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Entretien avec un designer suisse
Mode: Rencontre avec le designer Jeremy Currat

Disponible dès le mois de décembre 2024, la collection Jeremiah x La Redoute nous enveloppera d’une élégance intemporelle.
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Cet article du 24 septembre 2024 a été importé de Femina.ch et republié sur notre site le 7 janvier 2025.

Le 5 septembre 2024, le designer genevois Jeremy Currat lançait Jeremiah, sa marque pour homme. Au lieu d’un défilé, le designer a présenté sa collection nommée Teenage Business à l’espace Dukat à Carouge. L’exposition, réalisée en collaboration avec Souplex Atelier, a revisité les frontières entre mode, art et scénographie; 2024 pourrait bien être l’année du jeune créateur romand. Après avoir reçu le prestigieux Prix d’excellence Hans Wilsdorf, en 2020, Jeremy Currat a également été récompensé du prix HEAD x La Redoute. C’était il y a un an, lors du défilé annuel de l’école.

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Aujourd’hui, le styliste poursuit son ascension avec le lancement d’une collection capsule pour femme, créée en collaboration avec le géant de la vente par correspondance. La ligne se compose de pièces intemporelles, dont les styles font écho à la griffe Jeremiah. Un univers qui fait le lien entre l’insouciance adolescente et la rigueur du monde adulte. Nous avons rencontré ce talent prometteur, qui s’est confié sur son parcours et sur son travail.

Portrait du créateur suisse Jeremy Currat.

Jeremy Currat, pourquoi avoir choisi le design mode?

Ça a été un concours de circonstances, j’ai toujours eu beaucoup de peine avec les études dites classiques. Pas artistiques. Il y a une dizaine d’années, je me suis donné l’objectif de lancer une marque de vêtements. J’ai intégré le bachelor design mode de la HEAD. Par la suite, je suis allé travailler à Paris (ndlr: stages chez Louis Vuitton et Hermès). Puis, je suis revenu pour faire le master à la HEAD. Le but était de m’en servir comme laboratoire créatif pour lancer ma marque.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre passion pour la mode?

Elle vient en premier du plaisir que j’ai à m’habiller. Je fais aussi de la danse, j’ai un rapport aux vêtements et au mouvement. En fonction de ce que je porte, ma façon de me mouvoir et de danser est totalement différente. Ma grand-mère travaillait dans la mode aussi, elle avait une petite boutique à Carouge, à Genève. Elle a également travaillé en Inde, dans la production. Je passais tous mes mercredis dans sa boutique. Je me dis que peut-être, il y a eu une quelconque influence à un moment donné.

Vous faites toujours de la danse?

Oui. Je fais de la danse hip-hop depuis plus de 20 ans. J’ai commencé très jeune et c’est quelque chose que je continue à pratiquer. C’est une manière aussi pour moi de pouvoir m’exprimer différemment qu’à travers la mode.

Est-ce que la pratique de cet art a une influence sur votre créativité?

Je pense que oui, surtout vis-à-vis des formes de vêtements que je dessine. J’essaie de créer une attitude, une ambiance et une manière dont les personnes peuvent ensuite se mouvoir dans le vêtement. Ce n’est pas forcément directement lié, mais il y a clairement une influence de l’un à l’autre.

Comment sont les pièces de votre collaboration avec La Redoute?

Il s’agit d’une collection de mode femme. De base, je fais de la mode pour homme. Aussi parce que je sais qu’il y a un rapport à la manière dont moi, je m’habille, je me comporte et comment je vis à travers le vêtement. Le design de la femme a toujours été beaucoup plus compliqué pour moi. Cette collection est un premier essai. Une première tentative pour venir appliquer tous les principes du design, alliant finition, allure, mais sur une collection femme. Un petit challenge, qui, au final, je pense, a bien marché.

En venant d’un contexte expérimental comme la HEAD, était-ce une contrainte de créer une ligne commerciale?

La question s’est posée, mais j’ai un attrait pour le vêtement à proprement parler. Même lors de mon cursus, j’ai toujours eu de la peine avec les designs très créatifs, extravagants. J’ai plus de facilité à dessiner des pièces portables, qui ont une vie au-delà du shooting mode ou du défilé et qui peuvent avoir une place réelle dans la vie de tous les jours, se laisser approprier par d’autres personnes. Deux personnes ne porteront pas la même pièce de vêtement de manière similaire. Je trouve ça aussi beau.

Pourquoi si peu de pièces dans cette collection?

S’il y avait plus de pièces, la collection aurait eu moins de force. Quant au design, je pense qu‘il se définit dans la simplicité et l’efficacité. Je pense que le ratio était assez bien respecté. Proposer quatre pièces m’a permis de me concentrer sur leur précision.

Quels sont vos projets pour la suite?

Je lance ma marque (ndlr: Jeremiah) et puis je travaille en ce moment sur ma prochaine collection et sur sa production en usine. Les premières pièces seront en vente entre fin 2024 et début 2025. C’est l’aboutissement de l’expérience que j’ai acquise en travaillant dans des ateliers parisiens, où je faisais le design. À l’école, on ne se pose pas cette question. Là, c’est le challenge de se confronter à l’usinage et c’est intéressant. J’en apprends beaucoup et c’est quelque chose que j’apprécie.