Le gourou qui défie la justice et la nature

IndePour célébrer les 35 ans de sa fondation, Sri Sri Ravi Shankar n’a pas été très respectueux des préceptes qu’il prône.

Sri Sri Ravi Shankar, le gourou indien.

Sri Sri Ravi Shankar, le gourou indien. Image: AP

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C’est l’un des gourous indiens les plus célèbres du monde. En Inde et ailleurs, Sri Sri Ravi Shankar draine près de 300 millions d’adeptes avec son discours sur la non-violence. Son organisation, Art of Living Foundation, enseigne des techniques de respiration et de méditation pour endiguer le stress, avec la promesse d’une paix intérieure. Et pourtant, en célébrant le 35e anniversaire de sa fondation sur les bords du fleuve Yamuna, au nord de New Delhi, Sri Sri Ravi Shankar suscite l’affolement des écologistes, de la police locale et de chercheurs de l’IIT Delhi, l’une des meilleures écoles d’ingénieurs du pays.

Trois millions de personnes attendues

Trois millions et demi de spectateurs sont attendus durant ce rassemblement qui a commencé hier et s’achèvera dimanche. Trois mille artistes sont convoqués pour ce raout spirituel.

Problème: le lieu de la fête est une zone naturelle sensible, que les travaux d’aménagement en vue des festivités ont endommagée. La Yamuna est un fleuve mourant, l’un des plus pollués du monde. Le mois dernier, le National Green Tribunal (Tribunal national de l’environnement) a commandé un rapport d’experts.

Végétation rasée au bulldozer

L’un des auteurs, le professeur Gosain, de l’IIT, est formel: «Ils ont envoyé des bulldozers pour raser la végétation. Ensuite ils ont consolidé le terrain pour y poser une scène gigantesque, explique-t-il. Ces travaux de terrassement vont empêcher les eaux du fleuve de s’infiltrer dans le sous-sol et gêner l’alimentation des nappes phréatiques. New Delhi n’a pas besoin de cela puisque le niveau des nappes est déjà très bas.» Le rapport note également que les déchets résultant des travaux ont été entreposés à la va-vite non loin de là, au lieu d’être triés et recyclés. Il faudrait au moins 14 millions de francs pour réhabiliter le terrain.

Crainte de la bousculade

Il n’y a pas que les experts qui s’inquiètent. La police de New Delhi a prévenu que, faute d’aménagements adéquats, une «bousculade» était à craindre. Sans surprise, le Tribunal national de l’environnement a condamné, mercredi, la fondation de Sri Sri Ravi Shankar à payer une amende de 50 millions de roupies (736 000 francs) avant la manifestation, une somme qui pourrait être revue à la hausse selon les dommages constatés à l’issue du rassemblement.

Mais au lieu de plier, le gourou a juré qu’il préférait aller en prison plutôt que de payer. Avec des millions d’adeptes derrière lui, il a les moyens de se faire entendre, si bien que vendredi, la Cour lui a proposé un compromis, lui demandant de s’acquitter de 2,5 millions de roupies immédiatement et de régler le reste de l’amende sous trois semaines.

Emmanuel Derville New Delhi

(TDG)

Créé: 11.03.2016, 20h52

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