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Streaming au Grand ThéâtreMilo Rau signe l’apogée du Mozart politique

Avec «La Clémence de Titus», le metteur en scène Milo Rau greffe un prisme engagé au livret de la pièce. Une approche profondément novatrice et déroutante

Bernard Richter dans le rôle-titre, aux côtés d’Anna Goryachova en Sesto, dans une scène de «La Clémence de Titus».
Bernard Richter dans le rôle-titre, aux côtés d’Anna Goryachova en Sesto, dans une scène de «La Clémence de Titus».
CAROLE PARODI

Milo Rau et l’opéra, c’est une page blanche sur laquelle on pourrait faire couler des litres d’encre. Le metteur en scène, 43 ans, se frotte pour la première fois à cet art de la scène alors que toute sa réputation – on pourrait le qualifier sans abuser de la formule d’enfant terrible et radical – a pris forme ailleurs, dans un théâtre documentaire et dans un cinéma dont les trames sont irriguées par la violence du monde et par la brutalité du pouvoir politique. On l’a vu ainsi décortiquer le génocide rwandais, dans la reconstitution du rôle d’attiseur qu’ont joué les animateurs de Radio Mille Collines. On l’a retrouvé, autre exemple, dans le procès de Breivik, auteur de la plus effroyable tuerie qu’ait connu la Norvège. Plus récemment, l’homme a proposé «Le Nouvel Évangile», film qui érige en figure christique un activiste syndical africain, défenseur de ces misérables cueilleurs de tomates exploités dans les Pouilles, au sud de l’Italie.

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