L’ONU dénonce les crimes atroces commis en RDC

Genève internationaleUn groupe d’experts vient de rendre un rapport qui accuse armée et milices de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Le rapport pointe la responsabilité du président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila.

Le rapport pointe la responsabilité du président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. Image: Reuters / Kenny Katombe/

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Mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, une équipe d’experts internationaux a enquêté sur les violences qui ont ensanglanté les provinces du Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC), entre 2016 et 2017. Ses conclusions sont sans appel. «Les exactions commises par les forces de défense et de sécurité, la milice Kamuina Nsapu et les milices Bana Mura depuis 2016 constituent des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre», écrivent les experts dans un rapport rendu public mardi à Genève.

«Il est grand temps que la justice mette fin à l’impunité de ces crimes»

Les forces fidèles au président Joseph Kabila, qu’il s’agisse de son armée et de sa police ou encore de sa milice (Bana Mura), auraient donc bien «délibérément tué des civils, dont nombre d’enfants, et commis des atrocités à l’encontre de la population civile – notamment des mutilations, viols et autres formes de violences sexuelles, tortures et exterminations». Les experts affirment avoir recueilli de nombreux témoignages accablants pour le pouvoir en place, mais aussi pour la rébellion armée menée par la milice Kamuina Nsapu.

Plus inquiétant, la situation demeurerait selon eux explosive. L’impunité, devenue la règle, alimenterait les tensions interethniques. Le bilan de 5000 morts, de plusieurs milliers de blessés et de 1,4 million de personnes déplacées n’a rien de définitif. L’ONU craint de nouveaux affrontements alors que la situation humanitaire demeure très précaire. Environ 35 000 réfugiés ont été recensés en Angola. Selon les chiffres du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), environ 3,2 millions de personnes continuent de souffrir d’insécurité alimentaire sévère.

Le président du groupe d’experts, le Sénégalais Bacre Waly Ndiaye, a du mal à cacher sa colère devant l’inaction de la communauté internationale. «Nous sommes choqués par la situation désastreuse qui a coûté la vie à plusieurs milliers de personnes et qui perdure dans la région sans attirer l’attention ni au plan national ni international», a-t-il déclaré. Et de prévenir: «Il est grand temps que la justice mette fin à l’impunité de ces crimes si l’on ne veut pas que la dimension ethnique de ce conflit s’aggrave encore.»

Frustration onusienne

Le sentiment de frustration est d’autant plus grand du côté de l’ONU que l’assassinat, en mars 2017, de deux de ses experts venus identifier l’emplacement de charniers n’a toujours pas été élucidé.

Parmi les multiples recommandations, les auteurs du rapport demandent que soient mis en place de toute urgence une politique de désarmement des milices ainsi qu’un processus de réconciliation, afin d’éviter une nouvelle vague de violences et de permettre le retour des déplacés et réfugiés. Ils rappellent qu’il incombe en premier lieu aux autorités congolaises de juger les auteurs de crimes internationaux pour lutter contre l’impunité qui persiste malgré l’ampleur et la gravité de ces crimes.

La RDC devrait répondre aux accusations portées par l’ONU dans les prochains jours. Pas d’autocritique en vue. Joseph Kabila a annoncé ce week-end son intention de se représenter pour un nouveau mandat. Le bras de fer qui l’oppose à ses détracteurs, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, devrait continuer

Créé: 26.06.2018, 18h09

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