L'affaire Dreyfus, le grand scandale

HistoireL'affaire Dreyfus, vue par Roman Polanski, a été un immense scandale au retentissement international, mêlant erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme.

Capture écran de la bande annonce du film «J'accuse».

Capture écran de la bande annonce du film «J'accuse». Image: capture écran

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L'affaire Dreyfus en quelques dates.

L'accusation Au ministère de la guerre, en 1894, le commandant Armand du Paty de Clam enquête sur l'auteur d'un bordereau - trouvé dans la corbeille à papier de l'attaché militaire allemand à Paris - fournissant aux Allemands des renseignements sur des tests d'équipements d'artillerie.

Le sujet est sensible car la IIIe république, instable, reste traumatisée par l'annexion de l'Alsace et de la Moselle par l'Allemagne en 1871.

Or, du Paty de Clam est convaincu, avec sa hiérarchie, que ce document émane de l'état-major français.

En octobre, il conclut dans un rapport, sur la base d'une ressemblance d'écritures, que «l'auteur probable» est le capitaine Alfred Dreyfus, 36 ans, officier juif alsacien, qui travaille à l'état-major (joué dans le film par Louis Garrel). Il est accusé de haute trahison.

Premier procès

En novembre, une instruction judiciaire est engagée, aboutissant à la tenue d'un procès. A la suite de révélations de «La libre parole», quotidien antisémite, débute une violente campagne de presse contre Dreyfus. Autour de Mathieu, le frère d'Alfred, la famille s'efforce de le défendre. Elle engagera à cette fin le journaliste Bernard Lazare.

Mis au secret, le capitaine clame en vain son innocence. Traduit en conseil de guerre, il est condamné, le 22 décembre 1894, à «la déportation perpétuelle». En mars 1895, il commence à purger sa peine, dans des conditions très pénibles, à l'île du Diable, en Guyane.

L'opinion et la classe politique lui sont alors unanimement défavorables.

Le vrai coupable

L'affaire démarre réellement en mars 1896 quand Marie-Georges Picquart (joué par Jean Dujardin), à la tête du service des renseignements, découvre que l'auteur du bordereau est le commandant français Ferdinand Walsin Esterhazy, dont l'écriture est la même que celle du mystérieux document.

Esterhazy est jugé en janvier 1898. On refuse à la famille Dreyfus de se constituer partie civile. Acquitté, il s'exile en Angleterre où il finira paisiblement ses jours.

Picquart, considéré comme le véritable accusé, est, lui, chassé de l'armée et emprisonné pendant un an. Réhabilité, il sera ministre de la Guerre de 1906 à 1909.

Zola entre en scène

Révolté, Émile Zola, au sommet de sa gloire, publie le 13 janvier 1898 dans «L'Aurore» une lettre ouverte au président de la République Félix Faure, intitulée «J'accuse !».

Il dénonce du Paty, cet «homme néfaste (qui) a tout mené», d'être «l'affaire Dreyfus tout entière» et «le premier coupable de l'effroyable erreur judiciaire» commise avec la complicité de sa hiérarchie.

L'impact est énorme. L'écrivain part en Angleterre pour ne pas être emprisonné. La France se divise entre dreyfusards et anti-dreyfusards. L'antisémitisme et un patriotisme dévoyé se déchaînent. Les émeutes sont fréquentes.

Réhabilitation tardive

En juin 1899, Dreyfus quitte la Guyane pour être envoyé devant le Conseil de guerre de Rennes. En septembre, il est à nouveau déclaré coupable et condamné à dix ans de détention. Mais, peu après, le nouveau président, Émile Loubet, signe sa grâce.

Le 12 juillet 1906, après de multiples péripéties, la Cour de cassation annule le jugement de 1899 et réhabilite le capitaine. Officier de réserve, il participe à la guerre de 14-18. Il décède en 1935, à 76 ans, dans l'indifférence générale.

Dreyfus et Herzl

Un jeune journaliste hongrois d'origine juive, Theodor Herzl, correspondant de presse à Paris, a suivi de près l'affaire. Il est révolté par l'ampleur des campagnes antijuives qu'il constate.

Considéré comme le père du sionisme politique, Herzl dira plus tard que l'histoire d'Alfred Dreyfus a motivé son engagement en faveur de la création d'un état juif. (afp/nxp)

Créé: 08.11.2019, 15h05

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