Au moins 27 civils tués dans des raids du régime

Syrie Selon une ONG, des frappes aériennes dans les provinces d'Idleb et d'Alep ont fait de nombreuses victimes mardi.

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Au moins 27 civils dont onze enfants ont été tués mardi par des bombardements du régime syrien contre des territoires aux mains des djihadistes dans les provinces d'Idleb et d'Alep, des secteurs pilonnés sans cesse depuis un mois, selon une ONG.

Rien que depuis dimanche, les frappes du régime et de l'allié russe ainsi que les tirs d'artillerie sur ces régions du nord-ouest du pays en guerre ont tué une cinquantaine de civils dont de nombreux enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Et les bilans meurtriers se succèdent quasi-quotidiennement, alors que plusieurs hôpitaux ou écoles ont été mis hors-service par les bombardements.

La grande partie de la province d'Idleb, ainsi que des secteurs des provinces voisines de Hama, d'Alep et de Lattaquié sont tenus par le groupe djihadiste, Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d'Al-Qaïda). Les prorégime contrôlent une partie du sud-est et de l'est d'Idleb, ainsi que la grande majorité des trois autres provinces.

Le régime de Bachar el-Assad n'a pas annoncé une offensive à proprement parler contre HTS, mais il a intensifié les bombardements contre les secteurs djihadistes et livré des combats au sol depuis fin avril, parvenant à reprendre plusieurs secteurs dans le sud de la province d'Idleb et dans le nord de Hama.

Mardi, au moins 27 civils dont onze enfants ont été tués dans les raids dans Idleb et Alep, selon l'OSDH. Dans la localité de Kafr Halab, dans l'ouest de la province d'Alep, onze civils ont péri sur une rue commerçante. Celle-ci était bondée au moment de la frappe, selon un correspondant de l'AFP sur place. Des morceaux de chair gisaient au sol. Des voitures et des commerces ont été entièrement détruits, les rideaux de fer des devantures tordus au milieu des décombres calcinés.

Risque d'arrêt de l'aide

Des habitants ont enterré les victimes dans le cimetière de la localité, les hommes transportant les corps et récitant les prières avant l'inhumation. Au milieu des champs, des champignons de fumée grise s'élèvent dans le ciel après les bombardements du régime.

Les Etats-Unis, pointant du doigt à la fois le régime de Bachar el-Assad et son allié russe, ont réclamé la fin des frappes aériennes. «Les attaques indifférenciées de civils et d'infrastructures publiques comme des écoles, des marchés ou des hôpitaux constituent une escalade inconsidérée et inacceptable», a déclaré mardi à des journalistes la porte-parole du département d'Etat américain Morgan Ortagus.

Depuis fin avril, plus de 250 civils dont une cinquantaine d'enfants ont péri dans les bombardements, selon l'OSDH. Devant le Conseil de sécurité, la responsable au département des Affaires humanitaires de l'ONU, Ursula Mueller, a affirmé mardi que quelque 270'000 personnes avaient été déplacées par les violences à Idleb depuis fin avril. Et des agences d'aide ont suspendu leur travail dans certains secteurs.

Selon elle, durant cette période, 22 hôpitaux et cliniques ont été touchés par les frappes ou les tirs d'artillerie. Une poursuite des opérations militaires pourrait provoquer l'arrêt total du travail des organisations d'aide, a-t-elle averti.

Mardi, dans le sud de la province d'Idleb, un hôpital de la localité de Kafranbel a été touché par des tirs d'artillerie, selon l'ONU. «L'hôpital est totalement hors-service. Ses équipements, ses appareils» sont endommagés, a dit à l'AFP son directeur administratif, Majed al-Akraa. «Les générateurs ont pris feu, les bureaux» aussi.

«Attaque chimique?»

La province d'Idleb est le dernier grand bastion djihadiste, en Syrie qui échappe quasi-totalement au contrôle du régime. Elle fait l'objet depuis septembre 2018 d'un accord entre Moscou et Ankara qui soutient certains groupes rebelles, sur une «zone démilitarisée» censée séparer les territoires insurgés des zones gouvernementales.

Partiellement appliqué en raison du refus des djihadistes de se retirer de la future zone tampon, cet accord avait permis d'éviter une offensive d'envergure du régime. Mais celui-ci a continué de mener des raids par intermittence avant de les intensifier à partir de fin avril.

Soutenu par la Russie mais aussi l'Iran et le Hezbollah libanais, le pouvoir syrien a multiplié les victoires face aux rebelles et aux djihadistes ces deux dernières années, jusqu'à reprendre le contrôle de près des deux-tiers du territoire.

Mardi, la France a dit, sans autres précisions, disposer d'un «indice sur l'usage de l'arme chimique dans la zone d'Idleb» mais sans «vérification» pour l'instant. Le 22 mai, les Etats-Unis avaient fait état aussi d'«indications» selon lesquelles le régime Assad aurait mené une «attaque» au chlore le 19 mai dans le nord-ouest de la Syrie, menaçant de représailles. Le pouvoir syrien a démenti à chaque fois toute responsabilité dans des attaques chimiques qui lui ont été attribuées pendant le conflit.

Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre qui s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de multiples acteurs, a fait plus de 370'000 morts, selon l'OSDH, et poussé des millions de personnes à fuir le pays. (afp/nxp)

Créé: 28.05.2019, 22h32

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