Donald Trump, un président bientôt face à ses juges

États-UnisLa Chambre des représentants a voté mercredi une résolution approuvant le transfert de la mise en accusation du président au Sénat.

Nancy Pelosi (au centre) est entourée des sept parlementaires qui serviront de procureurs au procès du président.

Nancy Pelosi (au centre) est entourée des sept parlementaires qui serviront de procureurs au procès du président. Image: Getty Images

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Nancy Pelosi a enclenché mercredi à Washington la procédure qui aboutira à l’ouverture du procès de Donald Trump la semaine prochaine au Sénat. La présidente démocrate de la Chambre des représentants a présenté au cours d’une conférence de presse les sept parlementaires qui serviront de procureurs au procès. Ces élus, dont fait partie Adam Schiff, le représentant de Californie qui a mené l’enquête sur Donald Trump, présenteront les éléments de preuve aux 100 sénateurs chargés de juger si le président des États-Unis doit être destitué.

«Il a été mis en accusation pour toujours. Ils ne pourront jamais effacer ça», a affirmé Nancy Pelosi à propos des efforts de Donald Trump et de ses partisans pour délégitimer la mise en accusation votée le 18 décembre et dont le transfert au Sénat a été approuvé mercredi après-midi par les représentants. Donald Trump est accusé d’avoir fait pression sur l’Ukraine en 2019 pour tenter de salir Joe Biden, l’un de ses adversaires pour la Maison-Blanche. Il est aussi accusé d’avoir fait entrave à l’enquête des représentants.

Procureurs en procession

Au moment de signer la première phase d’un accord commercial avec la Chine à la Maison-Blanche, le président américain a une nouvelle fois dénoncé «l’arnaque» dont il affirme être la victime. Dans l’immédiat, il va devoir gérer les images de la marche solennelle dans les couloirs du Capitole de Nancy Pelosi et des sept parlementaires procureurs pour transmettre la mise en accusation du président aux sénateurs. Il doit se préparer à un procès qui pourrait s’ouvrir au Sénat mardi prochain, le jour où il est attendu à Davos (lire en encadré). Et Donald Trump devra conjuguer avec les sept parlementaires procureurs emmenés par Adam Schiff, qu’il insulte depuis des mois.

Pièces à conviction

À la veille du transfert de la mise en accusation de Donald Trump au Sénat, la Chambre des représentants avait rendu publiques de nouvelles pièces à conviction contre le président et son entourage. «Les documents ne mentent pas en général», a martelé Adam Schiff mercredi. «Pas possible de faire porter le chapeau aux autres. Le président était l’architecte de ce complot.»

Les documents incluent des SMS et des notes manuscrites d’un associé de Rudy Giuliani, l’avocat du président des États-Unis. Dans ces notes, il est question de pousser le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à annoncer l’ouverture d’une enquête visant le fils de Joe Biden, l’ancien vice-président.

L’auteur de ces écrits, Lev Parnas, est poursuivi pour infraction à la loi américaine sur le financement des campagnes électorales. Il a décidé de collaborer avec les parlementaires et leur a transmis des documents qui ébranlent la défense de Donald Trump, selon laquelle le président des États-Unis voulait combattre la corruption en Ukraine. Les notes de Lev Parnas indiquent que le but était d’obtenir du président ukrainien qu’il «annonce» une enquête sur le «cas Biden».

Les parlementaires ont aussi révélé une lettre écrite par Rudy Giuliani le 10 mai 2019 dans laquelle il demande au président ukrainien un rendez-vous trois jours plus tard. L’ancien maire de New York précise qu’il formule sa requête en sa capacité «d’avocat personnel du président Trump et à sa connaissance et avec son accord». Dans une interview accordée en novembre à un ancien présentateur de la chaîne Fox News, Donald Trump avait assuré ne pas savoir ce que faisait son avocat en Ukraine. «Il faut que vous demandiez à Rudy», avait-il répondu.

Créé: 15.01.2020, 21h57

L’inconnue Trump à Davos

Donald Trump a annoncé sa venue à Davos la semaine prochaine. Hasard du calendrier, le président des États-Unis est attendu dans la station grisonne le jour de l’ouverture de son procès pour sa destitution au Sénat.

L’année dernière, celui-ci avait annulé son passage éclair en raison de la paralysie du gouvernement américain qu’il avait provoquée: il voulait obtenir les fonds pour construire un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Cette année, la position adoptée par Donald Trump face à la destitution qui menace sa présidence semble plaider en faveur de sa présence à Davos. Alors qu’il est devenu, le mois dernier, le troisième président de l’histoire des États-Unis à être mis en accusation par la Chambre des représentants, Donald Trump s’efforce de projeter aux Américains l’image d’un président qui travaille en dépit d’une procédure qu’il qualifie de «partisane».
J.CD

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