Plus de 200 millions de migrants environnementaux en 2050

ClimatCertains modèles annoncent jusqu'à un milliard de déplacés si rien n'est entrepris pour freiner les changements climatiques.

Migrants rescapés de la traversée de la Méditerranée dans le port espagnol de Melilla, le 8 avril.

Migrants rescapés de la traversée de la Méditerranée dans le port espagnol de Melilla, le 8 avril. Image: Keystone

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C’est la Banque mondiale qui le dit: en 2050, les migrants environnementaux pourraient être 200 millions à travers le monde. Il n’existe pas d’estimation fiable des migrations induites par les changements climatiques, précise son rapport, et les prévisions «varient de 25 millions à un milliard, se déplaçant à l’intérieur de leur pays ou au-delà de leurs frontières».

En parlant de migrants environnementaux, on fait référence aux migrations «en lien avec des phénomènes liés aux changements climatiques, mais aussi à des phénomènes, comme les tremblements de terre ou des dégradations de terres et forêts, liés à une mauvaise gestion des ressources», précise Mariam Traore Chazalnoel. Spécialiste de ces questions à l’Organisation internationale pour les migrations à New York, elle prend part à la conférence mondiale organisée par la Croix-Rouge française, qui se tient lundi et mardi à Cannes, sous le titre «Soigner une humanité à +2 degrés».

Les régions critiques

Les migrants climatiques ne sont impactés que par les conséquences du réchauffement climatique, et ils seraient près de 143 millions dans une trentaine d’années, en Afrique subsaharienne, Asie du Sud et Amérique du Sud. Soit 2,8% de la population de ces trois régions (voir infographie).

Il est cependant difficile de catégoriser ces migrations, tant il est vrai que les déplacements de population peuvent être causés par plusieurs facteurs. «Il est important de prendre en considération la probabilité que souvent, dans le cas des migrations vues comme économiques, les raisons peuvent aussi être liées aux impacts des changements climatiques sur les moyens de subsistance comme la pêche ou l’agriculture.» Les mouvements sont parfois amplifiés lorsque ces causes sont combinées avec des conflits.

D’après le rapport de la Banque mondiale, la migration climatique interne augmentera probablement jusqu’en 2050, «puis s’accélérera si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas considérablement réduites».

Tous ne peuvent pas migrer

Les migrations internationales et leurs répercussions sur les pays d’accueil font les gros titres de l’actualité, mais il est avéré depuis peu que les migrants qui se déplacent à l’intérieur de leur pays sont bien plus nombreux. «Il ne faut pas exclure la possibilité de voir des mouvements migratoires internationaux entre continents», ajoute Mariam Traore Chazalnoel.

Ceux-ci, en raison des mesures prises par l’Union européenne à ses frontières, sont pour l’heure en diminution sur l’axe Afrique - Europe, de même que pour les réfugiés en provenance du Proche-Orient via la Turquie et la Grèce (voir infographie). «Dans tous les cas, nous savons que beaucoup de personnes vivant dans des zones vulnérables au changement climatique n’ont pas les moyens économiques et sociaux de migrer.»

Gérer la migration

Entre 2030 et 2050, les foyers de migration climatique s’intensifieront et s’étendront peut-être. Il sera crucial dès lors d’anticiper et planifier à long terme ces déplacements. Car la migration en tant que telle peut être considérée comme une stratégie d’adaptation aux changements climatiques «si elle est gérée prudemment et accompagnée de bonnes politiques de développement et d’investissements ciblés», poursuit la Banque mondiale.

Agir vite

Pour ce faire, une action climatique forte au niveau mondial est indispensable si l’on veut atteindre l’objectif de l’accord de Paris et maintenir l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2 degrés Celsius d’ici à la fin du siècle. Car si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas rapidement réduites au cours des vingt prochaines années, «le scénario pessimiste présenté dans ce rapport, soit un milliard de migrants environnementaux, pourrait devenir réalité», avertit la Banque mondiale.

Créé: 15.04.2019, 13h56

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