Emmanuel Macron veut protéger le Mont-Blanc

FranceLe chef de l'État français compte annoncer des mesures pour préserver le plus haut sommet européen, avant de se déplacer dans la région pour y constater la fonte des glaces.

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«Le massif du Mont-Blanc sera protégé»: Emmanuel Macron annoncera mercredi et jeudi des mesures pour préserver le massif du Mont-Blanc et son écosystème, menacés par la surfréquentation et les incivilités des visiteurs, a-t-il indiqué au «Dauphiné Libéré» et aux quotidiens du groupe Ebra.

Le chef de l'État fera ces annonces à l'occasion d'un Conseil de défense écologique mercredi suivi d'un déplacement dans les Alpes, où il pourra constater les dégâts du changement climatique en visitant la Mer de Glace, qui a spectaculairement reculé ces dernières années.

«Cette protection est compatible avec une fréquentation et avec une activité touristique mais elle doit être raisonnée», a-t-il expliqué. «Si le Mont-Blanc n'est plus le Mont-Blanc, alors ce sera fini, plus personne ne viendra. Nous devons donc réguler, mettre des interdits et utiliser nos pouvoirs de police environnementale pour former et réprimer si nécessaire».

Jeudi, après la visite du célèbre glacier au pied du mont Blanc, il prononcera un discours à Chamonix sur sa vision de l'action pour préserver la biodiversité, en évoquant les aires protégées, l'étalement urbain ou l'artificialisation des sols, selon l'Elysée.

Aires protégées

Ce déplacement dans les Alpes sera précédé par la tenue mercredi du 4e Conseil de défense écologique du quinquennat, qui va confirmer l'objectif d'une augmentation des aires protégées, qui passeront d'environ 22% actuellement à 30%. «Le conseil de défense écologique va ainsi augmenter les aires protégées pour couvrir 30 % de notre territoire par des classements en réserves naturelles, en parcs nationaux, en parcs naturels régionaux», a précisé le chef de l'État dans son interview.

Le Mont Blanc, qui culmine à 4809 m, sera davantage protégé par l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection naturelle, qui renforcera les règles sur la fréquentation, notamment l'été.

Emmanuel Macron avait été alerté par une lettre ouverte que lui a envoyée en septembre le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex. «Monsieur le Président, s'occuper des forêts en Amazonie, c'est très bien. Ignorer ce qui se passe sur le Mont-Blanc et laisser perdurer l'irrespect, ce n'est pas tolérable», lui écrivait-il.

Ces derniers étés, plusieurs incongruités sont venues marquer les ascensions du mont Blanc: l'atterrissage d'un avion de tourisme non loin du sommet pour que deux alpinistes suisses n'aient plus qu'à gravir les derniers mètres, un Britannique qui avait monté un rameur mais pas réussi à le redescendre, des Lettons qui avaient tenté de monter un mât de 10 mètres pour y faire flotter leur drapeau...

Mais ces quelques cas, médiatisés grâce aux réseaux sociaux, ne concernent qu'une poignée des quelque 20'000 personnes tentant l'ascension. Les autorités ont également décidé de rendre obligatoire la réservation en refuge, notamment pour lutter contre les bivouacs sauvages, interdits sur ce site classé.

Vallée de l'Arve polluée

Accompagné par la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne et la secrétaire d'État Emmanuelle Wargon, Emmanuel Macron se penchera sur l'impact du réchauffement climatique sur la biodiversité alpine au cours d'un dîner partagé mercredi soir dans un refuge avec des experts comme Jean Jouzel, Bernard Chevassus-au-Louis ou Camille Parmesan.

Il est également attendu par les associations locales sur les problèmes de qualité de l'air dans la vallée de l'Arve, lieu de passage de très nombreux poids lourds.

«Je ne peux pas interdire aux camions de passer», a-t-il lancé. Il faut selon lui une politique européenne de renouvellement du parc et de taxation des vieux camions qui polluent. «Si j'impose ce renouvellement seulement aux camions de la région, je les tue, car des camions viendront d'Espagne ou de Roumanie. La question est comment on oblige tous les roulants en Europe à renouveler leur parc», a-t-il plaidé. (afp/nxp)

Créé: 11.02.2020, 22h21

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