Le sacre de l’Abkhazie au Mondial de football

Mondial alternatifKurdes, Chypriotes turcs, Sicules, Arméniens de la diaspora, Chagossiens, Padaniens… Les nations non agréées ont leur Coupe.

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Difficile de passer à côté: le monde du football est en effervescence. Pas seulement sur le Vieux-Continent, où l’Euro démarre vendredi en France. Outre-Atlantique, la Copa América bat son plein depuis vendredi dernier. Pourtant, parmi tous ces fans du ballon rond, bien peu ont entendu parler de la finale de Coupe du monde qui s’est tenue ce dimanche à Soukhoumi, sur la côte de la mer Noire. Jouant sur ses propres terres, l’équipe d’Abkhazie a de justesse décroché le titre – aux tirs au but – face aux redoutables «lions» du… Panjab!

Vous l’aurez compris, ce tournoi-là n’est pas agréé par la FIFA. C’est d’ailleurs sa raison d’être: les douze équipes sélectionnées représentent des «nations» qui ne peuvent pas être affiliées à la principale fédération sportive internationale. Etats non reconnus, régions autonomes, minorités, peuples sans terre, tous font partie de la Confédération d’associations de football indépendantes (ConIFA). Il y a même des Suisses: les Grisons du FA Raetia, qui chantent leur hymne en romanche. Ils ont terminé avant-derniers.

Tour du monde des tensions

Sous ses airs de tournoi gentiment fantasque, cette «Coupe des refusés» est une sorte de tour du monde des points de tension géopolitique. Le match d’ouverture, il y a dix jours, opposait les Kurdes (dont le territoire est à cheval sur la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie) aux Sicules de Transylvanie, ces Hongrois enclavés en Roumanie. Quant à l’Abkhazie, cette région séparatiste de Géorgie a décrété son indépendance en 1992 et vit sous protection russe depuis la guerre de 1993.

Au troisième rang du tournoi, les Chypriotes turcs (dont la république du nord de l’île n’est reconnue que par Ankara) ont damé le pion à la Padanie… c’est-à-dire la patrie que fantasment en Italie les autonomistes de la Ligue du Nord dans la plaine du Pô.

Ce Mondial alternatif se veut pourtant apolitique, selon les organisateurs. L’objectif est de permettre à tous de jouer au football et non pas seulement à ceux dont le pays correspond aux critères de la FIFA. Il y a deux ans, la toute première Coupe du monde de la ConIFA, mise sur pied par les Lapons à Östersund, en Suède, a certes été remportée par… le Comté de Nice. Juste devant l’île de Man, «dépendance» britannique située entre Angleterre, Irlande du Nord, Ecosse et Pays de Galles.

Grisons en bonne compagnie

Impossible, cependant, de nier toute implication politique quand participe au tournoi l’«Arménie occidentale», c’est-à-dire la diaspora qui a fui la Turquie actuelle et réclame la reconnaissance du génocide de 1915. Et que dire de l’équipe des Chagossiens, population de l’océan Indien chassée de ses atolls par les administrateurs britanniques pour installer une base militaire des Etats-Unis sur l’île de Diego Garcia? Nos Grisons, décidément, étaient en bonne compagnie!

(TDG)

Créé: 06.06.2016, 21h27

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