Des enfants de 12 ans seraient torturés en Syrie

Enquête de l'ONUDes enfants parfois âgés de 12 ans ont été torturés dans le conflit syrien. Des fillettes de 9 ans ont aussi été victimes de violences sexuelles de l'EI, selon une enquête de l'ONU.

Plus de 5 millions d'enfants sont déplacés ou réfugiés en raison du conflit syrien.

Plus de 5 millions d'enfants sont déplacés ou réfugiés en raison du conflit syrien. Image: archive/photo d'illustration/AFP

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Des enfants parfois âgés de 12 ans ont été torturés dans le conflit syrien. Des filles de 9 ans ont été victimes de violences sexuelles de l'État islamique (EI), selon un rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU publié jeudi à Genève.

Le gouvernement syrien a détenu et torturé des enfants «âgés seulement de 12 ans», déplore l'instance présidée par Paulo Sergio Pinheiro. Mais les groupes armés ne sont pas épargnés non plus sur cette question. La Commission d'enquête sur la Syrie demande à toutes les parties de poursuivre les responsables de tels actes.

De nombreux crimes contre l'humanité et crimes de guerre ont été perpétrés. Si le gouvernement et les unités qui le soutiennent sont responsables de la majorité des abus identifiés dans le rapport, «toutes les parties ont violé les droits» des jeunes Syriens, a fait remarquer devant la presse un membre de la Commission, Hanny Megally.

«Depuis le début du conflit, les enfants n'ont pas eu la protection à laquelle ils ont droit conformément au droit international», ajoute M. Pinheiro, qui se dit «scandalisé». Il est «impossible» d'évaluer le nombre d'entre eux qui ont été victimes mais cette situation va continuer à avoir un impact dans les prochaines années, selon lui.

Les enquêteurs dénoncent notamment la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU d'il y a un mois qui pourrait, selon eux, aboutir à une réduction de l'assistance humanitaire et provoquer des décès. Ils sont notamment préoccupés par la situation des personnes qui fuient Idleb.

Parfois contraints à lancer des exécutions

Autre problème, plus de 10'000 enfants sont retenus dans les zones du nord du pays, où sont arrivées plusieurs dizaines de milliers de personnes après les affrontements dans le dernier bastion de l'État islamique (EI). Ils sont parfois séparés de leurs parents, une situation dénoncée par la commission qui déplore cette attitude alors que «les États membres savent exactement ce qu'ils doivent faire».

Près de 30'000 sont également dans des camps de déplacés dans cette zone. Certains ont été rapatriés dans leur pays d'origine. La détention d'enfants ne devrait pas constituer la règle, disent aussi les trois membres de l'instance. D'autant plus qu'elle est utilisée pour obtenir des aveux sur l'attitude de leurs parents.

La commission rappelle aussi que des enfants ont été exécutés par l'EI ou parfois contraints eux-mêmes d'abattre des individus. Des jeunes filles ont été utilisées comme esclaves sexuelles et d'autres jeunes, parfois de 6 ans, ont été recrutés comme soldats. Dans leurs recommandations, les trois enquêteurs demandent à toutes les parties de s'engager par écrit à attribuer aux enfants une protection spéciale.

Plusieurs millions de déplacés

Au total, plus de 5 millions d'enfants sont déplacés ou réfugiés en raison du conflit syrien. Et plus de 2,1 millions sont déscolarisés. Karen AbuZayd, membre de la Commission d'enquête sur la Syrie, a appelé les autorités à oeuvrer pour rétablir les écoles dont beaucoup ont été détruites ou endommagées par des groupes armés.

Le rapport a été établi notamment sur les nombreux dialogues à distance menés par la commission qui n'a pas accès au territoire syrien. Des discussions plus directes ont lieu avec les réfugiés syriens dans d'autres pays, a aussi dit M. Megally.

De nombreux enfants qui ont été recrutés comme soldats font partie de ceux avec lesquels un dialogue a pu être lancé. Il faut parfois des années avant que les enfants parlent des abus dont ils ont été victimes. Plusieurs centaines d'entre eux ont été entendus. (ats/nxp)

Créé: 16.01.2020, 13h41

Forte mortalité infantile dans le camp d'Al-Hol

Plus de 500 personnes, principalement des enfants, sont mortes en 2019 en Syrie dans le camp d'Al-Hol, a annoncé une responsable locale. Ce site abrite des dizaines de milliers de déplacés, notamment des proches de djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

La malnutrition et le manque de soins médicaux pour les prématurés figurent parmi les principales causes de mortalité dans ce camp, géré par les autorités kurdes dans le nord-est syrien, a précisé à l'AFP Dalal Ismaïl, responsable du Croissant-Rouge kurde pour Al-Hol.

De nombreux enfants sont morts durant l'hiver «en raison du froid et du manque de moyens de chauffage adéquats». Parmi les enfants décédés figurent également des étrangers, a-t-elle indiqué.

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