Les champs de bataille vont se robotiser

FranceDrone personnel de reconnaissance, missile «intelligent», robot logistique: le champ de bataille se numérise à vitesse grand V, combattants et blindés opérant de plus en plus en réseau.

Le Salon international de Sécurité et de Défense Eurosatory se tient à Villepinte jusqu'à vendredi.

Le Salon international de Sécurité et de Défense Eurosatory se tient à Villepinte jusqu'à vendredi. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Ces nouvelles technologies, qui bousculent l'art de la guerre, sont au coeur du Salon international de Sécurité et de Défense Eurosatory organisé à Villepinte, près de Paris, jusqu'à vendredi. Star du salon, le nano, micro ou minidrone offre désormais toute une palette d'assistance au sol avec une obsession, réduire au maximum le risque létal pour le combattant.

Les armées disposent déjà depuis plusieurs décennies de drones tactiques, sorte d'avions sans pilote dédiés au renseignement militaire, et pour certaines d'entre elles comme l'US Air Force de drones de combat. Elles cherchent toutes à se doter désormais de petits «compagnons» ailés plus légers et maniables, qui aident le soldat à évoluer dans son environnement immédiat.

Microdrone

«Le microdrone (jusqu'à deux kilogrammes) c'est la jumelle déportée. Votre vision est déportée deux kilomètres devant», explique le général Charles Beaudoin, directeur de la Section technique de l'armée de Terre française (STAT). Sur des théâtres où la mine est souvent l'ennemi numéro un, comme au Mali, ce type d'appareil, qui vole un à trois kilomètres avec une autonomie de 15 à 20 minutes, permet de repérer des mouvements suspects d'individus et de déceler l'état de la piste en amont.

«Si la terre a été remuée, on peut penser qu'un explosif est enterré. C'est vraiment le robot éclaireur du combattant (...) Il faut voir l'ennemi avant qu'il nous voie pour défaire une embuscade», résume le général Beaudoin, qui espère en équiper prochainement l'armée française. «L'idée c'est que chaque section d'infanterie, chaque peloton de cavalerie, une entité de 20 à 40 hommes, ait plusieurs drones. On offre des drones aux gamins à Noël, nos jeunes sont aussi mûrs pour cela», note-t-il.

Miniaturisé à l'extrême, le nanodrone norvégien Black Hornet, semblable à une grosse libellule avec un poids d'à peine 18 grammes, tient dans la paume de la main. «On le met en vol en moins de deux minutes. Vous ne le voyez pas, vous ne l'entendez pas», constate un officier français. Il peut donc s'approcher extrêmement près d'une cible sans être détecté.

Dans un registre ultranumérique digne du jeu vidéo, l'armée de Terre française aura bientôt aussi sa propre référence, le système Scorpion, centré sur la mise en réseau des équipements et des hommes. «Dans ce +combat collaboratif+, tous les véhicules et tous les échelons partagent leurs informations et agissent comme une seule entité», relève le Directeur général de l'armement, Laurent Collet-Billon.

Lorsqu'un blindé sera désigné laser, l'alerte sera ainsi donnée à tous les véhicules en réseau et le système de combat proposera immédiatement des orientations de tourelle et de tir en direction de l'ennemi. Ce Système d'information du combat Scorpion (SICS), dont une première version sera livrée en 2017, reliera les futurs véhicules de l'armée de Terre française, le Griffon (transport de troupes) - dont une maquette a été présentée au salon - et le Jaguar (engin de reconnaissance et de combat).

Robot «écuyer»

En 2017, l'armée française recevra aussi ses premiers missiles antichar MPP (Missiles de Moyenne Portée), successeurs du Milan, qui seront équipés d'une caméra visualisant leur trajectoire jusqu'à la cible. «Le tireur aura un retour image jusqu'au bout de la manoeuvre. Il pourra rediriger le missile en cas de risque collatéral», assure l'amiral Xavier Paitard, conseiller auprès du missilier MBDA.

Longtemps synonymes de science-fiction, les robots trouvent aussi de plus en plus d'applications dans le domaine militaire. Précurseurs, les Israéliens ont mis au point toute une gamme de véhicules sans pilote (blindés, bulldozers, camions) capables de manoeuvrer sur le champ de bataille, neutraliser des engins explosifs ou transporter du matériel.

Innovation française, le robot sur roues tous terrains «Baudet» propose quant à lui de transporter tout le barda du soldat en le suivant à la trace, grâce à un système de mémorisation de la forme des jambes. (afp/nxp)

Créé: 15.06.2016, 12h08

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.