Sommet sous très haute tension pour les 70 ans de l’OTAN

Défense européenneTrump menace. Macron choque. Erdogan inquiète. Bref, c’est la crise.

Buckingham Palace accueillera 29 dirigeants d'Etats pour les 70 ans de l'OTAN.

Buckingham Palace accueillera 29 dirigeants d'Etats pour les 70 ans de l'OTAN. Image: Keystone

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C’est un sommet express. Pour célébrer les 70 ans de l’OTAN, les leaders des 29 États membres de l’Alliance atlantique seront reçus à Buckingham Palace ce mardi soir, puis ils feront un peu de route pour se rendre à Watford, au nord de Londres, dans l’hôtel de luxe The Grove, sur l’un des plus prestigieux golfs du Royaume-Uni. C’est là qu’ils tiendront, mercredi matin, trois petites heures de réunion… avant de repartir! L’objectif est clair: éviter tout dérapage. Malaise.

1/ Boris Johnson craint l’ami Trump

En réalité, l’anniversaire de l’OTAN s’est formellement tenu en avril à Washington, lors d’une simple réunion ministérielle. Sans doute pour éviter que le président Donald Trump ne tienne à nouveau des propos désobligeants envers l’Alliance transatlantique ou certains de ses membres. C’est en fait Londres qui a insisté pour tenir le sommet de cette semaine. Le Royaume-Uni démontre ainsi qu’il entend demeurer, malgré le Brexit, un pilier de la sécurité européenne. Mais ce rendez-vous tombe plutôt mal, après l’attaque terroriste du week-end et à quelques jours des élections anticipées britanniques du 12 décembre. Le premier ministre Boris Johnson craint que son ami Donald Trump se permette de donner son avis sur le scrutin. Or le président des États-Unis est très impopulaire outre-Manche.

2/ Donald Trump réclame des sous

Avant même son élection, le New-Yorkais jugeait l’OTAN «obsolète» et accusait les pays alliés de profiter des États-Unis en n’honorant pas l’entier de leur cotisation. Pour tenter de désamorcer l’ire trumpienne, l’Alliance atlantique a obtenu que la participation financière de Washington passe de 22% à 16% dès le budget 2021 de l’Alliance atlantique. Et 18 des 29 États membres devraient réussir d’ici à 2024 à tenir leur engagement de verser 2% de leur PIB. Pas sûr que cela suffise. À la Maison-Blanche, on réclame déjà une cible à 4%.

3/ Emmanuel Macron dit: «Mort cérébrale!»

Mais Donald Trump n’est pas le seul à pouvoir gâcher la fête de Boris Johnson. Le président français, Emmanuel Macron, fait scandale depuis l’interview publiée le 7 novembre par l’hebdomadaire «The Economist», dans laquelle il déclarait: «Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN.» Il faisait référence au fait qu’un État membre, la Turquie, a lancé début octobre — avec l’approbation tacite de Washington mais sans consulter l’Alliance atlantique — une offensive dans le nord de la Syrie contre la milice kurde des YPG. Or la France et les États-Unis soutenaient cette milice, qui luttait efficacement contre Daech (le groupe État islamique). Le président Macron, la semaine dernière, a martelé qu’il est urgent de parler des questions stratégiques, plutôt que de s’écharper autour des contributions financières.

4/ Angela Merkel désapprouve

La chancelière allemande, d’habitude si réservée, s’était rapidement distancée des «termes radicaux» employés par le président français. «Je ne pense pas qu'un tel jugement intempestif soit nécessaire», avait-elle déclaré, soulignant que le Vieux-Continent ne peut pas encore se passer de l’OTAN. Quant au secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, il a assuré que la coopération militaire restait «forte» et que les États-Unis et l'Europe «travaillaient ensemble plus que nous ne l'avons fait depuis des décennies».

5/ R. T. Erdogan insulte Macron

Vendredi, c’est le président turc Recep Tayyip Erdogan qui a encore versé de l’huile sur le feu. Réagissant à l’interview d’Emmanuel Macron, il a conseillé au président français de se soucier de sa propre santé car il semblait lui-même en état de mort cérébrale. Au-delà de l’insulte, la Turquie inquiète depuis l’acquisition de systèmes de défense antiaérienne russes S-400, incompatibles avec les armes de l’OTAN. Du jamais vu. Une réunion sur la Syrie aura lieu ce mardi avant le sommet. Pas sûr que ça se passe bien.

Créé: 02.12.2019, 18h56

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