La francophonie reprend du poil de la bête

ÉtudeLa dernière étude sur l'usage du français dans le monde chasse les idées reçues et ouvre de nouvelles perspectives

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'étude que vient de rendre publique la francophonie balaie bien des idées reçues sur l’usage du français dans le monde. «Contrairement aux prévisions les plus pessimistes, la mondialisation n’a pas consacré la toute-puissance de l’anglais», constate Ridha Bouabid, l’ambassadeur de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) auprès de l’ONU à Genève.

Le pavé de 550 pages qui a atterri sur le bureau du Sénégalais Abou Diouf à la veille de son départ de la présidence de l’OIF est le résultat «d’un long processus d’évaluation» mené de façon quasi scientifique. Il abonde de chiffres et dresse un tableau nuancé de la situation. Le français est aujourd’hui la cinquième langue la plus parlée dans le monde avec 274 millions de locuteurs, la quatrième langue la plus utilisée sur internet et la deuxième langue la plus apprise au monde.

Dépouillée de ses privilèges, la langue de Molière brille peut-être moins en Europe mais elle reste une alternative solide à l’anglais dans plusieurs régions du monde et notamment en Afrique. Entre 2010 et 2014, le nombre de francophones à travers le monde a progressé de 7%. Mais lorsqu’on affine les chiffres, on s’aperçoit que cette tendance est encore plus marquée dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest (+30%) et de l’Afrique subsharienne (+15%).

Dans ce contexte, le principal défi à relever dans les années qui viennent sera celui de l’enseignement du français. L’étude montre une attente qu’il ne faudra pas décevoir notamment en Asie du Sud-Est. Ce qui dans un contexte de restrictions budgétaires va demander une vraie volonté politique pour soutenir les réseaux d’enseignement du français (L’Agence universitaire de la francophonie, les Alliances françaises et les Instituts français). Le successeur d’Abdou Diouf, qui sera désigné à l’issue du Sommet de la francophonie qui se tient à Dakar les 28 et 29 novembre prochain, aura du pain sur la planche.

Si l’étude qui vient d’être rendue publique ne s’étend pas sur la dimension politique de la francophonie, cheval de bataille du président français Nicolas Sarkozy lorsqu’il était aux affaires, elle s’attarde en revanche sur la thématique voisine de la francophonie économique. Selon l’étude, la progression est de 22% supérieure lorsque deux pays parlent la même langue. A l’heure où tout le monde cherche où sont cachés les possibles points de croissance, cette information ouvre de vraies perspectives. «Nous avons toutes les raisons de développer les échanges au sein de l’espace francophone», affirme Ridha Bouabid.

Pour Henri Monceau, chef de la délégation Wallonie-Bruxelles au sein de la Mission permanente de Belgique auprès de l’ONU, «les changements de paradigmes» qui accompagnent la mondialisation des échanges appellent de nouvelles approches. «Il faut aller au-delà de la francophonie institutionnelle et redéfinir les contenus», dit ce dernier. Cette francophonie décomplexée est déjà en marche. En juillet 2015 se tiendra à Liège le premier Forum francophone de l’innovation. Autre première, la création du Forum économique de la francophonie qui sera inauguré à Dakar le 1er décembre prochain.

S’il demeure très attaché à la dimension «humaniste» de la francophonie, celle qui lui tient le plus à cœur, Abdou Diouf, achève son dernier mandat à la tête de l’OIF sur cette conviction que le développement de l’Afrique passe par celui de la langue française. Dans «la course de vitesse entre croissance démographique et scolarisation de qualité, développement durable endogène et ouverture croissante aux échanges internationaux, vitalité des expressions culturelles propres et dialogue interculturel», elle pourrait être la clef, suggère-t-il dans la préface de cette étude.

Créé: 07.11.2014, 19h27

Vidéo

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Coronavirus: le Salon des inventions de Genève reporté en septembre
Plus...