Martin Schulz prêt à discuter avec Merkel pour sortir l'Allemagne de la crise

CoalitionRéélu avec près de 82% des voix, le chef du Parti social-démocrate conditionne toutefois un éventuel accord. Rien n'est joué.

De gauche à droite, Angela Merkel et Martin Schulz.

De gauche à droite, Angela Merkel et Martin Schulz. Image: AFP

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Gouverner avec Merkel? Oui, mais pas à n’importe quel prix. Martin Schulz, le président du Parti social-démocrate (SPD), réélu ce jeudi avec près de 82% des voix, a obtenu le feu vert des délégués pour discuter avec les conservateurs de la reconduction de la grande coalition… mais sans obligation de résultat. «La grande coalition ne sera pas un automatisme», a promis Martin Schulz. Dans un discours très offensif, le chef du SPD a pris soin de ne pas froisser une grande majorité de militants, très sceptique sur une nouvelle alliance avec les conservateurs (CDU). «Il y a un grand fossé entre les opposants et les partisans d’une grande coalition», a reconnu Malu Dreyer, favorable aux pourparlers.

La ministre-présidente de Rhénanie-Palatinat plaide elle aussi pour une autre solution: un gouvernement minoritaire toléré par le SPD. «Ce serait plus stable qu’une coalition formée à contrecœur», estime-t-elle. Le mouvement des Jeunes sociaux-démocrates (Jusos), par exemple, s’est prononcé contre (15% des délégués): «Le renouveau du SPD doit se faire en dehors de la grande coalition sinon il ne se fera jamais», a martelé son chef Kevin Kühnert.

«À force de grande coalition, on risque l’instabilité, comme le montre l’exemple autrichien où l’extrême droite a fini par prendre le pouvoir», analyse la jeune Wiebke Esdar, responsable du SPD à Bielefeld (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) venue à Berlin avec 600 autres délégués pour se prononcer sur cette question déterminante pour l’avenir du parti. «Nous devons regagner la crédibilité que nous avons perdue sur le thème de la justice sociale», ajoute-t-elle. «Les gens n’arrivent plus à faire la différence entre les sociaux-démocrates et les conservateurs du Parti chrétien-démocrate (CDU)», se lamente une autre déléguée.

Après la défaite du 24 septembre, les sociaux-démocrates se croyaient à l’abri d’un tel débat. Martin Schulz avait promis à ses camarades qu’ils rejoindraient les bancs de l’opposition pour se refaire une virginité. Avec 20,5% des voix, le SPD avait réalisé le plus mauvais résultat électoral de son histoire… Martin Schulz, d’une voix tremblante, a fait son mea culpa: «Tellement de gens ont fondé leurs espoirs sur moi. Je leur demande pardon car je porte la responsabilité de cette défaite historique», a-t-il lâché.

L’échec des négociations entre Angela Merkel, les écologistes et les libéraux, il y a deux semaines, a mis le SPD face à un cruel dilemme. Martin Schulz avait le choix entre la peste et le choléra: revenir sur sa décision pour faire preuve de responsabilité auprès de ses concitoyens (d’abord le pays, le parti ensuite) ou bien provoquer de nouvelles élections et risquer un nouveau désastre.

En cas d’accord pour une grande coalition, la dernière étape serait le vote des 400 000 militants. Là encore, Martin Schulz, qui devrait rencontrer Angela Merkel dès la semaine prochaine, devra convaincre que cette coalition est bonne pour le pays… mais aussi pour le parti. Rien n’est joué. (TDG)

Créé: 07.12.2017, 21h34

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