Un otage français témoigne: «Il y a des blessés graves parmi nous»

AlgérieUn groupe de djihadistes lié à Al-Qaida affirme détenir 41 Occidentaux en otages sur un site de BP-Statoil-Sonatrach. Témoignages exclusifs.

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Un groupe de djihadistes lié à Al-Qaida affirme détenir 41 Occidentaux en otages sur un site de BP-Statoil-Sonatrach. La Tribune de Genève est en mesure de confirmer qu'il y a bien un otage français parmi les personnes retenues. Il a 52 ans. Il figure parmi 35 otages (il y en aurait d’autres ailleurs) que retient dans une partie de la raffinerie le commando islamiste, selon le contact qu’a pu établir hier soir par téléphone la Tribune de Genève. «Il y a parmi nous de nombreux blessés graves. Certains otages ont des explosifs à la ceinture», raconte-t-il.

Un autre otage, Mourad*, témoigne: «J’ai vu un otage se faire tuer. Ils ont tiré à bout portant.» Il fait partie des quelque 300 personnes, dont une majorité d’Algériens, que des terroristes retiennent en otages sur le site gazier d’In Amenas, à 1500 km au sud-est d’Alger, à la frontière avec la Libye.

Hier soir, l’angoisse était à son comble sur la base de vie du complexe BP-Statoil-Sonatrach, prise d’assaut dans la nuit de mardi à mercredi par des hommes lourdement armés qui menaçaient en fin de journée de faire exploser le site. En fin de soirée, hier, une quarantaine d’otages occidentaux étaient encore entre les mains des djihadistes qui ont annoncé à deux sites d’information mauritaniens détenir, entre autres, des Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais.

Les assaillants réclament la libération de 100 activistes islamistes et exigent des autorités qu’elles leur procurent 20 véhicules 4x4 avec des réservoirs pleins pour pouvoir rejoindre la frontière malienne via un passage sécurisé. Dans un communiqué publié par le site mauritanien Alakhbar, les jihadistes réclament aussi «l’arrêt de l’agression» au Mali . Si leurs revendications ne sont pas satisfaites, ils menacent d’exécuter les otages. Selon l’APS, agence de presse algérienne, l’assaut aurait déjà fait deux morts: un Britannique – ce qui n’a pas encore été confirmé par le Royaume-Uni – et un Algérien. Six autres personnes auraient été blessées, dont un Britannique, un Norvégien et un Ecossais.

Le ministre algérien de l’Intérieur Daho Ould Kablia, qui a affirmé hier soir qu’il refusait «toute discussion» avec le groupe islamiste armé, a également précisé que les terroristes ne sont entrés «ni du Mali ni de Libye» mais proviennent de la région, agissant aux ordres et instructions de Mokhtar Belmokhtar, comme l’avait déclaré un combattant se réclamant de la brigade Khaled Aboul Abbas, le nom de guerre de Mokhtar Belmokhtar (lire ci-dessous). Le porte-parole des ravisseurs a indiqué sur un site d’information mauritanien que l’opération a été menée «en réaction contre l’Algérie, qui a ouvert son espace aérien aux Français» qui mènent au Mali «une guerre génocidaire contre le peuple de l’Azawad».

Une première

Il s’agit de la première attaque de ce type contre une exploitation gazière en Algérie, des zones pourtant très protégées et très difficiles d’accès. Les forces algériennes de sécurité ont tout de suite encerclé les lieux et cerné le groupe terroriste. Car l’attaque s’est déroulée en deux temps, visant d’abord un bus parti de la base de vie du complexe exploité par le britannique BP, le norvégien Statoil et l’algérien Sonatrach. «Après cette tentative avortée, le groupe terroriste s’est dirigé vers la base de vie», a indiqué un communiqué du Ministère de l’intérieur. Une cellule de crise, présidée par le wali d’Illizi, Mohamed Laïd Khelfi, a été mise en place et a annoncé au cours de la journée que plusieurs travailleurs algériens, dont le nombre reste inconnu, avaient été relâchés. «L’Algérie a pris toutes les dispositions et les mesures nécessaires pour faire face aux répercussions de l’intervention militaire étrangère au Mali», a précisé le ministre de l’Intérieur, en soulignant que les conséquences de cette attaque «concernaient tous les pays de la région».

*Pour des raisons de sécurité, son nom a été changé.

Créé: 17.01.2013, 08h08

Un otage français: «Il y a des blessés graves parmi nous»

On ne donnera pas son nom. Il est Français, il a 52 ans. Il figure parmi 35 otages (il y en aurait d’autres ailleurs) que retient dans une partie de la raffinerie le commando islamiste, selon le contact qu’a pu établir hier soir par téléphone la Tribune de Genève. «Il y a parmi nous de nombreux blessés graves. Certains otages ont des explosifs à la ceinture», raconte-t-il. Si notre journal a pu le joindre brièvement, c’est parce que le bras droit de Mokhtar Belmokthar, Joulaybib, a autorisé que le contact se fasse avec le chef du commando qui a pris d’assaut le site gazier, Bara Al Jazaïri, alias Abou Walid. Il surveillait hier soir ces 35 otages dans une partie de la raffinerie.

Lui aussi nous a parlé au téléphone: «Notre première revendication est que la France fasse pression sur l’Algérie pour que l’assaut ne soit pas donné», lâche-t-il, en répétant que l’attaque, qui a été donnée «à 5 h 40», a été lancée en représailles à l’intervention française au Mali. Parmi les personnes sous sa surveillance, il y aurait donc un Français, des Américains, des Norvégiens, mais aussi des Coréens du Sud et des Philippins.

L.O.M.S/C.M.

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