La méthode d’Elizabeth Warren pour battre Donald Trump en 2020

États-UnisLa sénatrice démocrate grimpe dans les sondages grâce à un programme riche qu’elle oppose au chaos trumpien.

Elizabeth Warren, ici lors d’un meeting dans le Minnesota lundi dernier, prône des réformes radicales.

Elizabeth Warren, ici lors d’un meeting dans le Minnesota lundi dernier, prône des réformes radicales. Image: EPA

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Elizabeth Warren sera en fin de semaine à San Francisco pour la convention annuelle du Parti démocrate de Californie dans la peau d’une favorite pour défier Donald Trump en 2020. La sénatrice progressiste du Massachusetts sort d’un été faste. À force de marteler qu’elle a un plan pour tout – notamment pour battre Donald Trump l’année prochaine –, c’est devenu un slogan pour sa campagne. La candidate née il y a 70 ans dans l’Oklahoma grimpe de plus en plus dans les sondages et talonne désormais l’ancien vice-président Joe Biden.

Selfies à la chaîne

Les médias américains la suivent désormais à la trace et ont couvert cette semaine un événement qui reflète la solide popularité d’Elizabeth Warren. Lundi, cette dernière a défrayé la chronique, mais pas en raison de l’une de ses nombreuses propositions progressistes qu’elle égraine méthodiquement à chaque meeting. L’élue a rencontré son sosie à Minneapolis et a pris l’un de ces selfies qui sont devenus la marque de fabrique de sa campagne. Depuis qu’elle a effectué ses premiers pas vers la Maison-Blanche le 31 décembre dernier, Elizabeth Warren n’a cessé de poser pour des photos avec ses supporters. Son entourage en a déjà comptabilisé plus de 42 000.

Ces selfies à la chaîne permettent à Elizabeth Warren de briser son image d’ancienne professeure de Harvard élitiste. L’élue du Massachusetts a d’ailleurs façonné une campagne qui tranche avec cette image. Le «Washington Examiner», un média conservateur, a mis cette semaine en évidence le «populisme discret» d’Elizabeth Warren, par opposition au populisme exubérant de Donald Trump.

La méthode Warren marche fort dans le camp démocrate. Cette semaine, ils étaient plus de 12 000 dans le Minnesota pour écouter son message anticorruption et antimultinationales. Elizabeth Warren prône un profond changement aux États-Unis, avec notamment la création d’un système de santé entièrement public ainsi que la création d’un système de subventions pour offrir des programmes d’études universitaires gratuits. Elle souhaite la mise en place d’un impôt sur les grosses fortunes et affirme sa volonté de lutter contre la corruption et les scandales qui ne cessent d’ébranler l’administration Trump. Elle a été la première candidate démocrate à la Maison-Blanche à demander le lancement d’une procédure de destitution contre Donald Trump.

À l’heure où la principale préoccupation des démocrates est de trouver un candidat ou une candidate capable de battre le président des États-Unis en 2020, Elizabeth Warren assure être cette personne. Elle répète à longueur de meetings son précepte selon lequel «il ne faut jamais faire marche arrière face à un homme qui vous harcèle».

«Pocahontas»

Sa dispute avec Donald Trump a pris une tournure personnelle. Elizabeth Warren paie encore le prix d’une controverse qu’elle a déclenchée en affirmant qu’elle était descendante de tribus indiennes. Donald Trump s’est engouffré dans la brèche en 2015 et la traite depuis des années de «Pocahontas», un surnom à la connotation raciste.

Elizabeth Warren a de la répartie, mais affiche sa volonté de battre Donald Trump sur le terrain des idées. Elle revendique des projets ambitieux, comme elle l’avait rappelé le mois dernier à l’un de ses adversaires démocrates centristes: «Je ne comprends pas pourquoi faire autant d’efforts pour une campagne à la présidence des États-Unis si ce n’est que pour parler de ce que nous ne pouvons pas faire», avait-elle lancé au candidat John Delaney lors d’un débat à Detroit.

«Je n’en veux à personne»

Cet été, Elizabeth Warren n’a cessé de grimper dans les sondages, où elle pointe désormais régulièrement en deuxième position derrière l’ancien vice-président Joe Biden. Cette émergence a forcé Bernie Sanders, son principal rival pour le vote progressiste, à changer de stratégie de campagne. «Je ne fais pas tout ça parce que je suis farfelue, a-t-elle lancé à ses supporters dans le Minnesota. Je n’en veux à personne. Mais si vous avez fait fortune en Amérique, vous l’avez fait en partie en utilisant des travailleurs dont nous avons tous payé la formation.»

Créé: 21.08.2019, 22h09

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