Les Allemands s’inquiètent de voir les grèves se multiplier

Conflits sociauxLes cheminots allemands ont décidé de paralyser de nouveau tout le pays. Après les postiers, le personnel des crèches, les pilotes, les cheminots lancent une nouvelle grève qui devrait paralyser le pays.

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Crèches fermées, boîtes aux lettres vides, trains annulés, billets de banque absents des automates, avions cloués au sol… Les Allemands sont désespérés! Ils ont l’impression de vivre au rythme des grèves depuis plus d’un an. «Je pensais qu’il n’y avait qu’en France qu’on faisait autant grève», se lamentent les Allemands.

Neuf jours seulement après avoir mis fin à la grève la plus longue de l’histoire de la Deutsche Bahn (compagnie ferroviaire nationale), les cheminots ont décidé de paralyser de nouveau tout le pays. Pour leur neuvième mouvement de grève depuis 2014, le syndicat minoritaire des conducteurs de train (GDL) a précisé: «Ce sera pire que la fois précédente.»

L’Allemagne, patrie de la grève? L’image est trompeuse. Certes, le nombre de jours de grève a augmenté ces dernières années, passant de 25 000 à 155 000 entre 2010 et 2014, selon l’Agence fédérale pour l’emploi. Mais si l’on compare avec les autres pays européens, l’Allemagne fait toujours partie des pays les moins touchés avec douze jours de grève par an pour 1000 salariés entre 2009 et 2013 contre 171 en France et seulement 1 jour en Suisse, selon l’Institut syndical européen.

«L’Allemagne n’est pas un pays de grève», insiste Heiner Dribbusch, expert du monde du travail à la Fondation Hans-Böckler (appartenant aux syndicats). «Les gens se sentent plus concernés parce qu’ils sont touchés dans leur vie quotidienne et les médias relayent davantage ces mouvements», explique-t-il. En effet, 97% des journées de grève ont lieu dans les services, révèle l’Institut de recherche en sciences sociales WSI. «Le sentiment d’être victime d’inégalités est beaucoup plus fort dans les services et le social», ajoute Stefan Liebig, sociologue à l’Université de Bielefeld. «Les grévistes estiment que leurs revenus sont trop bas par rapport à d’autres professions», ajoute-t-il.

«La grève des crèches ou de la poste touche davantage les gens que les arrêts de travail dans une usine», reconnaît Reiner Hoffmann, président de la Confédération allemande des syndicats (DGB). «Mais nous ne demandons ici qu’une remise à niveau des salaires», lâche-t-il en précisant que ces mouvements n’ont rien à voir avec celui les conducteurs de trains, accusés de prendre les Allemands en otage pour défendre des intérêts corporatistes. «Dans ce cas, il ne s’agit pas de salaires mais d’une lutte de pouvoir», insiste le syndicaliste.

Pour réduire l’énorme l’influence des syndicats sectoriels (conducteurs de train et pilotes), le gouvernement va voter une loi vendredi à l’Assemblée fédérale (Bundestag) pour redonner aux grandes organisations syndicales le monopole des négociations salariales dans les entreprises.

Pour les cheminots du GDL, c’est une déclaration de guerre car ils n’auront de facto plus le droit de faire grève. «Cette loi nous pousse au suicide», prévient l’homme le plus détesté du pays, Claus Weselsky, président du GDL. Les Allemands ne sont donc pas au bout de leurs peines.

(TDG)

Créé: 20.05.2015, 21h44

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