Réchauffement: 3500 milliards par an à investir

Sommet à ParisDes dizaines de dirigeants sont réunis mardi dans la capitale française pour accélérer le financement de la lutte contre le changement climatique.

Les dirigeants se trouvent confrontés à un  «défi immense» deux ans après la signature de l'Accord de Paris.

Les dirigeants se trouvent confrontés à un «défi immense» deux ans après la signature de l'Accord de Paris. Image: AFP

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«L'Agence internationale de l'Energie estime qu'il faudra en moyenne 3500 milliards de dollars (autant en francs) d'investissements dans le secteur énergétique chaque année pendant trente ans pour contenir l'augmentation des températures à un minimum de 2°C», a souligné le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim juste avant ce «One Planet summit».

«Le défi est immense, nous devons tout faire pour le relever», a déclaré de son côté le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama, président de la 23e Conférence de l'ONU sur le climat (COP23) organisée en novembre à Berlin. Il a insisté sur l'importance des financements publics et privés, à l'ouverture de la réunion que les autres chefs d'Etat et de gouvernement rejoindront dans l'après-midi.

Retrait américain

Le président français Emmanuel Macron a lancé l'idée du sommet après l'annonce par Donald Trump du retrait américain du pacte historique de 2015 contre le réchauffement terrestre. A quelques heures de l'ouverture de la réunion, le chef de l'Etat français a de nouveau interpellé, dans une interview à la chaîne américaine CBS, son homologue américain sur sa «responsabilité face à l'Histoire». Il s'est dit «assez certain» que Donald Trump «va changer d'avis dans les mois ou les années à venir».

L'accord vise à contenir la hausse de la température sous le seuil critique de 2°C, mais sur la base des engagements pris par les Etats, la planète se dirige toujours vers 3°C par rapport à l'ère préindustrielle. Déjà, une hausse de moins de 1°C a suffi à provoquer plus de précipitations, le rétrécissement de la banquise ou l'augmentation du niveau moyen des océans.

Une soixantaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus sur l'île Seguin, à l'ouest de Paris, dont le Mexicain Enrique Pena Nieto, le roi du Maroc Mohammed VI, des présidents africains et de petites îles vulnérables au réchauffement, ainsi que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Mais la Chine, l'Inde ou le Canada, grands émetteurs de gaz à effet de serre, ne doivent être représentés qu'au niveau ministériel.

Grandes inquiétudes

Et les Etats-Unis, dont le président n'était pas invité, sera représenté par un chargé d'ambassade, alors que les inquiétudes sont grandes: Washington n'a par exemple versé qu'un milliard de dollars sur les trois promis au Fonds vert de l'ONU.

«Ça n'a pas d'importance que Donald Trump ait tourné le dos à l'accord de Paris», a assuré lundi l'ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, insistant sur l'engagement des Américains à tous les autres niveaux. «Personne n'a laissé tomber (...) Nous, au niveau sub-national, nous allons prendre le relais», a insisté le fondateur du R20, réseau d'autorités régionales.

D'autres Américains ont fait le déplacement, comme l'ancien maire de New York Michael Bloomberg, le gouverneur de Californie Jerry Brown, le milliardaire Bill Gates ou l'acteur Sean Penn.

Promesses de financement

Les pays du Nord ont promis de porter à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 leurs financements climat aux pays du Sud. Ceux-ci réclament des assurances sur cette promesse, en particulier pour pouvoir s'adapter aux impacts des dérèglements: digues, surélévation des habitats, système d'alerte météo par exemple.

«La pièce manquante du puzzle est le financement pour aider les pays les plus pauvres à avoir accès à une énergie propre, pour qu'ils ne suivent pas le chemin du monde riche qui marche aux énergies fossiles», a commenté Mohamed Adow, de l'ONG Christian Aid.

Mais le sommet de mardi n'est pas une conférence des donateurs, insiste la présidence française qui évoque des «solutions concrètes» pour «multiplier les projets sur le terrain». Parmi les engagements qui pourraient être annoncés, des dons de fondations, des coalitions pour la neutralité carbone ou contre le charbon. (ats/nxp)

Créé: 12.12.2017, 11h50

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