Airbus plane dans les airs, Boeing reste cloué au sol

AviationL’avionneur européen présente le jet du futur. Son concurrent ne vend plus un appareil.

Le constructeur promet un aménagement de cabine
«extrêmement spacieux» pour son aile volante.

Le constructeur promet un aménagement de cabine «extrêmement spacieux» pour son aile volante. Image: Airbus

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Le projet secret d’Airbus a été dévoilé, mardi, au Salon aéronautique de Singapour. Ce n’est encore qu’une maquette, mais cette aile volante préfigure ce que sera l’avion de ligne du futur. L’engin a hérité du nom de code Maveric et il remplacera, peut-être vers 2030, l’A320neo, le best-seller d’Airbus, si ce concept «disruptif» est validé.

Selon Airbus, Maveric devrait réduire la consommation des avions de 20%, car cet hybride sera porté par des moteurs alimentés en kérosène mélangé à des biocarburants. Côté passagers, l’appareil promet un «aménagement de cabine extrêmement spacieux» et donc «une expérience à bord très différente».

Maveric est un avion concept imaginé chez Airbus. Il pourrait devenir l’avion de ligne des années 2030.

Maveric décolle et atterrit dans le plus grand secret, depuis l’été dernier, dans la région de Toulouse. Pas tout à fait sous la forme d’un avion de ligne qui pourrait accueillir entre 150 et 200 passagers pour des vols à moyen et à long rayon d’action. À ce stade de son développement, l’aile volante est un modèle réduit de 2mètres de long et de 3,2mètres de large, appelé «démonstrateur». Cet avion concept doit prouver la validité et le sérieux d’un projet qui a des airs de science-fiction.

A priori négatifs

Le démonstrateur permet à Airbus de mûrir la technologie nécessaire pour piloter un avion aussi différent. «Au départ, beaucoup ont rejeté ce projet comme un simple passe-temps, explique Adrien Bérard, coresponsable du projet Maveric. Nous avons dû leur prouver que nous pouvions fournir une base très solide pour la configuration future des avions.»

Un des défis technologiques était d’évaluer la dynamique à basse vitesse de l’aile volante comme son risque de décrochage. Car le comportement en vol de ce type d’appareil est moins connu que celui des avions que nous connaissons depuis cinquanteans, avec leur forme de cigare et des moteurs accrochés sous les ailes.

Maveric a déjà marqué les esprits. Ses images ont fait un tour du monde express. Une réussite supplémentaire pour l’avionneur qui vole de record en record. Airbus vient d’annoncer qu’il avait enregistré 274 commandes pour des appareils existants durant le seul mois de janvier, du jamais-vu dans l’histoire du groupe. Airbus est également devenu le premier constructeur mondial à la fin de 2019, en détrônant Boeing, après avoir livré 863 appareils durant l’année précédente, le total le plus élevé de son histoire.

Pendant qu’Airbus plane dans l’azur, Boeing ne parvient pas à sortir des turbulences. Fortement affaibli par la crise de son best-seller, le 737 MAX, qui est cloué au sol après les crashes de deux avions de ligne, l’avionneur américain n’a enregistré aucune commande, zéro avion vendu, durant le mois de janvier 2020, du jamais-vu depuis 1962.

Les chiffres de cette crise donnent le mal de l’air. La flotte mondiale des 737 MAX, soit 387 appareils déjà livrés aux compagnies, n’a pas décollé depuis mars 2019. À la fin de janvier 2020, Boeing a également dû se résoudre à suspendre «temporairement» la production de cet appareil controversé. La mesure doit stopper l’agrandissement des stocks d’avions 737 MAX, qui sont terminés à l’usine mais qui ne peuvent pas être livrés aux compagnies. Sur un total de 800 avions commandés, 413 restent parqués chez Boeing. Avec le spectre de ne jamais voir ces appareils voler.

La facture de la crise du 737 MAX a été évaluée à 18 milliards de dollars. Tous les chiffres passent au rouge, et Boeing a perdu de l’argent en 2019 pour la première fois depuis vingt-deux ans. Et l’américain n’a pas de prototype futuriste à dévoiler pour redonner un peu d’espoir aux employés. Le premier vol du nouveau 777X, qui doit devenir «le plus gros bimoteur du monde», est passé inaperçu.

Et pour cause: avec ses ailes trop grandes qui se replient pour manœuvrer dans les aéroports, cet albatros technologique ne remplacera pas les 737, qui sont le fonds de commerce de Boeing. Bref, comme l’a résumé l’agence de notation Moody’s, la reconstruction du lien de confiance entre le fabricant et ses clients sera «plus coûteuse et plus longue que prévu». Plus la procédure d’atterrissage est longue, plus «le risque pour la réputation, déjà entachée, de Boeing est grand».

Créé: 12.02.2020, 19h58

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