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«Gilets jaunes»L'acte 12 dédié aux «gueules cassées»

Les «gilets jaunes» blessés par les policiers seront en tête des cortèges samedi pour l'acte 12 dans plusieurs villes de France.

Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)
Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)
AFP
Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)
Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)
Keystone
(Samedi 17 novembre 2018)
(Samedi 17 novembre 2018)
AFP
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«Gueules cassées» en tête de cortège à Paris, hommages en province: l'acte 12 des «gilets jaunes» samedi mettra notamment en avant les centaines de manifestants blessés, parfois gravement, depuis le début de la contestation, en réclamant la fin des «violences policières qui mutilent».

Pour maintenir la mobilisation malgré le lancement par le gouvernement du «grand débat » destiné à apaiser la contestation, de nouveaux rassemblements sont à nouveau prévus, mais pas seulement pour une hausse du pouvoir d'achat et d'autres revendications habituelles de la contestation.

A Paris, les «gilets jaunes» appellent ainsi à une «marche blanche» dans le «calme» en hommage «aux blessés et aux mutilés victimes de la violence policière».

Des manifestants, qui ont perdu un oeil touché par un tir de lanceur de balles de défense (LBD), une main emportée par l'explosion de grenades lacrymogènes GLI-F4, ou ont été blessés par des projectiles de grenade de désencerclement DMP, y réclameront l'interdiction de ces trois armes.

«Il est temps que ces violences cessent et que ces armes de guerre ne soient plus utilisées dans le cadre du maintien de l'ordre», a déclaré mercredi lors d'une conférence de presse Me Arié Alimi, avocat de plusieurs de ces blessés.

«Mur de la honte»

A Marseille, les «gilets jaunes» ont prévu en prélude au défilé sur le Vieux port, l'érection d'un «mur de la honte» en souvenir des 14 personnes mortes (11 en France, 3 en Belgique) en marge des manifestations depuis le début du mouvement le 17 novembre.

Des «gilets jaunes» se rassembleront également samedi à Nancy «contre les violences policières», et dimanche à Nantes en hommage aux blessés.

A Valence (Drôme), où Emmanuel Macron s'était déplacé la semaine dernière, les autorités attendent jusqu'à 10'000 manifestants samedi après-midi.

Les manifestants, comme nombre de syndicats et d'associations, dénoncent un «usage disproportionné de la force» qui «mutile inutilement des gens à vie», pour de simples opérations de maintien de l'ordre au danger, selon eux, limité.

Samedi dernier à la fin de la manifestation parisienne, une figure connue des «gilets jaunes», Jérôme Rodrigues, a été gravement touché à l'oeil par un tir de LBD ou des éclats de grenade DMP, alors qu'il filmait le rassemblement.

Cette nouvelle blessure a nourri un débat de plus en plus vif à mesure qu'augmente le nombre de manifestants gravement blessés de samedi en samedi. Selon le collectif militant «Désarmons-les» et le journaliste indépendant David Dufresne, ils sont plus d'une centaine - des manifestants surtout, mais aussi des journalistes et passants. Une majorité a été victime de tirs de LBD, dont une vingtaine à l'oeil, la plupart éborgnés, selon eux.

«Dégoûté des manifs»

Le gouvernement n'admet de son côté que quatre cas de graves blessures à l'oeil, et défend des armes qui restent nécessaires pour éviter des contacts directs violents, et davantage de blessures, entre manifestants et force de l'ordre.

Christophe Roux, blessé aux deux jambes et au pied par une grenade le 1er décembre à Paris, y reviendra ainsi samedi depuis le sud de la France pour participer à la «marche blanche». «Moi j'ai la rage. Les flics, j'ai pas envie de leur faire du mal mais si demain ils commencent à tuer des personnes, c'est la guerre, et je vais y aller», a-t-il déclaré à l'AFP.

Mâchoire fracturée par un coup de matraque policier, Sabri, a indiqué qu'il n'irait lui pas marcher samedi: «Franchement, j'ai été dégoûté des manifs».

Samedi dernier, le ministère de l'Intérieur avait dénombré 69'000 «gilets jaunes» mobilisés dans le pays, en baisse par rapport aux 84'000 recensés une semaine plus tôt. Un comptage contesté acte après acte par les manifestants.

Grève le 5 février

Plutôt en baisse à Paris, la mobilisation est restée soutenue dans plusieurs grandes villes de province, notamment Toulouse et Bordeaux, émaillée de heurts avec les forces de l'ordre.

Pour poursuivre la mobilisation, la CGT a appelé à une «grève générale» le 5 février, un appel relayé par Éric Drouet, une figure des «gilets jaunes», le chef de file de LFI Jean-Luc Mélenchon ou encore Olivier Besancenot (NPA) et le PCF.

A Bordeaux, les manifestants sont appelés samedi à se rassembler comme d'habitude en début d'après-midi, tout comme à Nantes, Rouen ou Caen.

A Toulouse, les «gilets jaunes» innovent ce week-end, en ordre dispersé, certains affichant le souhait de sortir du cercle vicieux des manifestations avec violences des samedis précédents. Une assemblée citoyenne est prévue dimanche pour «structurer le mouvement» dans une salle prêtée par la municipalité.

AFP

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