à ce qui a été annoncé», a estimé Luis Almagro. Selon lui, «la seule voie possible (...) c'est d'appeler à de nouvelles élections générales», a-t-il déclaré.

Système électoral «politisé»

En revanche, le chef adjoint de la mission d'observation de l'Union européenne, Antonio de Gabriel, a assuré lors d'une conférence de presse que l'alliance d'opposition leur avait remis plus de 14'000 procès-verbaux (sur un total de 18'103) et que les résultats correspondaient avec ceux du tribunal électoral.

Il a cependant souligné que le système électoral était «politisé» à tous les niveaux, ce qui pouvait engendrer une certaine méfiance vis-à-vis du processus.

Inversion de tendance et pannes

De plus, la longueur du dépouillement avait nourri les doutes. Les premiers résultats donnaient en effet M. Nasralla en tête avec cinq points d'avance, mais au fil des jours le décompte de voix a finalement placé M. Hernandez devant.

Cette inversion de tendance, combinée à une série de pannes informatiques jugées suspectes par l'opposition, a incité cette dernière à exiger un recomptage total des votes, puis une annulation pure et simple du scrutin.

La candidature du président Juan Orlando Hernández était en outre contestée dès le départ par l'opposition, car elle se fonde sur une décision controversée de la cour suprême l'autorisant à briguer un second mandat malgré l'interdiction de la constitution. (afp/ats/nxp)

Créé: 18.12.2017, 02h16

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