Bras de fer au Sénat sur les règles du procès Trump

États-UnisLe procès de Donald Trump s’est ouvert mardi au Sénat par une dispute sur le déroulement de la procédure.

Le procureur général et élu démocrate Adam Schiff 
a dénoncé un procès «truqué».

Le procureur général et élu démocrate Adam Schiff a dénoncé un procès «truqué». Image: EPA

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La Constitution américaine s’est retrouvée mardi au cœur d’une bataille toxique entre démocrates et républicains lors de la première journée du procès de Donald Trump au Sénat, à Washington. Les attaques chargées d’acrimonie ont fusé de part et d’autre de l’hémicycle. Les élus démocrates ont accusé la majorité républicaine de vouloir aider Donald Trump à «étouffer l’affaire» en limitant le champ d’action des procureurs nommés par la Chambre des représentants pendant la procédure.

Le camp de Donald Trump a répondu en accusant la Chambre des représentants d’avoir fait de «fausses accusations sur un coup de téléphone» entre le président des États-Unis et son homologue ukrainien le 25 juillet 2019. Ce jour-là, Donald Trump avait demandé une «faveur» à Volodymyr Zelensky et l’ouverture d’une enquête sur le fils de l’ancien vice-président Joe Biden, l’un de ses adversaires pour l’investiture à la Maison-Blanche.

Selon les règles introduites par Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat, les 100 sénateurs qui devront trancher sur la destitution de Donald Trump peuvent refuser à la fin des plaidoiries d’entendre des témoins ou d’autoriser l’introduction d’éléments de preuve. Adam Schiff, le représentant démocrate californien qui a endossé le rôle de procureur général, a mis les sénateurs en garde contre le risque d’un «pseudo-procès» s’ils ne garantissent pas la présence de témoins et l’introduction d’éléments de preuve. Il a appuyé sa plaidoirie avec une vidéo de Donald Trump affirmant que la Constitution lui permettait de faire ce qu’il voulait «en tant que président».

Pat Cipollone, l’avocat de Donald Trump, a rétorqué en affirmant que la démarche des démocrates était «ridicule» et qu’ils avaient «peur de plaider» la mise en accusation du président. Il a rebondi sur les affirmations d’Adam Schiff selon lesquelles les procureurs posséderaient «des éléments de preuve accablants» contre le président des États-Unis. «Ils se pointent et disent: «Ayons plus d’éléments de preuves», a critiqué l’avocat. Et de dépeindre la procédure de destitution comme une attaque contre l’un des «droits des plus sacrés des Américains, celui de «choisir son président».

Le spectre d’un potentiel témoignage de John Bolton, l’ancien conseiller de Donald Trump en matière de sécurité nationale, a plané sur les débats mardi. Selon les faits rapportés par sa proche collaboratrice lors de son audience à la Chambre des représentants l’automne dernier, John Bolton avait comparé la diplomatie parallèle de l’administration Trump en Ukraine pour tenter de salir l’ancien vice-président Joe Biden à un «trafic de drogue» avec lequel il ne voulait rien avoir affaire. John Bolton a récemment annoncé son intention de témoigner lors du procès s’il était convoqué. «Voulez-vous lui demander pourquoi c’était un trafic de drogue? a lancé Adam Schiff aux sénateurs mardi après-midi. Vous devriez vouloir savoir.»

Créé: 21.01.2020, 23h28

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