«Pas préparés» face à une pandémie mondiale

SantéUn groupe d'experts estime que les gouvernements et institutions se doivent d'anticiper «d'urgence» une éventuelle pandémie.

Un centre de traitement contre Ebola, en République démocratique du Congo.

Un centre de traitement contre Ebola, en République démocratique du Congo. Image: Keystone

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La menace d'une pandémie qui pourrait tuer «des dizaines de millions de personnes» est «réelle». Dans son premier rapport publié mercredi à Genève, un groupe d'experts appelle gouvernements et institutions internationales à investir pour anticiper cette situation. Les acteurs ne sont «pas préparés», conclut cette instance de quinze personnes.

Des épidémies comme Ebola ou la grippe sont de plus en plus difficiles à contrôler dans des contextes de conflits et de migrations forcées. Le changement climatique, l'urbanisation et le manque d'accès à l'eau potable sont autant de composantes favorables à une expansion rapide de ces situations. Outre jusqu'à 80 millions de victimes, une pandémie pourrait affecter 5% de l'économie mondiale et la sécurité, selon le groupe.

«Il est temps d'une action urgente et durable», affirme la coprésidente de ce comité mondial pour la surveillance de la préparation aux épidémies (GPMB), l'ancienne première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland. Un financement doit avoir lieu parmi toutes les composantes de la société et les dirigeants doivent lancer des mécanismes adaptés, selon elle.

Certes, des efforts ont été menés par les gouvernements. Mais ils restent largement insuffisants, selon le GPMB. La situation actuelle d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) montre à quel point la méfiance des communautés envers les autorités ou les acteurs internationaux peut avoir des conséquences sur la réponse à une épidémie.

Des dizaines de plans d'action

Ce lien doit être établi avant l'arrivée de celle-ci, estime le coprésident du groupe, le secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Elhadj As Sy. La plupart des pathologies sont observées dans des pays aux systèmes de santé les moins adaptés, relève de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Selon les chiffres de juillet dernier, 59 pays ont établi un plan d'action national pour la sécurité sanitaire. Mais aucun n'a encore été entièrement financé, déplore le groupe. Les quinze experts demandent aux dirigeants politiques d'appliquer le règlement sanitaire international.

Chaque gouvernement devrait désigner un responsable de haut niveau pour piloter la préparation. Tous les acteurs devraient favoriser la recherche et la commercialisation de nouveaux médicaments. Les pays les plus vulnérables devraient être aidés. L'ONU doit de son côté étendre la collaboration pour anticiper et répondre aux épidémies, affirme le groupe. (ats/nxp)

Créé: 18.09.2019, 04h04

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