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Près de 80% des insectes volants ont disparu en Europe en 30 ans

Selon une étude allemande, la disparition massive des insectes volants serait liée aux nouvelles pratiques agricoles

La disparition des abeilles, très médiatisée, n’est que la pointe de l’iceberg.
La disparition des abeilles, très médiatisée, n’est que la pointe de l’iceberg.
Jean-Paul Guinnard

D’accord, ils sont parfois agaçants. Il n’empêche que l’étude allemande, révélée mercredi dans la revue scientifique PLOS One et détaillée par Le Monde, sur la disparition massive des insectes volants est très alarmante. Sur le Vieux-Continent, la population de ces petites bêtes aurait diminué de près de 80% en moins de trois décennies. Selon ces chercheurs, la disparition des abeilles, très médiatisée, n’est que la pointe de l’iceberg.

Les experts à l’origine de ce travail ont basé leurs analyses sur les captures d’insectes réalisées en Allemagne depuis 1989. Les données récoltées ont ensuite été généralisées aux autres pays d’Europe – qui bénéficient des mêmes conditions climatiques et agricoles. Les spécialistes estiment donc que le fruit de leur recherche reflète «une situation bien plus large. Si c’est effectivement le cas, alors nous sommes face à une catastrophe écologique imminente», explique Dave Goulson (Université du Sussex, Royaume-Uni), coauteur de ces travaux.

«La perte de ces insectes a des conséquences néfastes certaines sur le fonctionnement des écosystèmes, puisqu’ils jouent un rôle central dans de nombreux processus», rappellent les entomologistes en guise d’introduction, comme la régulation des forêts, le traitement des déchets naturels ou encore la chaîne alimentaire. A titre d’exemple, poursuit l’étude, «les 80% des plantes sauvages dépendent des insectes pour la pollinisation, tandis que 60% des oiseaux dépendent des insectes comme source de nourriture».

Déclin dramatique

«Nos résultats documentent un déclin dramatique des insectes volants, de 76% en moyenne et jusqu’à 82% au milieu de l’été, dans les aires protégées allemandes, en seulement vingt-sept ans, écrivent Caspar Hallmann (Université Radboud, Pays-Bas) et ses collègues. Cela excède considérablement le déclin quantitatif, estimé à 58%, des vertébrés sauvages depuis 1970.»

La disparition brutale des insectes volants ne peut être attribuée au réchauffement climatique, puisqu’une élévation de la température devrait théoriquement provoquer leur augmentation. Ni à des pathogènes naturels (virus, prédateurs…) car toutes les espèces sont touchées. La cause probable, estiment les scientifiques, est à chercher du côté des nouvelles pratiques agricoles et de son intensification. Le recours accru aux pesticides et autres engrais de synthèse, la disparition des haies qui entourent les champs, des friches et les nouvelles méthodes de protection des semences sont pointés du doigt.

En ligne de mire, l’enrobage des graines avec des insecticides néonicotinoïdes. Ces pesticides déjà surnommés les «tueurs d’abeilles» seraient dangereux pour l’ensemble des insectes volants. Une étude de l’Université et du Jardin botanique de Neuchâtel, publiée le 5 octobre dans la revue Science, révélait que sur 198 échantillons de miel provenant du monde entier analysés, les trois quarts contiennent des néonicotinoïdes. Pire, la plupart en cumulent plusieurs à la fois. A Bruxelles, des travaux sont en cours pour durcir l’interdiction de ces substances en Europe. Mais la bataille est loin d’être gagnée.

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