Le nouveau cabinet Netanyahu, pro-colons, obtient l'investiture

IsraëlLe nouveau gouvernement israélien de coalition de Benjamin Netanyahu, qui s'annonce intransigeant sur la colonisation, a été investi lundi par la Knesset. Il a remporté une large majorité, deux jours avant la visite historique de Barack Obama.

Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël était prêt à «mener des négociations avec un partenaire palestinien désireux de le faire de bonne foi».

Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël était prêt à «mener des négociations avec un partenaire palestinien désireux de le faire de bonne foi». Image: Keystone

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Fruit des élections législatives du 22 janvier, ce cabinet est soutenu par une large alliance formée autour de la coalition Likoud-Beitenou et allant des centristes de Yesh Atid, le parti de Yaïr Lapid, et de Hatnuah, le mouvement de Tzipi Livni, aux ultranationalistes de Bayit Yehudi («Le Foyer juif»), conduit par Naftali Bennett.

Les 68 élus de la coalition, sur les 120 membres du parlement monocaméral, ont tous voté pour le nouveau cabinet.

«La principale priorité du nouveau gouvernement est la défense et la sécurité de l'Etat et de ses citoyens», a déclaré le Premier ministre lors de la cérémonie, citant les «très graves menaces» provenant selon lui d'Iran et de Syrie.

Plus de modérés, mais

La composition du nouveau cabinet inclut plus de modérés que le précédent. Pour la première fois en dix ans, aucun des mouvements juifs orthodoxes n'aura de représentant au gouvernement.

Mais la présence à des postes-clés de ministres qui soit vivent eux-mêmes dans des implantations juives de Cisjordanie, soit les soutiennent, pourrait entraver une éventuelle relance du processus de paix avec les Palestiniens.

Benjamin Netanyahu a toutefois répété une phrase déjà employée dans de grands discours de politique générale, en promettant que le gouvernement «tendait la main en paix» aux Palestiniens.

«Les constructions se poursuivront»

Nommé dimanche, le nouveau ministre de la Défense Moshe Yaalon, membre du Likoud de Netanyahu, s'oppose cependant à toute restriction des constructions neuves, restriction que l'Autorité palestinienne présente comme condition préalable nécessaire à un retour à la table des négociations.

Le nouveau ministre du Logement et des Constructions, Uri Ariel, élu sous l'étiquette Bayit Yehudi, vit lui dans une implantation juive et a prévenu dans une interview télévisée que «les constructions se poursuivront conformément à la politique suivie par le gouvernement jusqu'ici».

Israël «construira en Judée-Samarie plus ou moins comme il l'a fait auparavant. Je ne vois pas de raison de changer cela», a-t-il ajouté, en utilisant le nom biblique des territoires occupés par Israël en 1967.

Négociations gelées

Les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens sont gelées depuis 2010 en raison de cette politique de construction de colonies. Un demi-million environ de colons juifs sont installés en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, vivant à côté de 2,5 millions de Palestiniens.

Avant les élections, Benjamin Netanyahu a accéléré les projets d'implantations dans les territoires après la reconnaissance implicite d'un Etat palestinien souverain par l'Assemblée générale de l'ONU fin novembre.

En décembre et janvier, Israël a annoncé son intention de construire plus de 11'000 logements neufs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près du double des 6800 construits sous le précédent gouvernement Netanyahu depuis mars 2009, selon les chiffres du mouvement La Paix maintenant.

Tout projet doit être validé par le ministère de la Défense, sous la responsabilité désormais de Moshe Yaalon. Son prédécesseur, Ehud Barak, qui s'est retiré de la vie politique, a souvent été accusé par le mouvement des colons de freiner les projets de développement.

Visite d'Obama

La question des implantations sera nécessairement à l'ordre du jour des discussions que le président américain Barack Obama, attendu mercredi en Israël, aura avec ses interlocuteurs dans l'Etat hébreu mais aussi en Cisjordanie et en Jordanie.

Elle animera aussi les débats du futur conseil des ministres puisque Yaïr Lapid, ancien journaliste de télévision qui a créé la sensation en janvier en portant son parti Yesh Atid à la deuxième place, a réclamé une reprise des pourparlers de paix avec les Palestiniens. (ats/afp/nxp)

Créé: 18.03.2013, 19h49

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