«Miro», le serval sauvé après une épique cavalcade sauvage

Fin heureuse pour ce jeune serval, désormais aux bons soins du zoo du Jura bernois. Le Siky Park a recueilli le bébé félin après une épopée où il a bien failli y passer.

L’animal sauvage a été placé en quarantaine, pour qu’on s’assure de sa bonne santé après sa fugue.

L’animal sauvage a été placé en quarantaine, pour qu’on s’assure de sa bonne santé après sa fugue. Image: Yvain Genevay

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«Son histoire est rocambolesque, résume Marc Zihlmann, le directeur du zoo. Acquis illégalement par des privés dans le canton d’Argovie, le serval a pris la poudre d’escampette et s’est échappé dans la nature.» Activement recherché, il est finalement retrouvé par les gardes-faune du canton de Bâle-Campagne. Les services vétérinaires le placent ensuite dans une institution pour qu’il puisse poursuivre sa vie en captivité.

C’est le zoo de Crémines, qui rassemble déjà de nombreux fauves, qui est choisi. Comme le veulent les règles sanitaires, l’animal sauvage est placé en quarantaine. «Tout animal qui débarque de la nature doit être isolé un certain temps, explique Kim Herzog, soigneuse animalière au sein de l’institution. Nous devons être certains qu’il ne transmette aucune maladie qu’il aurait pu contracter à l’extérieur. Nous ignorons tout de son escapade qui a duré plusieurs jours.» Un véritable sauvetage a eu lieu. «Et maintenant il va grandir, s’épanouir et vieillir parmi nous. C’est un événement très heureux», se réjouit Kim.

Gaiement, elle nous amène à l’enclos de la nouvelle vedette du Siky Ranch. «Miiiro, Miiiro, viens par là mon beau», lance-t-elle sur un ton maternel. Le serval reste planqué derrière sa grosse «caisse à chat». «Il n’est pas en mode panique, il est seulement timide. Il attend qu’on vienne s’en occuper. Miro a un caractère très sympathique. Comme il a vécu chez des êtres humains, il a l’habitude du contact. C’est un peu comme un gros chat et, régulièrement, il a envie de venir nous voir, près de la vitre», résume la professionnelle. Il faut savoir que le serval fait partie des félins capables de ronronner. Il peut aussi cracher, grogner et miauler. De sa cachette, on l’entend d’ailleurs produire un bruit étrange.

L’envie de le voir nous brûle: à quoi ressemble-t-il, en vrai? «Un serval est un félin par excellence. Il est tacheté comme un guépard et il a des oreilles de chat. Sa tête est toute petite par rapport à son corps. Il y a une grande disproportion, vous verrez.» Les servals sont carnivores. Miro mange entre 400 et 800 grammes de viande par jour. Des cailles, du bœuf, du cheval, du poulet, des rats, des souris, ses menus sont très variés. «Il s’éclate avec les petits mammifères, car il peut s’amuser avec ses proies avant de les dévorer. Il ne faut pas qu’elles soient trop grandes, parce que son corps est beaucoup trop petit pour les ingurgiter.»

Elle n’a pas terminé sa phrase qu’un groupe d’enfants, en course d’école, paradent devant l’enclos. Et soudain Miro ne se fait pas prier. Il fait un petit tour de cage, comme s’il se donnait en spectacle. «Regardez, maîtresse, il est trop beau.» «Trop mignon, hein?» «C’est un guépard ou un puma?» Kim répond gentiment aux questions. Adulé tel un dieu par les Égyptiens, le serval peut courir jusqu’à 80 km/h. Il peut rester durant près de quinze minutes sans bouger, pour localiser sa proie grâce à son ouïe très fine. Ensuite, il bondira avec dextérité. Dans son habitat naturel, il est capable de faire des sauts de 4 mètres de long et de plus de 1 mètre de haut avant de frapper sa victime avec ses pattes antérieures.

«Cela peut s’acheter comme animal de compagnie?» questionne ce garçonnet subjugué. «Non, absolument pas!» tranche la soigneuse. Il ne faudrait pas donner des idées aux plus jeunes. «Le fléau, c’est que ces animaux viennent d’Afrique et sont vendus à prix d’or à des privés. Mais il faut rappeler que la loi helvétique interdit ces transactions. Les espèces sauvages sont hyperprotégées. Mais on ne s’imagine pas à quel point cela peut être facile d’en acquérir un.» Ah? «Lorsqu’ils sont bébés, ils sont comme des peluches. Donc, il est aisé de les transporter en catimini. Le marché noir, c’est énormément d’argent. Là, on parle d’un serval, mais chez les reptiles c’est dramatique.»

Créé: 08.07.2019, 09h30

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