Macron, une bonne nouvelle pour la Suisse

EuropeL'élection du candidat centriste à la tête de l'Hexagone est une bonne nouvelle, selon les politiciens de notre côté du Jura.

Image: Keystone

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La présidente de la Confédération Doris Leuthard a félicité dimanche Emmanuel Macron pour son élection à la présidence de la République. Elle s'est dit convaincue que les deux pays «continueront d'entretenir, de poursuivre et d'approfondir une coopération stable et positive».

Mme Leuthard s'est adressée à M. Macron au nom du Conseil fédéral, via un message Twitter. «La Suisse et la France sont liées par une langue commune et par des valeurs partagées de liberté et de démocratie», écrit-elle. «Je suis convaincue que nous continuerons d'entretenir sur cette base des relations de bon voisinage», ajoute-t-elle.

«Excellente nouvelle pour la Suisse»

L'élection d'Emmanuel Macron est une «excellente nouvelle pour la France, l'Europe et la Suisse», estime le conseiller national Fathi Derder (PLR/VD), qui plus est avec un «excellent résultat». Son prochain défi sera de pouvoir exécuter son programme.

«Il devra pouvoir gouverner la France et mettre en place son très bon programme, qui n'est pas très révolutionnaire, mais qui va dans la continuité en libéralisant le marché du travail», a affirmé dimanche soir Fathi Derder, contacté par l'ats. M. Macron, «un vrai libéral social» qui connaît l'économie, «permettra à la France d'avancer», a-t-il ajouté.

La question est désormais de savoir comment. «Soit M. Macron arrive à obtenir une majorité à l'Assemblée nationale et c'est bien pour lui, soit il faudra travailler comme en Suisse en négociant objet par objet. Ce ne serait pas une catastrophe du tout, cela permettrait de retrouver un sens du dialogue», estime le président de la Délégation des Chambres fédérales pour les relations avec le parlement français.

Si Emmanuel Macron a été largement élu, le taux d'abstention était néanmoins élevé. La faute, selon M. Derder, à une «élite de centre-gauche» qui a mis au même niveau la finance et le fascisme. «Ils ont pris un risque majeur de donner une victoire à Marine Le Pen. Ils ont juste obtenu un taux d'abstention élevé», observe-t-il.

Un malaise à soigner

A gauche, le conseiller aux Etats Didier Berberat (PS/NE) se montre «soulagé du fait que les Français ont su choisir entre quelqu'un qui aurait mené la France vers une aventure très dangereuse, et M. Macron». La portée du résultat est «assez réconfortante», même si «nous n'avons pas retrouvé le même front républicain qu'en 2002», lors de l'élection de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen.

Les nombreuses abstentions et les votes blancs montrent «un malaise», selon M. Berberat. Un sentiment dont a, selon lui, pris conscience Emmanuel Macron, même s'il en a moins parlé que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le président nouvellement élu a désormais intérêt à mettre rapidement sur pied des mesures qui doivent permettre au pays de «sortir de l'archaïsme», juge M. Berberat.

Il y aura «le verdict des faits, nous verrons si ses promesses peuvent se réaliser. Mais avec une bonne conjoncture économique, c'est possible de mieux s'en sortir», projette Didier Berberat. «Nous verrons aux législatives si M. Macron arrive à construire une majorité, avec En Marche! et les autres partis», s'interroge-t-il cependant.

Un gouvernement à former

«Il sera difficile pour M. Macron d'avoir un large centre qui dépasse les 50% en termes de députés à l'Assemblée nationale», embraye le conseiller national Dominique de Buman (PDC/FR), se demandant si le nouveau président français «a réussi à créer un élan durable», alors que de nombreuses personnes «en ont marre du clivage gauche-droite» et qu'une génération ressent le besoin «de reconstruire». L'avenir du mouvement En Marche! reste aussi à éclaircir.

La formation du gouvernement constitue un autre point important. «Il faut que M. Macron approfondisse très clairement son programme pour que nous puissions voir les gens qui vont se mouiller pour aller dans son gouvernement», selon le parlementaire fribourgeois.

«Toute une frange de l'aile réformatrice du parti socialiste va se rallier, mais je ne sais pas comment une certaine droite classique va vouloir cohabiter dans un gouvernement», s'interroge-t-il. Sans oublier la réaction des partis face à ceux qui rejoindraient le gouvernement Macron. Les ambitions personnelles de certains pourraient également jouer.

Auto-destruction de la Ve République

Pessimiste, le conseiller national Yves Nidegger (UDC/GE) pense qu'il sera très difficile pour M. Macron de réussir à réformer la France sur le plan économique et social. «Les législatives vont marcher sur les vieux réflexes qui vont opposer la gauche et la droite», pronostique-t-il.

Selon l'avocat genevois, «on va laisser un tiers du pays orphelin, ce qui va continuer à pourrir le pays politiquement». «Je pense que nous sommes vers l'auto-destruction de la Ve République», conclut-il. (ats/nxp)

Créé: 07.05.2017, 21h20

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