«Une guerre mondiale est mort-née»

IranUne force paramilitaire clé en Iran a estimé que le pays avait empêché une «guerre» lancée depuis l'étranger.

Selon l'ONG NetBlocks, qui surveille la liberté d'accès à internet dans le monde, le taux d'accès, vendredi à la mi-journée en Iran, était de 14%.

Selon l'ONG NetBlocks, qui surveille la liberté d'accès à internet dans le monde, le taux d'accès, vendredi à la mi-journée en Iran, était de 14%. Image: AFP

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La force paramilitaire iranienne a pointé du doigt les Etats-Unis, Israël et l'Arabie saoudite dans les troubles ayant secoué plusieurs villes du pays ces derniers jours.

«Une véritable guerre mondiale contre le système et la révolution (iraniens, ndlr) a vu le jour, heureusement elle est mort-née», a déclaré le général Salar Abnoosh, un des responsables des Bassidji, cité par l'agence de presse semi-officielle Isna dans la soirée de jeudi.

Les membres du Basij, mouvement paramilitaire de volontaires islamiques, ont pour but d'assurer la sécurité du pays. Fin octobre, Washington et six pays arabes du Golfe avaient sanctionné 21 entités soupçonnées de «fournir un soutien financier au Bassij (...) dépendant des Gardiens de la révolution», avait annoncé le Trésor américain.

Selon le général Abnoosh, les interrogatoires des personnes interpellées depuis vendredi dernier ont révélé qu'une «coalition du mal» composée de «sionistes, de l'Amérique et de l'Arabie saoudite» était à l'origine de la «sédition». Il a estimé par ailleurs que la coupure d'internet par les autorités, qui sévit de manière quasi-générale depuis samedi soir, avait aidé à «perturber» les plans des ennemis de l'Iran.

En début de soirée, le Trésor américain a annoncé des sanctions contre le ministre iranien des Télécommunications Mohammad Javad Azari Jahromi pour «son rôle dans la vaste censure d'internet» en Iran.

«Réseaux étrangers»

Les troubles ont commencé le 15 novembre après l'annonce d'une réforme du mode de subvention de l'essence, censée bénéficier aux ménages les moins favorisés mais s'accompagnant d'une très forte hausse du prix à la pompe, 50% sur les soixante premiers litres mensuels, prix triplé ensuite. Mercredi déjà, Téhéran avait proclamé la «victoire» face à un «complot» ourdi à l'étranger, après cinq jours de manifestations qui auraient fait des dizaines de morts.

Des stations-service, des commissariats, des mosquées et des bâtiments publics avaient été incendiés ou attaqués, la télévision iranienne montrant des séquences de ces dégradations. Internet semblait encore largement bloqué dans le pays vendredi à la mi-journée mais des responsables et des agences de presse ont indiqué qu'il allait être rétabli de façon graduelle.

Selon Isna, l'accès à internet et la connexion via l'ADSL ont été partiellement restaurés dans un certain nombre de provinces et pour certaines universités de Téhéran. Selon l'ONG NetBlocks, qui surveille la liberté d'accès à internet dans le monde, le taux d'accès, vendredi à la mi-journée en Iran, était de 14%.

Le porte-parole de l'Assemblée des experts, instance religieuse chargée de nommer, superviser et le cas échéant démettre, le guide suprême, a appelé pour sa part les autorités à maintenir bloqués les «réseaux étrangers» après le retour d'internet dans le pays, dans une référence apparemment aux réseaux sociaux et/ou télévisions satellitaires étrangers.

Ils «apprennent aux gens à se révolter, à commettre des crimes», a justifié l'ayatollah Ahmad Khatami lors de son prêche du vendredi retransmis à la télévision. Le président américain Donald Trump a accusé au contraire jeudi Téhéran d'essayer, en coupant internet, de cacher aux Iraniens et au reste du monde «la tragédie» en cours dans ce pays.

Etouffer les manifestations

«Les dirigeants iraniens savent qu'un internet libre et ouvert expose leur illégitimité, ils cherchent donc à censurer l'accès à internet pour étouffer les manifestations anti-régime», a affirmé vendredi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin en annonçant les sanctions contre le ministre des Télécommunications.

L'ambassadeur d'Iran en Grande-Bretagne Hamid Baeidinejad a de son côté annoncé samedi sur Twitter que l'ambassade avait «déposé une plainte» auprès de «l'autorité régulatrice des télécommunications au Royaume-Uni», l'Ofcom, pour dénoncer «le comportement de médias hostiles en langue farsi». M. Baeidinejad citait «BBC Farsi, Iran International et Manoto», les accusant de «déformations partiales sur les événements récents en Iran et d'appels à une violence généralisée contre les institutions civiles iraniennes». (ats/nxp)

Créé: 22.11.2019, 20h49

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