Poutine a-t-il les cartes bien en mains face à Washington?

Crise diplomatique Moscou, accusé de cyberattaques, ne répondra pas aux sanctions d’Obama. Poutine attend Trump. Mais le chapitre n’est pas clos.

Le président russe Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine. Image: KEYSTONE

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«Nous n’allons expulser personne. Nous n’allons pas tomber au niveau d’une diplomatie irresponsable.» Alors qu’on pouvait s’attendre à des mesures de rétorsion, Vladimir Poutine a snobé hier la décision de Barack Obama, annoncée jeudi, de déclarer «persona non grata» 35 diplomates et officiels russes en poste aux Etats-Unis, considérés comme des agents du renseignement. Bien qu’arrivant très tardivement, comme le relevait hier le New York Times, la sanction de Washington se veut une réponse aux cyberattaques russes contre des entités américaines, dont le Comité national démocrate. Des attaques qui ont peut-être valu à Hillary Clinton son amère défaite à la présidentielle.

Quelques piques

Face à la salve tirée de Washington, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, avait bien prôné une réponse classique, façon «œil pour œil, dent pour dent», avec des expulsions de diplomates américains. Mais Vladimir Poutine en aura donc décidé autrement. Pas de réplique, du moins pour l’heure.

Dans ce climat de néoguerre froide, il s’est même permis une gentille pique, trouvant «dommage que Barack Obama termine ainsi son mandat», mais lui souhaitant «une bonne année 2017». Il a aussi invité tous les enfants des diplomates américains accrédités en Russie à participer à la fête traditionnelle organisée au Kremlin à l’occasion du Noël orthodoxe.

Trump "coincé"?

Le président russe compte bien évidemment sur l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche pour que les relations américano-russes retrouvent des couleurs. Tout au long de sa campagne électorale, le Républicain a aussi dit son intention de réchauffer les relations avec Moscou. Et sur les accusations de cyberattaques, il lance aux Américains qu’il est temps «de passer à autre chose» et «aller de l’avant».

Pour autant, le nouveau président américain pourra-t-il s’asseoir si facilement sur cette affaire? Et Vladimir Poutine peut-il compter sur un rapide apaisement? Dans les rangs des républicains, on a certes déploré la manière de procéder de Barack Obama, mais des figures du parti sont convaincues que Moscou multiplie les attaques contre les Etats-Unis et n’entendent pas en rester là. Parmi les plus remontés, les sénateurs John McCain et Lindsey Graham. «Au bout du compte, ces sanctions sont un bien petit prix que paie la Russie pour ses attaques sans-gêne contre la démocratie américaine. Nous mènerons le combat au sein du nouveau Congrès pour que des sanctions plus dures soient prononcées», ont-ils déclaré dans un communiqué commun. Autant dire que l’affaire est peut-être loin d’être classée.

Donald Trump coincé?

Dans le camp de Donald Trump, on ne se montre d’ailleurs pas si tranquille. Kellyanne Conway, proche conseillère du président élu, a estimé que l’objectif de Barack Obama était de «coincer» son successeur à la Maison-Blanche. Hier, le New York Times évoquait le fait que Donald Trump sera confronté à une équation en effet difficile: «choisir entre ses alliés démocratiques sous le Capitole ou son ami autoritaire du Kremlin».

Créé: 30.12.2016, 19h59

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