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L'affaire du petit Grégory rebondit

Trois personnes ont été placées en garde à vue, mercredi, dans l'affaire de l'assassinat de ce garçonnet de 4 ans.

Jeudi, Murielle Bolle sort un livre intitulé «Briser le silence» sur l'affaire Grégory. Elle affirme vouloir rétablir la vérité et défend Bernard Laroche. (Mercredi 7 novembre 2018)
Jeudi, Murielle Bolle sort un livre intitulé «Briser le silence» sur l'affaire Grégory. Elle affirme vouloir rétablir la vérité et défend Bernard Laroche. (Mercredi 7 novembre 2018)
AFP
Murielle Bolle espère faire annuler sa garde à vue de 1984, alors qu'elle avait quinze ans. Elle devrait être fixée le 16 novembre. (Mardi 11 septembre 2018)
Murielle Bolle espère faire annuler sa garde à vue de 1984, alors qu'elle avait quinze ans. Elle devrait être fixée le 16 novembre. (Mardi 11 septembre 2018)
AFP
De nombreux journalistes assistent à la reconstitution de l'assassinat de Grégory. (30 octobre 1984)
De nombreux journalistes assistent à la reconstitution de l'assassinat de Grégory. (30 octobre 1984)
AFP
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Près de 33 ans après les faits, l'interrogatoire de cinq membres de la famille Villemin, dont trois placés en garde à vue, a spectaculairement relancé l'affaire Grégory, du nom d'un garçonnet assassiné en 1984. Cette affaire demeure l'une des grandes énigmes policières du XXe siècle en France.

Le cadavre du petit Grégory Villemin avait été retrouvé au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne, dans les Vosges (nord-est). Cette découverte avait marqué le début de l'affaire Grégory, une incroyable énigme criminelle doublée d'un naufrage judiciaire et médiatique, qui avait tenu en haleine la France par ses multiples rebondissements.

Mercredi matin, coup de théâtre: Marcel Jacob, l'oncle de Jean-Marie Villemin (le père de l'enfant) et sa femme Jacqueline ont été interpellés dans le village d'Aumontzey, dans les Vosges, par les gendarmes de la section de recherche de Dijon, selon une source proche du dossier.

Une belle-soeur du père, Ginette Villemin, a quant à elle été arrêtée à Arches, à moins de 30 kilomètres de là, selon la même source. Tous les trois ont été placés en garde à vue et transférés à Dijon.

Les grands-parents du petit garçon, Monique - dont l'état de santé ne permettait pas une garde à vue - et Albert Villemin, ont pour leur part été entendus en audition libre. Tous deux sont restés dans les Vosges.

Proches de l'affaire

Ces interpellations, «qui visent des personnes très proches du coeur de l'affaire ont pour but d'éclaircir certains points et d'apporter des réponses à des questions posées, parfois de longue date, par des zones d'ombre de la procédure», a relevé dans un communiqué Jean-Jacques Bosc, le procureur général de la cour d'appel de Dijon, en charge du dossier.

Les arrestations ont eu lieu pour «complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d'empêcher un crime», selon le quotidien l'Est Républicain, qui a révélé l'information.

Un mystérieux corbeau Au cours des nombreuses investigations, les enquêteurs se sont notamment penchés sur un mystérieux «corbeau» ayant revendiqué le meurtre en invoquant une «vengeance», en particulier dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps. Des expertises graphologiques avaient notamment désigné Marcel Jacob comme possible corbeau. De plus, son emploi du temps lors du crime était considéré comme incertain, mais l'homme n'a jamais été inquiété judiciairement.

Marcel Jacob s'en était pris verbalement à Jean-Marie Villemin peu avant le crime, lui reprochant sa promotion de contremaître. «L'enquête concernant (les Jacob) a été entreprise trop tardivement pour avoir des chances d'aboutir à un résultat», avait déploré un arrêt de 1993 de la chambre d'accusation de Dijon.

Bernard Laroche, un cousin de Jean-Marie Villemin et neveu de Marcel Jacob, avait d'abord été soupçonné: inculpé d'assassinat, un temps incarcéré, il avait été remis en liberté le 4 février 1985. Convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin devait l'abattre d'un coup de fusil de chasse. M. Villemin sera condamné pour ce meurtre à 4 ans de prison en 1993.

En juillet 1985, le juge Jean-Michel Lambert opère un spectaculaire revirement: il porte ses soupçons vers la mère du garçonnet, Christine Villemin, qui sera totalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant pour «absence totale de charges», formule inédite aux accents d'excuse et d'aveu d'erreur judiciaire.

Autres axes d'enquête

L'affaire a été rouverte en 1999, puis en 2008, pour tenter de confondre d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés. Certains mélanges génétiques ont pu être isolés, et étaient en cours de comparaison avec les prélèvements sur des personnes figurant dans le dossier.

«Devant l'absence de concordance de traces ADN, dont le procureur général de Dijon a fait le constat public à plusieurs reprises et pour la dernière fois en 2014, d'autres axes d'enquête ont été explorés», a précisé le procureur général de Dijon.

«Outre les 400 personnes prélevées, une centaine de témoins ont été interrogés, certains pour la première fois. Près de 2000 courriers anonymes, reçus par les protagonistes de l'affaire mais aussi par les magistrats, ont été analysés en détail», a-t-il assuré.

(AFP)

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