Le pape condamne l'intégrisme

Benoît XVI au LibanLe pape Benoît XVI est arrivé vendredi à Beyrouth pour sa première visite au Liban. Le souverain pontife a rejeté le fondamentalisme et appelé à la tolérance dans une région marquée par le conflit sanglant en Syrie et la montée de l'islamisme.

Le Pape Benoît XVI accueilli avec des fleurs à l'aéroport Rafiq Hariri, à Beyrouth. Il est le troisième pape à se rendre au Liban après Paul VI en 1964 et Jean Paul II en 1997.

Le Pape Benoît XVI accueilli avec des fleurs à l'aéroport Rafiq Hariri, à Beyrouth. Il est le troisième pape à se rendre au Liban après Paul VI en 1964 et Jean Paul II en 1997. Image: ARCHIVES/AFP

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Cette visite, la quatrième de Benoît XVI au Proche-Orient et son 24e déplacement à l'étranger, est l'un des voyages les plus délicats du souverain pontife, âgé de 85 ans. Il est apparu souriant et ému à la descente de son avion qui a atterri à 12h40 suisses à l'aéroport international de Beyrouth.

Dans un contexte de violences incessantes en Syrie, il a réclamé la fin des livraisons d'armes à ce pays voisin du Liban où le conflit entre le régime et des opposants armés aurait causé la mort de plus de 27'000 personnes, en majorité des civils. «L'importation d'armes doit cesser une fois pour toutes. Car sans importation d'armes la guerre ne pourrait continuer», a-t-il déclaré.

«Fasification de la religion»

Deux jours après une attaque sanglante en Libye dans laquelle l'ambassadeur des Etats-Unis a péri et des manifestations violentes notamment en Egypte et au Yémen après la diffusion d'un film américain dénigrant l'islam, le pape s'est élevé contre le fondamentalisme.

«Le fondamentalisme est toujours une falsification de la religion», a-t-il dit aux journalistes qui l'accompagnaient dans son avion entre Rome et Beyrouth. Jugeant «positif» le «cri de liberté» du Printemps arabe qui a entraîné la chute de régimes dictatoriaux et l'arrivée au pouvoir de partis islamistes, le pape a mis en garde contre le risque «d'oublier un aspect fondamental de la liberté, la tolérance envers l'autre».

Le pape a été accueilli par les dirigeants libanais, dont le président de la République Michel Sleimane, seul chef d'Etat arabe chrétien, ainsi que des dignitaires religieux et diplomates. Le long de la route de l'aéroport, des centaines de personnes dont des femmes en tchador et des scouts affiliés au Hezbollah pro-iranien en uniforme se sont rassemblés pour saluer son passage.

D'importantes forces de sécurité étaient déployées sur cette route, où les drapeaux du Vatican et du Liban ont été hissés sur des poteaux électriques. Des photos du pape et du président Sleimane étaient aussi placardées. Les cloches des églises du pays entier ont retenti en hommage au pape, qui a été également salué par 21 salves de canons.

Résister à l'exil

Quinze ans après la visite historique de son prédécesseur très populaire, Jean Paul II, il a repris l'expression de ce dernier, qualifiant à son tour de «message» la coexistence au Liban de nombreuses communautés, dont 35% de chrétiens et près de 65% de musulmans.

«L'heureuse convivialité, toute libanaise, doit démontrer à l'ensemble du Moyen-Orient et au reste du monde qu'à l'intérieur d'une nation peuvent exister la collaboration entre les différentes Eglises (...) et dans le même temps, la convivialité et le dialogue religieux entre les chrétiens et leurs frères d'autres religions».

Le souverain pontife devait ensuite se rendre à la Basilique de Saint-Paul à Harissa, long vaisseau ultra-moderne au nord de Beyrouth surplombant la mer, où il va signer «l'exhortation apostolique», fruit du synode sur le Moyen-Orient qu'il avait présidé en 2010. Cette exhortation devrait lancer un appel fort aux chrétiens à résister à la tentation de l'exil, qui s'est accentué depuis le début en 2011 du Printemps arabe.

Temps fort samedi

Un des moments forts de sa visite sera la rencontre avec les jeunes, chrétiens et musulmans, samedi à 17h00 à Bkerké, siège patriarcal maronite (Eglise catholique orientale). Le même jour, il rencontrera au palais présidentiel les responsables politiques et religieux dont les chefs des communautés musulmanes (sunnite, chiite, alaouite et druze).

La visite sera clôturée dimanche matin par une messe solennelle sur une esplanade en plein air sur le front de mer, où quelque 75'000 places assises sont prévues. Des milliers de personnes pourront aussi assister à la messe debout. (ap/nxp)

Créé: 14.09.2012, 17h14

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