La santé de Bouteflika met en émoi l'Algérie

AffolementL'état de santé du président algérien Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé depuis plus de trois semaines à Paris, suscite des rumeurs alarmistes en Algérie. Celles-ci sont alimentées par les propos officiels rassurants mais évasifs.

Abdelaziz Bouteflika, le 7 novembre 2012.

Abdelaziz Bouteflika, le 7 novembre 2012. Image: AFP

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A un an de la présidentielle, le président de 76 ans a été transporté le 27 avril à l'hôpital militaire parisien du Val de Grâce à la suite d'un petit AVC. En l'absence de bulletins de santé la presse algérienne s'interroge chaque jour, avec prudence, sur ce sujet tabou.

Dimanche, Mon journal et son pendant arabophone Djaridati ont fait l'expérience amère de la censure, selon son patron Hichem Aboud, une première en Algérie depuis une dizaine d'années.

Une première que le ministère de la Communication a démentie affirmant en fin d'après-midi qu'il n'avait donné «aucun ordre de censure» des journaux, selon une déclaration citée par l'agence nationale APS.

Sources médicales

Les deux journaux avaient consacré leur Une à un dossier sur une «détérioration» de l'état de santé du chef d'État. Ils citaient «des sources médicales françaises et des proches de la présidence algérienne». Ils annonçaient aussi, s'appuyant sur les mêmes interlocuteurs, qu'Abdelaziz Bouteflika était «rentré mercredi à l'aube à Alger en 'état comateux''», a expliqué Hichem Aboud.

Un ancien militaire devenu opposant a ensuite été formellement accusé par le parquet d'Alger d'«atteinte à la sécurité de l'Etat» pour ses déclarations sur la santé du président.

Démenti formel

Le ministère de la Communication a d'ailleurs opposé un démenti formel à ses déclarations. Il a affirmé que les deux journaux «donnaient des informations erronées» et «totalement fausses» sur l'état de santé du président.

Samedi pourtant, le quotidien francophone El-Watan avait annoncé, citant l'hebdomadaire français Le Point, avec un bandeau noir en Une: «C'est grave: des fonctions vitales seraient atteintes».

«AVC mineur»

Depuis le 27 avril, Paris se refuse à tout commentaire, laissant Alger communiquer sur l'état de santé du président. Or Alger cherche surtout à rassurer depuis l'hospitalisation d'Abdelaziz Bouteflika, annoncée le jour même de son transfert à Paris suite à un «AVC mineur».

Dernier responsable en date à s'être exprimé en ce sens, le ministre de l'Aménagement du territoire, Amara Benyounès, a déclaré vendredi que le président allait «bien».

Long séjour

Dimanche, le quotidien francophone Le Soir d'Algérie titrait «Confusion totale» et prévenait: «Plus son séjour parisien s'allonge, plus la version officielle (...) perd de sa crédibilité auprès d'une opinion publique suspicieuse de nature».

Ces derniers mois, le président était apparu à la télévision à l'occasion de visites d'hôtes étrangers, sans faire la moindre déclaration.

Procédure d'empêchement

A moins d'un an de la présidentielle, nombre de partisans d'Abdelaziz Bouteflika appelaient encore récemment à un quatrième mandat. Après 14 ans d'exercice, il est déjà le président algérien resté le plus longtemps au pouvoir.

Mais des voix s'élèvent déjà, dont celle d'Abderrezak Mokri, nouveau chef du Mouvement de la société pour la Paix (MSP, islamiste tendance Frères musulmans), pour réclamer une procédure d'empêchement.

La Constitution prévoit qu'en cas de «maladie grave et durable» du président qui «se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions», le Conseil Constitutionnel propose à l'unanimité «au Parlement de déclarer l'état d'empêchement». Ce qui nécessite une majorité des deux-tiers.

Le président du Conseil de la Nation (Sénat) est alors chargé de l'intérim durant 45 jours. Après quoi «il est procédé à une déclaration de vacance par démission de plein droit» du chef de l'Etat et une nouvelle élection doit se tenir dans les 60 jours. (ats/nxp)

Créé: 20.05.2013, 08h56

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