Boire, manger… être connecté

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Il est plus facile de trouver, au fin fond du désert soudanais, des cartes SIM, des recharges et même des iPhone plutôt que de l’eau ou des vivres. Et c’est exactement la même chose au Kivu, au Groenland ou en Amazonie.

On en déduira aisément qu’il est donc plus important d’être connecté, d’envoyer et de recevoir des informations que de boire ou manger! En première analyse, on peut s’en réjouir: les contacts entre êtres humains priment, même sur les besoins élémentaires. Personne ne peut plus être isolé puisque à tout moment chacun peut appeler, être appelé, prendre connaissance d’informations nouvelles. On rappellera ici que dans Alep bombardée, les habitants réclamaient des moyens de communication pour s’informer de manière immédiate sur les bombardements et les avancées de l’ennemi, afin de pouvoir tenter de se protéger en fuyant les zones à risque pour des lieux plus sûrs.

Il y a quelques années à peine, lorsque je partais en vacances, j’envoyais une ou deux cartes postales à ma mère… qui les recevait généralement après mon retour! Aujourd’hui, je l’assure quasi quotidiennement de mon affection et, en lui envoyant des photos, lui permet presque de participer à mes voyages au bout du monde.

On peut encore songer aux possibilités d’appeler des secours immédiatement en cas d’accident de la route au lieu de marcher une dizaine de kilomètres jusqu’à la prochaine cabine téléphonique.

Mais sommes-nous pour autant plus proches les uns des autres? N’y a-t-il pas quelque chose de virtuel dans ces selfies envoyés d’un bout à l’autre de la planète, un sourire béat aux lèvres? Je crains d’un mésusage des iPhone et autres tablettes qu’ils n’accroissent en définitive l’isolement et le sentiment de solitude.

J’ai observé un jeune couple sur une terrasse: pendant plus d’une heure, ils ne se sont pratiquement pas adressé la parole, préférant surfer sur leurs engins. Au point que le jeune homme regardait souvent des photos de son amie plutôt que cette dernière en face de lui!

J’ai même vu une jeune femme danser, amoureusement collée contre son cavalier, avec son iPhone à la main…

Lorsque j’entends un passager dans le tram annoncer qu’il est à Bel-Air puis, trois minutes plus tard, qu’il est à la Jonction et, trois minutes plus tard encore, qu’il arrive au Petit-Lancy, je me demande bien l’intérêt de l’information pour son destinataire. Oui, il est bien en train de rentrer, et après?

C’est en tout cas d’une vacuité terrible et je crains de l’hyperconnectivité qu’elle ne nous éloigne les uns des autres plutôt que de nous rapprocher. Il faudra peut-être enseigner à l’école le bon usage du natel, pour éviter que les enfants ne confondent la vraie vie et les messages sur le réseau.

Excusez-moi, je viens de recevoir un message, je dois vous laisser!

Mais sommes-nous pour autant plus proches les uns des autres? (TDG)

Créé: 06.12.2018, 16h22

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