L'armée française poursuit son offensive au Mali

Raids aériensL'offensive française contre les islamistes au Mali se poursuit. Des avions français ont bombardé des cibles dans plusieurs localités du nord du pays. Londres va apporter un soutien logistique à la France.

Des avions français ont bombardé des cibles dans plusieurs localités du nord du Mali.

Des avions français ont bombardé des cibles dans plusieurs localités du nord du Mali. Image: AFP

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La France a poussé dimanche son offensive aérienne contre les rebelles islamistes dans le nord du Mali en bombardant leurs positions à Gao et à Kidal. Les frappes se poursuivront dans les prochains jours, mais les pays africains sont priés de seconder Paris.

Quatre Rafale français ont pris pour cibles des camps d'entraînement, des infrastructures et des dépôts logistiques dans les environs de Gao, la principale ville de la vaste région désertique dont se sont emparés les islamistes en avril dernier, a annoncé dans la journée le ministère français de la Défense.

Son ministre Jean-Yves Le Drian a déclaré que cette campagne de bombardements aériens se poursuivrait dans les prochains jours.

A Gao, ville de sable sur les rives du fleuve Niger, des habitants soumis depuis des mois à la loi islamique ont rapporté que des avions de chasse et des hélicoptères avaient bombardé l'aéroport et les positions rebelles. Une énorme colonne de fumée s'élevait au dessus du camp de base des islamistes dans le nord de la ville.

«Il n'y a pas un seul islamiste aujourd'hui dans la ville. Ils ont fui», a ajouté un enseignant sur place.

Des frappes aériennes ont aussi visé une importante base islamiste près de Kidal, à plus de 1500 km de Bamako, dans l'extrême nord-est du pays, selon une source de sécurité régionale. Aghabo est une base importante du groupe islamiste Ansar Dine, où se trouvent des dépôts de munitions et de carburant. Kidal a été la première ville conquise par les touareg et les groupes islamistes en mars 2012.

Un porte-parole des rebelles a encore fait état de bombardements français sur les communes de Léré et Douentza.

L'intervention de la France a déjà permis à l'armée malienne de reprendre la ville de Konna où le calme est revenu dimanche.

Soutien logistique

Paris a déployé environ 550 militaires au Mali, répartis entre Bamako et Mopti, 500 km plus au nord, a précisé M. Le Drian. Il a ajouté que les Etats-Unis allaient aider «à la fois en terme de renseignement et en terme de soutien, et logistique et de ravitaillement en vol». Le soutien logistique britannique se précise aussi. Le premier avion de transport militaire devait décoller du Royaume-Uni dimanche, selon les autorités à Londres.

La progression des groupes islamistes vers le sud du Mali est stoppée et la France a commencé à «s'occuper des bases arrières des terroristes» dans le nord», a déclaré dans la soirée le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius à plusieurs médias.

Le ministre a encore indiqué que l'Algérie avait autorisé le survol de son territoire par les avions français en route vers le Mali.

Appel du pied

François Hollande insiste, lui, sur le fait que cette intervention vise uniquement à préparer le terrain au déploiement d'une force régionale destinée à appuyer la reconquête du nord par l'armée malienne, dans le cadre du mandat conféré par la résolution 2085 adoptée en décembre dernier par le Conseil de sécurité de l'Onu.

La France presse la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) d'accélérer l'envoi de ses troupes au Mali.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, dont le pays exerce la présidence tournante de la Cédéao, a enclenché la procédure permettant l'envoi de 3'300 militaires ouest-africains promis notamment par le Sénégal, le Niger et le Burkina Faso.

Mais les experts militaires doutent de la capacité des forces africaines à reconquérir le nord. Le Nigeria, qui est censé prendre la tête de la force de la Cédéao, a d'ailleurs laissé entendre qu'il faudrait du temps pour équiper et former ce contingent.

Calme à Bamako

A Bamako, la capitale du Mali, les habitants s'emploient à contribuer à l'effort de guerre. Dans les rues calmes de la ville, certaines voitures arborent des drapeaux français pour remercier l'ancienne puissance coloniale de son intervention.

Au nord, à Tombouctou, où les jihadistes ont mené ces derniers mois lapidations et amputations, un enseignant a fait état d'un «début de panique» parmi les familles des islamistes partis au combat, assurant que «beaucoup essayent de partir dans le désert». (ats/nxp)

Créé: 13.01.2013, 19h30

Sans intervention, Bamako tombait en quelques jours

Sans intervention extérieure, les rebelles islamistes auraient fait tomber la capitale malienne en deux ou trois jours, a estimé dimanche le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. «Il y avait nécessité d'agir de manière rapide», selon lui.

«Il y a eu une accélération spectaculaire de l'action de ces groupes depuis jeudi» au Mali. «Si personne n'intervenait, c'est Bamako qui tombait deux ou trois jours après», a précisé M. Le Drian.

Les opérations françaises au Mali «ne sont pas finies», a-t-il ajouté. «Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain». Il a indiqué ne pas savoir quand les raids se termineraient.

Les militaires maliens ont reçu vendredi l'appui de forces françaises avec des moyens aériens et ils ont repris la ville de Konna, qui était tombée la veille entre les mains des islamistes.

Les combats ont fait 11 morts et une soixantaine de blessés dans les rangs de l'armée malienne, selon le président malien Dioncounda Traoré. Un officier français, pilote d'hélicoptère, a aussi été tué.

Aucun bilan n'a été communiqué pour le camp des jihadistes, mais l'armée malienne a évoqué une centaine d'islamistes tués à Konna. Une source sécuritaire régionale a indiqué dimanche qu'un haut responsable du groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l'Islam), Abdel Krim, dit «Kojak», a été tué à Konna dans les affrontements de vendredi et samedi.

«Les combattants islamistes ont subi un véritable revers avec la mort d'Abdel Krim», selon cette source.

Ansar Dine est l'un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali depuis juin, avec les jihadistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO). Tous prônent l'application de la charia, au nom de laquelle ils commettent de nombreuses exactions.

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