Quatorze civils tués dans un village peul

MaliL'ONU a annoncé une nouvelle attaque d'un village peul, au Mali, ayant fait 14 victimes et deux blessés.

 En juin dernier, quelque 35 Dogons ont été tués à Sobane Da et une quarantaine dans les villages de Gangafani et Yoro.

En juin dernier, quelque 35 Dogons ont été tués à Sobane Da et une quarantaine dans les villages de Gangafani et Yoro. Image: AFP

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Quatorze personnes ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi dans un village peul du centre du Mali, selon un rapport de l'ONU. La région est marquée par des violences intercommunautaires, ayant fait des centaines de morts ces dernières années, mais elle connaissait une accalmie depuis six mois. Un premier bilan, établi par une source sécuritaire, faisait état de quinze morts civils.

Selon un rapport de la Division des droits de l'homme et de la protection de l'ONU, dont l'AFP a obtenu copie, «14 personnes ont été tuées, 2 blessées, plusieurs cases incendiées au cours d'une attaque contre le village de Sinda, près de Douentza, dans la région de Mopti».

«Égorgés dans leur sommeil»

«Aux environs de 00h30 le 16 janvier, des hommes armés visiblement habillés en tenue de chasseurs traditionnels (dozos) et circulant à bord de motos ont fait incursion dans le village de Sinda, majoritairement habité par les membres de la communauté peule et ont ouvert le feu sur les habitants du village avec des fusils de chasse et mis feu aux habitations», précise le rapport.

«Certains ont été égorgés dans leur sommeil, d'autres après avoir été arrêtés par de présumés chasseurs traditionnels communément appelés 'dozos', ou en tout cas ils étaient habillés comme eux», a précisé un élu de Douentza ayant requis l'anonymat pour des raisons de sécurité. Les victimes ont été inhumées jeudi par les habitants du village, «la peur au ventre», a déclaré un enseignant de Sinda.

Des violences déchirent la région depuis 5 ans

Depuis l'apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe du prédicateur radical Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs «groupes d'autodéfense», en s'appuyant sur les groupes de chasseurs traditionnels dozos.

Les violences qui déchirent cette région depuis cinq ans ont culminé avec le massacre le 23 mars 2019, attribué à des chasseurs dogons, de quelque 160 Peuls dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso. En juin dernier, quelque 35 Dogons ont été tués à Sobane Da et une quarantaine dans les villages de Gangafani et Yoro, pour ne citer que les attaques les plus meurtrières.

L'association de chasseurs dogons Dan Nan Ambassagou, officiellement dissoute au lendemain du massacre d'Ogossagou, reste l'une des mieux organisées et est régulièrement accusée par les associations peules d'être responsable de ces attaques, ce qu'elle dément. Une accalmie avait été enregistrée depuis la signature en août d'accords «de cessation des hostilités» par des groupes armés peuls et dogons du centre du pays, en marge d'une visite du Premier ministre, Boubou Cissé. (ats/nxp)

Créé: 17.01.2020, 00h13

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