Une alarme anti-viol pour les femmes rohingyas

BangladeshDe nombreuses femmes sont seules avec leurs enfants dans les camps de réfugiés. Une ONG distribue des boîtiers d'alarmes en cas de danger.

Le boîtier est petit et discret.
Vidéo: AFP

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Une sirène stridente surgit du petit engin au creux de la main d'Hazera Khatun, jeune réfugiée rohingya, s'attirant des regards interrogateurs des personnes alentours. De la taille d'une petite boîte d'allumettes, l'appareil bleu fluo fait partie d'un projet pilote pour protéger les femmes et les filles rohingyas, particulièrement vulnérables dans les vastes camps de réfugiés du sud du Bangladesh.

Plus de 650'000 musulmans rohingyas de Birmanie sont passés depuis fin août au Bangladesh voisin pour fuir ce que l'ONU considère comme une épuration ethnique menée par l'armée. Les réfugiés ont apporté dans leurs baluchons d'exode des récits de massacres, viols collectifs et incendies de villages. Environ 350 villages ont été partiellement ou totalement détruits au cours des quatre derniers mois dans l'ouest de la Birmanie, selon Human Rights Watch.

Les femmes rohingyas, arrivées seules pour bon nombre, sont des proies faciles pour les proxénètes et trafiquants d'êtres humains dans ces camps de tentes étendus comme des villes. Plusieurs cas de mineures appâtées par des promesses d'emploi ou de mariage et ayant fini dans des bordels ou dans un travail forcé ont été signalés.

«Appeler à l'aide»

Pour les femmes, ces alarmes apportent un certain réconfort, comme à Hazera Khatun qui s'inquiète constamment pour ses deux petites filles. Le trio est arrivé en septembre au Bangladesh sans le mari de la jeune femme de 22 ans, tué dit-elle par des soldats birmans alors qu'ils fuyaient leur village. «Je me sens plus en sécurité maintenant après avoir reçu ça parce que maintenant je sais que si j'ai un problème je peux appeler à l'aide», explique-t-elle à l'AFP en montrant de dispositif d'alarme dans sa main.

L'ONG locale Moonlight Development Society raconte avoir décidé de lancer cette initiative après avoir eu vent de récits d'enlèvements de jeunes enfants dans les camps. Ils ont à l'heure actuelle distribué près d'un millier de ces appareils, une goutte d'eau dans l'océan des camps, principalement à des réfugiées mais aussi à des personnes âgées et vulnérables. «Si quelqu'un est alité, ou ne peut pas appeler à l'aide, ils ont juste à déclencher l'alarme», indique Marufa Munni, assistant médical de l'organisation caritative.

L'ONG espère étendre ce programme aux méga-camps de Kutupalong, le plus grand du monde, et Balukhali d'ici janvier.

(afp/nxp)

Créé: 23.12.2017, 07h48

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