Le «couple de la Contrescarpe» condamné

Affaire BenallaLes deux trentenaires par qui l'affaire Benalla est arrivée ont été condamnés vendredi à Paris à 500 euros d'amende chacun pour des violences contre des policiers.

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Deux trentenaires, dont l'interpellation brutale filmée le 1er mai 2018 est à l'origine de l'affaire Benalla, ont été condamnés vendredi à Paris à 500 euros d'amende chacun pour des violences contre des policiers ce jour-là. Ils avaient été baptisés le «couple de la Contrescarpe» par la presse française.

Le vendeur grec et la graphiste française avaient reconnu avoir jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre place de la Contrescarpe à Paris, dans le quartier Latin, où un rassemblement avait dégénéré après une journée de manifestations émaillée de violences. Aucun policier n'avait été atteint par les projectiles et aucun n'a porté plainte.

Il y a «peu de risques» que le couple «recommence», a expliqué la juge unique du tribunal correctionnel. «On peut penser que ce qui a suivi cet évènement a déjà développé votre conscience de la gravité des faits», a-t-elle dit aux deux prévenus.

«Nous pouvons considérer que le tribunal nous a entendus, nous ne ferons pas appel», a réagi l'avocat des jeunes gens, Sahand Saber. Le parquet avait requis deux mois d'emprisonnement avec sursis et 400 euros d'amende, dénonçant des faits «graves et inadmissibles».

«Acte irréfléchi»

Devant le tribunal, les deux jeunes gens à l'air sage, baptisés «couple de la Contrescarpe» par la presse, avaient redit leurs «regrets». Inconnus auparavant de la police et de la justice, ils ont répété être sortis boire un verre pour fêter six ans de vie commune avant de se retrouver pris dans des heurts.

Le jeune homme a reconnu avoir jeté une carafe d'eau vers les CRS et sa compagne un objet qui pourrait être un cendrier puis une bouteille en plastique. La graphiste a décrit «un acte irréfléchi» après des provocations des CRS suivies par une charge de ces policiers dont elle n'a pu expliquer la raison.

«Il y avait de la fumée partout, on a perdu le contrôle», a affirmé la jeune femme. «Nous n'avons jamais voulu faire de mal - on sait qu'on aurait pu», a-t-elle assuré. «Nous ne sommes ni manifestants ni fauteurs de trouble, on regrette vraiment».

Une version à laquelle n'adhère pas la procureure, qui estime que le couple «savait que ça pouvait dégénérer», l'ambiance n'étant pas «paisible» sur la place. L'exploitation des vidéos montre que «les CRS ne sont pas vraiment en train de vous charger», a aussi remarqué la juge.

Début de l'affaire Benalla

Peu après ces jets de projectiles, le couple avait été filmé en train d'être rudoyé par Alexandre Benalla, présent aux côtés des forces de l'ordre en qualité d'«observateur», et Vincent Crase, gendarme réserviste alors employé de La République en marche, point de départ du scandale qui ébranle l'exécutif depuis l'été. Les deux hommes avaient remis les jeunes gens à la police. (afp/nxp)

Créé: 08.02.2019, 16h00

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