Le sommet de l'Otan accaparé par Trump

BelgiqueLe président américain a monopolisé l'attention lors de la réunion de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Trump a suggéré aux Alliés d'accroître leurs dépenses militaires.

Trump a suggéré aux Alliés d'accroître leurs dépenses militaires. Image: AFP

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Le premier jour du sommet de l'OTAN a sans surprise été dominé mercredi par la question des efforts de défense, au coeur d'un bras de fer entre Donald Trump et ses partenaires qui ont insisté sur l'importance de préserver l'unité de l'alliance militaire. Le président américain a suggéré aux Alliés d'accroître leurs dépenses militaires à 4% de leur PIB, soit bien au-delà de l'objectif de 2% qui leur est fixé pour 2024.

Au terme d'une journée au cours de laquelle le président américain aura soufflé le chaud et le froid, les 29 dirigeants réunis à Bruxelles se sont une nouvelle fois engagés à consacrer d'ici 2024 au moins 2% de son PIB à leur budget défense.

Dans une déclaration commune, ils réaffirment leur «attachement inébranlable» aux objectifs fixés en 2014, sources de tension avec M. Trump, qui estime que les efforts de ses alliés à prendre leur part «du fardeau» sont trop lents. Selon un responsable de la Maison Blanche, le président américain a demandé à ses partenaires - en vain - un effort supplémentaire et de porter leurs dépenses militaires à 4% du PIB, une demande déjà formulée par le passé.

Virulente charge contre l'Allemagne

M. Trump avait donné le ton de la rencontre dès les premières heures de la journée, en estimant que les Etats-Unis «payaient beaucoup trop» et que le système actuel était «disproportionné et injuste» pour le contribuable américain. Lors d'un entretien avec le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, il s'en était également pris à l'Allemagne, qu'il avait accusée de ne pas tenir ses engagements budgétaires et d'être «prisonnière» de Moscou.

«Nous protégeons l'Allemagne, la France. Nous protégeons tous ces pays», a-t-il souligné. Et certains d'entre eux vont signer un contrat de gazoduc avec la Russie et des milliards de dollars vont dans leurs caisses«, visant explicitement Berlin et le projet de gazoduc Nord Stream 2 qui doit relier la Russie à l'Allemagne via la Baltique, un projet qui inquiète Washington.

»Donc nous sommes supposés vous protéger contre la Russie et vous lui donnez des milliards de dollars, je pense que c'est très inapproprié«, a-t-il ajouté. En fin d'après-midi, le président américain est apparu souriant aux côtés de son homologue français Emmanuel Macron avec lequel il a eu un entretien »dans une ambiance amicale« selon l'Elysée, qui a précisé que Donald Trump avait rappelé son »attachement personnel à l'Europe«.

»Partenariat essentiel«

Réclamé de longue date par Washington, un rééquilibrage de l'effort de défense entre alliés de l'OTAN a pris une nouvelle dimension sous l'administration Trump qui a fait monter ces derniers mois la pression sur ses partenaires.

Selon des chiffres publiés mardi par l'OTAN, en 2017 seuls les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Estonie, la Grèce et la Pologne ont atteint les 2% du PIB en matière d'effort de défense. La Lettonie, la Lituanie et la Roumanie devraient à leur tour atteindre ce seuil en 2018. La France table elle sur 2025.

»Nous sommes d'accord pour dire qu'à l'OTAN il n'y a pas de partage équitable des charges«, a reconnu Jens Stoltenberg. »Certains alliés souhaiteraient voir une augmentation plus rapide mais nous allons dans la bonne direction«, a-t-il ajouté appelant à préserver »en dépit des désaccords et des discussions franches« l'unité de l'alliance dans un contexte incertain. »L'OTAN est une bonne alliance (...), tant que nous sommes unis, nous préserverons cet environnement sécuritaire qui nous est cher à tous«, a-t-il déclaré.

Macédoine invitée

Au-delà de l'effort de défense, d'autres questions seront abordées par les 29 chefs d'Etat et de gouvernement, qui ont invité officiellement la Macédoine à entamer des négociations d'adhésion à l'Alliance et ont fait part de leur inquiétude face aux menaces posées par la Russie, l'Iran et la Corée du Nord.

Après un dîner de travail organisé mercredi au musée d'art et d'histoire du Cinquantenaire de Bruxelles, la journée de jeudi sera rythmée par une réunion sur la sécurité en mer Noire et une autre sur la mission »Resolute Support" en Afghanistan en présence du président afghan Ashraf Ghani. (ats/nxp)

Créé: 11.07.2018, 19h23

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