François Hollande est en voie de «sarkoïsation»

PresseFrançois Hollande, qui a reconnu dans un discours devoir affronter «une crise d'une gravité exceptionnelle», a mis fin au «discours fondé sur la patience et l'attente» selon les éditorialistes.

François Hollande.

François Hollande. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«En expliquant que la crise est d'une gravité +exceptionnelle+ et en se refusant à incriminer son prédécesseur, François Hollande solde sa campagne électorale», estime Paul-Henri du Limbert (Le Figaro).

Selon l'éditorialiste, le chef de l'Etat n'a plus le choix, il «doit poursuivre la politique entamée (par Nicolas Sarkozy, ndlr). Bref, (...)» aller qu'il le veuille ou non contre sa nature et contre ses promesses, sous peine de voir une crise exceptionnelle déboucher sur une exceptionnelle faillite.

Le Monde poursuit la comparaison avec le quinquennat de Nicolas Sarkozy et souligne que »contrairement à ses prédécesseurs, (François Hollande) a été élu sans promettre la lune en matière économique«.

Néanmoins, le journal du soir exhorte le président à »arbitrer et trancher«. »Il l'avait fait avec sérieux au printemps. Il doit le faire avec courage à l'automne. Le plus dur n'est pas derrière lui, mais devant«, met en garde le quotidien.

Urgence

»Le chef de l'État a peut-être compris que cette stratégie d'attentisme, de mutisme, de signaux sibyllins ne faisait pas une politique«, espère Yves Harté (Sud-Ouest).

La pancarte brandie à la vue du président : Le changement, c'est pour quand ?, repérée par Hervé Favre (La Voix du Nord), est venue rappeler à François Hollande que »le discours fondé sur la patience et l'attente ne passe plus, selon Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute-Marne) . Le mot qui écrase tous les autres aujourd'hui est +urgence+«.

Face à la »multiplication des déplacements sur le terrain et (les) interventions télévisées«, Jacques Camus (La République du Centre) observe une +sarkoïsation+ du style Hollande», qui doit désormais surmonter «le temps des +jours sans+, après les cents jours».

François Martin (Midi-Libre) livre une analyse identique et voit Hollande, «confronté à une sévère baisse de popularité, (...) partir à la reconquête de l'opinion» et se lancer «à corps perdu dans une séquence stakhanoviste digne du meilleur Sarkozy, après un été pépère».

Fin de la normalité

Ce «registre du père tranquille», le président ne peut plus s'y cantonner selon Rémi Godeau (L'Est Républicain), tant «la méthode hollandaise est malmenée».

L'éditorialiste solde son propos par un constat cinglant : «la normalité a vécu».

A Francis Laffon (L'Alsace) de se demander alors quand viendra «le moment où l'on saura si le président +normal+ est aussi homme d'État.» (afp/nxp)

Créé: 01.09.2012, 10h05

Articles en relation

La fin de l'état de grâce pour Hollande

France Hausse du chômage, flambée du prix des carburants, crise européenne... Dans un contexte de rentrée particulièrement difficile, la popularité du président François Hollande comme celle de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault sont en chute libre. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Berne: les poussins ne seront plus broyés mais gazés
Plus...