Alarmant, un rapport américain sur le climat contredit Trump

Réchauffement planétaireL’année 2017 a atteint de nouveaux records. Mais à la Maison-Blanche, on veut déréglementer la pollution!

En 2017, l’année même où les États-Unis se sont retirés de l’accord de Paris sur le climat, le réchauffement planétaire s’est accéléré, multipliant les événements extrêmes un peu partout sur le globe.

En 2017, l’année même où les États-Unis se sont retirés de l’accord de Paris sur le climat, le réchauffement planétaire s’est accéléré, multipliant les événements extrêmes un peu partout sur le globe. Image: Reuters

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Suspendues, les règles introduites par Barack Obama en 2012 pour réduire peu à peu la pollution automobile d’ici à 2025! Annulée, la dérogation permettant à des États comme la Californie d’imposer des normes encore plus restrictives! Tel est le plan présenté jeudi aux États-Unis par l’Agence fédérale de protection de l’environnement et le Département des transports, tous deux dirigés par des climatosceptiques.

Visiblement, l’équipe Trump n’a que faire du rapport alarmant publié la veille par l’Agence nationale océanique et atmosphérique des États-Unis en collaboration avec la Société américaine des météorologistes. On y lit pourtant que 2017 a enregistré un taux record de CO2 dans l’air, que les trois dernières années sont les plus chaudes des temps modernes, que la montée des mers est irrémédiablement enclenchée, que la température des eaux augmente, que la calotte glaciaire rétrécit, que les pluies torrentielles et les sécheresses implacables se multiplient…

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Bref, en 2017, l’année même où les États-Unis se sont retirés de l’accord de Paris sur le climat, le réchauffement planétaire s’est accéléré, multipliant les événements extrêmes un peu partout sur le globe. En cela, le rapport étasunien, compilé par plus de 450 scientifiques d’une soixantaine de pays, confirme par exemple la déclaration publiée en mars par l’Organisation météorologique mondiale, basée à Genève. Voyez plutôt:

Record de CO2

La concentration de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre (avec le méthane et le protoxyde d’azote), s’est élevée l’an passé à 405 parties par million. Si l’on en croit l’étude des carottes glaciaires, c’est sans précédent depuis 800 000 ans. Oui, vous avez bien lu: 800 000 ans! Le taux global de CO2 a presque été multiplié par quatre depuis le début des années 60. Et ce n’est pas près de s’arrêter: les émissions sont reparties à la hausse.

Canicules

En août dernier, une température de 53,5 °C a été enregistrée dans l’ouest du Pakistan. Dans l’hémisphère Sud, c’est l’Argentine qui détient le record, avec un pic à «seulement» 43,5 °C. Sur le plan mondial, 2017 a été la troisième année la plus chaude après 2015 et 2016. Mais ces années-là avaient subi le phénomène El Niño, cycle naturel de réchauffement des eaux du Pacifique, qui tous les trois à sept ans tire la température vers le haut. Rien de cela en 2017! Et cette année-ci pourrait s’acheminer vers un nouveau record, à voir les vagues de chaleur extrême un peu partout sur la planète.

Fonte des glaces

L’étendue maximale de la glace dans l’océan Arctique en mars 2017 était la plus faible depuis le début des observations satellitaires, en 1980. Quant à son étendue minimale, en septembre, elle était inférieure de 25%. En Antarctique aussi, entre janvier et avril, la surface de glace était plus réduite que jamais au cours des trois dernières décennies. Enfin, les glaciers de la planète ont rétréci pour la 38e année consécutive.

Montée des océans

En 2017, le niveau de la mer a affiché un record pour la 6e année consécutive. Il est 7,7 cm plus haut qu’en 1993. Or «même si nous gelions les taux de gaz à effet de serre à leur niveau actuel, les océans continueraient à se réchauffer et la mer continuerait à monter pendant des siècles, voire des millénaires», a déclaré l’océanographe Gregory Johnson, des services météorologiques fédéraux. Signe de la hausse des températures marines: de longs épisodes de blanchissement massif des coraux.

Déluges et sécheresses

Les pluies extrêmes ont été plus abondantes que la moyenne, avec des épisodes dévastateurs en Inde durant la mousson et au Venezuela en août et septembre. La Russie, elle, a connu l’année la plus humide depuis 2013. Quant aux cyclones tropicaux, ils ont été plus abondants que la moyenne. Mais parallèlement, des sécheresses sévères, voire extrêmes, ont frappé tous les continents et les incendies se sont multipliés.

(TDG)

Créé: 02.08.2018, 19h32

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