Joe Biden, inoxydable espoir des anti-Trump

États-UnisBras droit d’Obama pendant huit ans, il slalome entre hésitations et attaques. À 76 ans, il reste en haut des sondages.

Joe Biden entre ses deux principaux adversaires à l’investiture démocrate, Elizabeth Warren (en rouge) et Bernie Sanders (avec lunettes), jeudi à Houston (Texas), lors du 3e débat de la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020. Cory Booker, Pete Buttigieg (à g.) et Kamala Harris (à dr.) restent des challengers.

Joe Biden entre ses deux principaux adversaires à l’investiture démocrate, Elizabeth Warren (en rouge) et Bernie Sanders (avec lunettes), jeudi à Houston (Texas), lors du 3e débat de la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020. Cory Booker, Pete Buttigieg (à g.) et Kamala Harris (à dr.) restent des challengers. Image: FREDERIC J. BROWN/AFP

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Il est arrivé jeudi soir sur la scène du 3e débat démocrate à Houston en joggant à la manière de Barack Obama. L’ancien vice-président Joe Biden était déterminé à rassurer les électeurs démocrates sur sa vitalité et sur sa capacité à défier Donald Trump en 2020. Son but était aussi d’envoyer aux nostalgiques de l’ère Obama un message clair: avec lui, les idées de Barack Obama feront leur come-back à la Maison-Blanche.

Joe Biden n’a d’ailleurs guère tardé à se présenter en héritier du populaire ancien président dont il fut le bras droit pendant huit ans. «Elle est pour Bernie (ndlr: Sanders), je suis pour Barack», a-t-il martelé en ouverture du débat à propos d’Elizabeth Warren, l’une de ses principales adversaires pour l’investiture démocrate.

Ces propos font allusion à la fracture au sein du parti démocrate. D’un côté, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et Elizabeth Warren représentent l’aile progressiste. De l’autre, Joe Biden incarne pour l’instant les espoirs des centristes. À l’approche des primaires, les électeurs démocrates redoutent que leur candidat soit taxé de socialiste par Donald Trump. L’équipe de campagne du président des États-Unis avait d’ailleurs accueilli à Houston les dix candidats démocrates invités au débat avec un avion survolant la métropole texane et tirant une banderole: «Le socialisme tuera l’économie de Houston! Votez Trump en 2020.»

Souvent sur la défensive lors des deux premiers débats, Joe Biden, 76 ans, était mieux préparé à Houston, même s’il a souvent hésité et a qualifié à un moment son adversaire Bernie Sanders, 78 ans, de «président». Il a aussi conseillé aux parents américains d’avoir un «tourne-disque enclenché le soir» pour leurs enfants.

Gaffes routinières

Malgré ce genre de gaffes routinières, Joe Biden reste en tête dans sondages démocrates avec 27% des voix, selon le site internet Real Clear Politics, soit 9 points de plus que Bernie Sanders, un politicien avec une base d’électeurs progressistes fidèles depuis sa campagne présidentielle de 2016, et 10 de plus qu’Elizabeth Warren.

Joe Biden reste pour l’instant considéré par les démocrates comme le candidat le plus apte à battre Donald Trump en novembre 2020. Après avoir passé plus de quarante ans en politique, l’ancien vice-président offre aux Américains une stabilité rassurante qui tranche avec l’instabilité de la Maison-Blanche depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump en 2017. Joe Biden est porté par l’électorat afro-américain qui lui est resté loyal depuis ses années à la Maison-Blanche aux côtés de Barack Obama. Et ce malgré la présence de deux candidats afro-américains – Cory Booker et Kamala Harris – parmi les prétendants à l’investiture démocrate.

La décision de Joe Biden de jouer la carte Obama jeudi a agacé certains de ses adversaires. «Je représente l’héritage de Barack Obama et vous pas», lui a lancé Julián Castro, ancien ministre du Logement sous Obama. «Ça, ça le surprendrait», a rétorqué Joe Biden. Relégué dans les profondeurs des sondages, Julián Castro, 44 ans, a aussi tenté d’utiliser les inquiétudes des démocrates sur l’âge de Joe Biden en lui lançant à un moment, sous les huées de la foule: «Avez-vous oublié ce que vous avez dit il y a deux minutes?»

Joe Biden bénéficie de l’incapacité de la relève du parti démocrate à percer dans la course à la Maison-Blanche. À l’image de Julián Castro, Pete Buttigieg, Andrew Yang et Beto O’Rourke restent loin derrière le vice-président dans les sondages. Jeudi, Beto O’Rourke, jeune superstar déchue du parti démocrate, a néanmoins peut-être réussi à lancer son come-back: «Oui, bon sang, nous allons prendre votre AR-15 (ndlr: fusil d’assaut)!» a lancé le candidat texan, profondément touché par la fusillade qui a fait 22 morts le mois dernier dans sa ville d’El Paso.

Dans une Amérique divisée entre pro- et anti-Trump, Beto O’Rourke a aussitôt fait l’objet d’un tweet menaçant de la part de Briscoe Cain, un élu républicain texan qui lui a assuré que son fusil d’assaut l’«attendait». O’Rourke a en revanche reçu l’approbation de Joe Biden sur la scène du débat jeudi.

L’ancien vice-président a félicité son adversaire pour son engagement depuis la fusillade d’El Paso. Une bénédiction applaudie et qui pourrait aider le politicien texan de 46 ans à se placer en embuscade dans les sondages au cas où l’avance de l’ancien vice-président continuait à diminuer à quatre mois des premières primaires.

Créé: 13.09.2019, 22h28

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