Trump nie mollement avoir dit «pays de merde»

Etats-UnisSelon divers médias américains, le président Trump a qualifié jeudi plusieurs nations africaines ainsi qu'Haïti de «pays de merde». Il dément sans grande conviction.

Donald Trump à la Maison Blanche. (Jeudi 11 janvier 2018)

Donald Trump à la Maison Blanche. (Jeudi 11 janvier 2018) Image: Keystone

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Le président américain Donald Trump a laissé entendre vendredi qu'il n'avait pas utilisé l'expression «pays de merde» lors d'une réunion avec des élus, la veille, sur l'immigration. «Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés», a-t-il tweeté, après la vague d'indignation suscitée par ses propos rapportés par plusieurs médias américains s'appuyant sur des personnes présentes lors de la réunion.

Il a aussi affirmé dans un tweet n'avoir «jamais dit de mal des Haïtiens». «Je n'ai jamais dit quelque chose d'insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c'est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté. Je n'ai jamais dit virez-les . Inventé par les Dem (l'opposition démocrate Ndlr). J'ai une relation merveilleuse avec les Haïtiens», a tweeté le président américain, ajoutant qu'il devrait probablement enregistrer ses réunions.

«Il l'a dit plusieurs fois»

Donald Trump a utilisé «plusieurs fois» l'expression de «pays de merde» au cours d'une réunion sur l'immigration à la Maison Blanche, a affirmé vendredi le sénateur démocrate Dick Durbin, qui y assistait. «Il a prononcé ces mots remplis de haine et il les a prononcés plusieurs fois», a déclaré le sénateur, remettant en cause le démenti tweeté de Trump.

Donald Trump a délivré sa version des faits après que le «Washington Post» se fut fait l'écho d'un éclat du président américain sur l'immigration, qualifiant plusieurs nations africaines ainsi qu'Haïti de «pays de merde».

Propos visant les Haïtiens

Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l'accord permettrait d'éviter l'expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux Etats-Unis.

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?», a demandé le président Trump lors des discussions, selon le quotidien qui cite plusieurs sources anonymes. Selon elles, l'homme d'affaires devenu président faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il a rencontré la Première ministre la veille. «Pourquoi avons-nous besoin de plus d'Haïtiens ?», aurait encore demandé le président, selon le quotidien.

Le gouvernement haïtien s'est déclaré «profondément indigné et choqué» par les propos de Trump.

De son côté, le «New York Times», qui fait état également des mêmes propos du président, citant des participants non identifiés à la réunion, avait rapporté en juin dernier que Donald Trump avait assuré lors d'une autre réunion sur l'immigration, que les Haïtiens «ont tous le sida». La Maison Blanche avait démenti. Toujours de même source, les sénateurs présents ont été déconcertés par ces propos.

Président «raciste»

Membre du Congrès, le démocrate Luis Gutierrez a réagi en déclarant: «Nous pouvons dire maintenant avec 100% de certitude que le président est un raciste qui ne partage pas les valeurs inscrites dans notre Constitution». Sa collègue républicaine Mia Love, d'ascendance haïtienne, a jugé pour sa part «désobligeants» et «clivants» les propos présidentiels et demandé des excuses. «Cette attitude est inacceptable de la part du chef de notre nation», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La Maison Blanche n'a pas nié que le président américain a tenu ces propos. «Certaines personnalités politiques à Washington choisissent de se battre pour des pays étrangers, mais le président Trump se battra toujours pour le peuple américain», a souligné un porte-parole de l'exécutif, Raj Shah, dans un communiqué.

«Comme d'autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s'assimilent à notre grande nation», a-t-il poursuivi.

Les parlementaires étaient présents pour évoquer les discussions entre les responsables des deux partis pour encadrer le sort des «Dreamers», les jeunes bénéficiaires du programme appelé Daca (Deferred Action for Childhood Arrival), hérité de l'administration Barack Obama.

Les négociations sont ardues entre la Maison Blanche et les parlementaires sur ce projet. En septembre, le président Trump a abrogé le programme qui a permis à 690'000 jeunes, entrés illégalement aux Etats-Unis alors qu'ils étaient enfants, de travailler et d'étudier en toute légalité en les protégeant de l'expulsion. Il a donné jusqu'au 5 mars au Congrès pour trouver un compromis. (afp/nxp)

Créé: 12.01.2018, 14h59

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Un défenseur notoire des sans-papiers en passe d'être expulsé

Un militant venant en aide aux immigrés clandestins à New-York a été arrêté jeudi en vue de son expulsion vers l'archipel de Trinité-et-Tobago qu'il a quitté il y a 25 ans, nouvel exemple du durcissement de la politique migratoire américaine.

Ravi Ragbir, marié à une avocate américaine et directeur de l'ONG de défense des sans-papiers «New Sanctuary Coalition», a été arrêté alors qu'il se présentait à la police de l'immigration pour un rendez-vous annuel. Il a été conduit en prison en ambulance après un bref malaise. Des dizaines de sympathisants ont entouré l'ambulance, scandant «Ravi! Ravi!», dans l'espoir de l'empêcher de passer --en vain, selon des témoins.

M. Ragbir sera expulsé car «les délinquants étrangers ont toujours été une priorité» de la police de l'immigration, a indiqué Rachel Yong Yow, porte-parole de cette force. «Il a épuisé toutes les possibilités d'appel et restera emprisonné jusqu'à son transfert à Trinité».

M. Ragbir est arrivé aux Etats-Unis légalement il y a 25 ans et a obtenu une carte verte. Mais en 2001, alors qu'il travaillait pour une société de prêts immobiliers sur hypothèques, il a été condamné pour fraude bancaire. Après trois ans de recours, il a été débouté puis incarcéré pendant deux ans et demi. Il risquait théoriquement l'expulsion depuis sa libération mais les autorités avaient toujours décidé jusqu'ici de le laisser en liberté.

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